Essonne : douze enfants retrouvés entassés dans une voiture au sous-sol d’une crèche illégale à Yerres

Une inspection de la Protection maternelle et infantile (PMI) a conduit à la découverte de douze enfants, dont plusieurs nourrissons, enfermés dans une voiture stationnée au sous-sol d’une maison servant de crèche à Yerres, en Essonne. Les faits, révélés après un contrôle inopiné mené le 16 juillet 2026, ont provoqué une vive émotion et conduit à des poursuites judiciaires contre deux assistantes maternelles. Cette affaire met en lumière les dérives possibles de certaines structures d’accueil non conformes et l’importance des contrôles de la petite enfance.

Le contrôle devait être une simple vérification administrative. Il s’est finalement transformé en une découverte particulièrement choquante. Le jeudi 16 juillet 2026, des inspectrices de la Protection maternelle et infantile (PMI), accompagnées par la police municipale de Yerres, dans l’Essonne, se rendent dans une maison d’assistantes maternelles située rue des Amandiers. L’établissement, baptisé « L’Atelier des petits », faisait déjà l’objet de signalements concernant un possible dépassement du nombre d’enfants autorisés.

Depuis plusieurs mois, les services départementaux tentaient de procéder à une inspection. À plusieurs reprises, les contrôles n’avaient pas pu être menés à leur terme, la structure étant systématiquement fermée lors des visites. Cette fois, les agents parviennent à pénétrer dans les lieux. Au rez-de-chaussée, cinq enfants sont présents dans un espace de jeux qui semble conforme. Rien, à première vue, ne laisse présager la scène qui sera découverte quelques minutes plus tard.

Lorsque les inspectrices demandent à visiter le garage situé au sous-sol, l’une des assistantes maternelles s’y oppose dans un premier temps. Face à son refus, la police municipale insiste et obtient finalement l’ouverture de la porte. Les agents découvrent alors une voiture stationnée dans un garage plongé dans l’obscurité. À l’intérieur du véhicule se trouvent douze enfants, âgés de quelques mois à huit ans.

Parmi eux figurent notamment deux nourrissons de seulement quelques mois qui pleurent, tandis qu’une fillette d’environ huit ans est chargée de surveiller les plus jeunes. Les vitres embuées du véhicule laissent penser que les enfants y étaient enfermés depuis un certain temps afin d’échapper au contrôle. Au total, dix-sept enfants étaient présents dans cette maison ce jour-là, un chiffre très supérieur aux capacités d’accueil autorisées.

L’enquête révèle rapidement que l’une des deux assistantes maternelles ne disposait plus d’un agrément valide depuis plusieurs années. L’autre était autorisée à accueillir seulement quatre enfants. Malgré cela, les deux professionnelles poursuivaient leur activité et recevaient un nombre largement supérieur de mineurs, dans des conditions désormais au cœur de l’enquête judiciaire.

Placées en garde à vue après les faits, les deux femmes ont été présentées devant le tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes. Elles sont poursuivies notamment pour mise en danger de la vie d’autrui, travail dissimulé ainsi que pour des infractions liées à l’exercice illégal de leur activité. Elles ont été placées sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer auprès de mineurs dans l’attente de leur procès, fixé au 22 septembre 2026.

Cette affaire a suscité une vive réaction des autorités locales. Le maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan, a qualifié la découverte d’« innommable » et salué l’intervention de la police municipale, estimant que l’ouverture du garage avait permis de mettre fin à une situation particulièrement grave. La municipalité a toutefois rappelé que cette structure était une maison d’assistantes maternelles privée et ne dépendait pas des crèches municipales de la ville.

Au-delà de l’émotion provoquée par cette découverte, cette affaire remet également en lumière le rôle essentiel de la Protection maternelle et infantile. Service placé sous la responsabilité des conseils départementaux, la PMI assure notamment le suivi des structures d’accueil de la petite enfance, délivre les agréments aux assistantes maternelles et réalise des contrôles destinés à garantir la sécurité et le bien-être des enfants.

Le contexte national explique aussi pourquoi certaines structures peuvent être tentées de dépasser les limites autorisées. Depuis plusieurs années, la France connaît une pénurie importante de solutions de garde pour les jeunes enfants. Selon plusieurs rapports publics, les places en crèche restent insuffisantes dans de nombreux territoires, poussant certaines familles à rechercher des solutions alternatives. Cette réalité ne saurait toutefois justifier le non-respect des règles de sécurité imposées aux professionnels de la petite enfance.

L’enquête se poursuit désormais afin de déterminer précisément depuis combien de temps cette organisation fonctionnait, combien de familles étaient concernées et si d’autres infractions ont été commises. Les parents des enfants accueillis sont progressivement entendus par les enquêteurs afin de reconstituer les conditions d’accueil et de vérifier s’ils avaient connaissance de la situation réelle.

La découverte réalisée le 16 juillet à Yerres restera comme l’un des faits divers les plus marquants de l’été 2026 concernant la protection de l’enfance. Elle rappelle que les contrôles administratifs jouent un rôle déterminant dans la prévention des risques et que le respect des règles encadrant l’accueil des jeunes enfants demeure une exigence fondamentale pour garantir leur sécurité.

Sources