Daniel Siad, ancien recruteur de mannequins soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire pour Jeffrey Epstein en France, a été retrouvé mort à son domicile de Colombes, près de Paris. Âgé de 69 ans, il faisait l’objet d’une enquête judiciaire pour des accusations de viol et de traite d’êtres humains. Son décès intervient alors que la justice française poursuivait ses investigations sur le réseau français lié au financier américain, dont les ramifications continuent d’être explorées.
Le décès de Daniel Siad ouvre un nouveau chapitre dans l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles liés à l’affaire Jeffrey Epstein. L’ancien recruteur de mannequins, âgé de 69 ans, a été retrouvé sans vie à son domicile de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, le lundi 20 juillet 2026. Une enquête en recherche des causes de la mort a immédiatement été ouverte par le parquet de Nanterre et une autopsie doit permettre de déterminer les circonstances exactes de son décès. Selon son avocate, Daniel Siad aurait succombé à un arrêt cardiaque, mais les autorités attendent les conclusions médico-légales avant de confirmer cette hypothèse.
Son décès intervient alors qu’il se trouvait au cœur d’une vaste enquête française ouverte après la publication, au début de l’année 2026, de milliers de documents américains liés à Jeffrey Epstein. Ces archives, déclassifiées par le Département de la Justice des États-Unis, ont mis en lumière de nombreux échanges, carnets d’adresses et courriels faisant apparaître le nom de Daniel Siad à plus d’un millier de reprises, certains médias évoquant même près de 2 000 occurrences.
Le contexte : l’affaire Epstein
L’affaire Jeffrey Epstein éclate véritablement au niveau mondial en juillet 2019 lorsque le financier américain est arrêté à New York pour trafic sexuel de mineures. Déjà condamné en 2008 dans une précédente procédure controversée, Epstein est cette fois poursuivi pour avoir organisé pendant plusieurs années un vaste système d’exploitation sexuelle de jeunes filles et de jeunes femmes, parfois mineures, dans plusieurs propriétés lui appartenant aux États-Unis, aux Caraïbes mais également en France.
Le 10 août 2019, Jeffrey Epstein est retrouvé mort dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de Manhattan, officiellement par suicide, avant l’ouverture de son procès. Sa mort ne met toutefois pas un terme aux investigations. Plusieurs enquêtes internationales continuent d’explorer les réseaux qui auraient participé au recrutement de victimes ou facilité les activités du milliardaire américain.
Le rôle présumé de Daniel Siad
Dans ce dossier, Daniel Siad est progressivement présenté par les enquêteurs comme l’un des intermédiaires du réseau européen d’Epstein, notamment dans l’univers du mannequinat. Ancien photographe et “scout” de mannequins, il évoluait depuis plusieurs décennies dans ce milieu où il approchait de jeunes femmes en leur promettant parfois des opportunités professionnelles.
Les documents révélés en 2026 montrent de nombreux échanges entre Jeffrey Epstein et Daniel Siad concernant des jeunes femmes repérées dans plusieurs pays, notamment en France, en Suède, en Pologne, en République tchèque, au Maroc, en Afrique du Sud ou encore à Cuba. Les enquêteurs soupçonnent qu’il aurait servi de recruteur en mettant certaines d’entre elles en relation avec Epstein sous couvert de castings ou de rencontres professionnelles.
Daniel Siad a toujours contesté ces accusations. Lors de plusieurs entretiens accordés à la presse française avant sa mort, il reconnaissait avoir connu Jeffrey Epstein et lui avoir présenté des jeunes femmes, mais assurait ignorer les activités criminelles du financier américain. Selon lui, leur relation relevait uniquement d’un cadre professionnel lié au mannequinat.
Des plaintes en France
En parallèle des révélations américaines, plusieurs femmes avaient saisi la justice française. Au total, la procureure de Paris indiquait en 2026 que vingt-quatre femmes s’étaient manifestées ou avaient été identifiées dans le cadre des investigations ouvertes pour traite d’êtres humains en bande organisée. Cinq d’entre elles accusaient directement Daniel Siad de viol ou de violences sexuelles.
Parmi les plaignantes figure notamment l’ancienne mannequin suédoise Ebba Karlsson, qui affirme avoir été violée par Daniel Siad à Cannes en 1990 après qu’il lui eut promis une carrière dans le mannequinat. D’autres témoignages décrivent des méthodes similaires reposant sur des promesses professionnelles destinées à attirer de jeunes femmes vers des rencontres avec Epstein ou son entourage.
Malgré plusieurs mois d’investigation, les enquêteurs n’avaient pas réuni suffisamment d’éléments pour procéder à son interpellation avant son décès, même si plusieurs mesures de surveillance, dont des écoutes téléphoniques, avaient été mises en œuvre.
Un nouveau décès dans le volet français de l’affaire
La disparition de Daniel Siad rappelle un précédent particulièrement marquant. Le 19 février 2022, Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins considéré comme un proche collaborateur de Jeffrey Epstein, avait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de la Santé à Paris alors qu’il attendait son procès pour viols sur mineures et traite d’êtres humains.
Comme pour Brunel, le décès de Daniel Siad entraîne l’extinction de l’action publique engagée personnellement contre lui. En revanche, les investigations françaises se poursuivent concernant les autres protagonistes potentiels du réseau. Les magistrats spécialisés continuent d’exploiter les milliers de documents américains afin d’identifier d’éventuels complices ou nouvelles victimes.
Une enquête qui se poursuit malgré tout
Le parquet de Paris a confirmé que la mort de Daniel Siad ne met pas fin aux investigations portant sur les faits de traite d’êtres humains en bande organisée. Une équipe spécialisée poursuit l’analyse des archives américaines ainsi que les auditions de victimes potentielles.
Pour plusieurs plaignantes, cette disparition représente néanmoins une profonde frustration. Certaines espéraient voir Daniel Siad répondre publiquement des accusations devant la justice française. Son décès prive désormais les victimes présumées d’un éventuel procès susceptible d’établir les responsabilités individuelles.
Plus de sept ans après la mort de Jeffrey Epstein, l’affaire continue ainsi de produire des développements majeurs. Les investigations françaises cherchent désormais à déterminer toute l’étendue du réseau ayant gravité autour du financier américain sur le territoire national, où Paris occupait une place centrale dans ses activités, notamment grâce à son appartement de l’avenue Foch et à ses liens avec le milieu international du mannequinat.
Sources :
Reuters : https://www.reuters.com/world/french-modelling-scout-linked-epstein-found-dead-2026-07-22/
TF1 Info (avec AFP) : https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/daniel-siad-rabatteur-presume-du-pedocriminel-jeffrey-epstein-retrouve-mort-chez-lui-dans-les-hauts-de-seine-2454445.html