Un prêtre de la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus, qui officiait jusqu’à récemment dans les Pyrénées-Atlantiques, fait l’objet d’une enquête judiciaire pour des faits de nature sexuelle présumés commis sur un mineur. Les faits signalés se seraient déroulés dans l’Hérault, tandis que le religieux exerçait depuis plusieurs années au Pays basque. Le diocèse de Bayonne a annoncé des mesures conservatoires après son audition par les enquêteurs.
Une nouvelle affaire vient ébranler l’Église catholique française. Un prêtre sexagénaire de la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus, qui exerçait depuis septembre 2022 à l’église Saint-Vincent d’Urrugne, dans les Pyrénées-Atlantiques, est désormais visé par une enquête portant sur des faits de nature sexuelle commis sur un mineur.
L’information a été rendue publique ce lundi 8 juin 2026. Selon les éléments communiqués par les autorités religieuses et judiciaires, les faits reprochés au religieux ne se seraient pas déroulés dans le diocèse de Bayonne mais dans la région de Béziers, dans l’Hérault. À ce stade de la procédure, aucune mise en examen n’a été annoncée et les investigations se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes des faits dénoncés. Dans un communiqué, l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, a expliqué avoir été officiellement informé le 11 mars 2026 d’un signalement transmis à la justice par l’archevêque de Montpellier. Cette démarche avait été effectuée près de deux ans plus tôt, le 14 juin 2024, auprès du procureur de la République de Béziers. Le signalement porte sur ce que le droit canonique qualifie d’« actes contraires au sixième commandement avec mineur ». Cette formulation est régulièrement utilisée par l’Église catholique lorsqu’elle évoque des comportements à caractère sexuel impliquant un mineur.
L’affaire met en lumière une succession d’étapes administratives et judiciaires qui s’étendent sur plusieurs années. Le signalement initial remonte ainsi à juin 2024, mais l’évêque de Bayonne affirme n’avoir été formellement informé de la procédure qu’en mars 2026. Selon le diocèse, les demandes du parquet de Béziers ont conduit à différer toute mesure disciplinaire immédiate afin de préserver le bon déroulement de l’enquête. Ce n’est qu’après l’audition du prêtre par les services de police de Bayonne, le mercredi 3 juin 2026, que des décisions conservatoires ont été prises.
Cette temporalité illustre la délicate articulation entre la justice civile et les autorités ecclésiastiques lorsqu’un membre du clergé fait l’objet d’accusations graves. Depuis plusieurs années, les diocèses français affirment privilégier une coopération systématique avec les autorités judiciaires et appliquer des mesures de précaution dès lors qu’une enquête est en cours.
À la suite de son audition, le religieux a été immédiatement privé de toute mission pastorale au sein du diocèse de Bayonne. L’évêque a annoncé une interdiction de tout ministère public ainsi qu’une interdiction de confesser. Ces restrictions constituent des mesures conservatoires destinées à empêcher tout contact pastoral dans l’attente des conclusions de l’enquête.
Par ailleurs, la convention qui permettait au prêtre d’exercer dans le diocèse étant arrivée à son terme, ses fonctions ont été interrompues. Le religieux a été renvoyé auprès de sa congrégation d’origine, à Béziers, où son suivi sera désormais assuré. Du côté de la justice, le parquet de Béziers a indiqué que l’intéressé contestait les accusations portées contre lui. Les magistrats précisent toutefois que les investigations se poursuivent et qu’aucune conclusion définitive ne peut être tirée à ce stade.
Cette nouvelle affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue autour des violences sexuelles dans l’Église catholique. Depuis la publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) en 2021, les signalements se sont multipliés dans plusieurs diocèses français. Les autorités religieuses ont progressivement renforcé leurs procédures internes de traitement des alertes. Dans la plupart des cas, les signalements sont désormais transmis directement à la justice lorsque les faits susceptibles de constituer une infraction pénale concernent des mineurs.
Dans le Sud-Ouest, plusieurs dossiers ont récemment suscité une forte émotion, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques, où les révélations liées à d’anciens établissements catholiques ont ravivé les débats sur la protection des mineurs et la responsabilité des institutions. L’enquête ouverte à Béziers devra désormais permettre aux enquêteurs de vérifier les faits dénoncés, d’entendre l’ensemble des personnes concernées et de déterminer si des poursuites pénales doivent être engagées. Comme dans toute procédure judiciaire, le prêtre bénéficie à ce stade de la présomption d’innocence.
Sources :
Le Monde – 8 juin 2026 – https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/08/dans-les-pyrenees-atlantiques-un-pretre-vise-par-une-enquete-pour-des-faits-de-nature-sexuelle-sur-un-mineur_6699266_3224.html
Sud Ouest – Informations citées par Le Monde concernant l’exercice du prêtre à l’église Saint-Vincent d’Urrugne.
