Les Pays-Bas ont annoncé l’entrée en vigueur, le 22 septembre 2026, d’une interdiction visant l’importation, l’achat et la vente de marchandises provenant des colonies israéliennes établies dans les territoires palestiniens occupés. Cette décision marque un durcissement de la position néerlandaise face à la politique de colonisation en Cisjordanie, dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et de débats européens sur les sanctions économiques contre Israël.
Le gouvernement néerlandais a franchi une nouvelle étape dans sa politique à l’égard des colonies israéliennes en annonçant que les marchandises issues des implantations situées dans les territoires palestiniens occupés ne pourront plus entrer sur son marché à partir du 22 septembre 2026. La mesure, présentée par les autorités comme une réponse à leurs obligations au regard du droit international, concerne non seulement l’importation de ces produits mais également leur achat et leur commercialisation aux Pays-Bas.
Le dispositif néerlandais vise précisément les biens provenant des « colonies israéliennes illégales situées dans les territoires palestiniens », selon la formulation utilisée par le ministère des Affaires étrangères. Il prévoit également l’interdiction de contourner les restrictions, notamment par des mécanismes commerciaux destinés à dissimuler l’origine réelle des marchandises.
Cette décision intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu entre Israël et plusieurs pays européens. Depuis le début de la guerre déclenchée après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza, les débats se sont intensifiés au sein de l’Union européenne autour des relations commerciales et politiques avec Israël. La question des colonies en Cisjordanie, déjà ancienne, est revenue au centre des discussions alors que plusieurs gouvernements européens réclament une réponse plus ferme face à leur expansion.
Une mesure fondée sur le droit international
Les Pays-Bas justifient leur décision par la position largement répandue au sein de la communauté internationale selon laquelle les colonies israéliennes implantées en Cisjordanie occupée contreviennent au droit international. La Cisjordanie est occupée par Israël depuis la guerre de 1967, après avoir été prise à la Jordanie. Depuis plusieurs décennies, des centaines de milliers de colons israéliens y vivent aux côtés de la population palestinienne.
Le décret néerlandais s’appuie notamment sur plusieurs références juridiques internationales, dont des résolutions des Nations unies et des éléments liés aux avis rendus par des instances internationales. Le texte officiel adopté par La Haye interdit l’entrée sur le territoire néerlandais de produits provenant de colonies considérées comme illégales dans les territoires occupés et impose aux acteurs économiques de fournir des garanties sur l’origine des marchandises commercialisées.
La mesure ne constitue toutefois pas un embargo contre Israël dans son ensemble. Elle cible uniquement les produits fabriqués dans les colonies situées dans les territoires palestiniens occupés, et non les marchandises produites à l’intérieur des frontières internationalement reconnues d’Israël.
Une décision après plusieurs mois de débats politiques
L’annonce néerlandaise intervient après une période de discussions politiques intenses aux Pays-Bas. Dès le 22 mai 2026, le gouvernement avait engagé la procédure visant à mettre en place ces restrictions économiques, avant de soumettre le texte à l’avis du Conseil d’État. Celui-ci a rendu son analyse, permettant la publication officielle du décret au Journal officiel néerlandais le 21 juillet 2026.
Cette évolution reflète une transformation progressive de la position néerlandaise. Longtemps considéré comme un partenaire européen particulièrement proche d’Israël, le pays a progressivement adopté une posture plus critique concernant la colonisation en Cisjordanie et certaines décisions du gouvernement israélien. Les discussions européennes sur d’éventuelles mesures commerciales ou diplomatiques ont également pesé dans ce changement de ligne.
La question avait déjà provoqué des tensions politiques internes aux Pays-Bas. En 2025, les débats autour d’éventuelles sanctions contre Israël avaient contribué à fragiliser la coalition gouvernementale néerlandaise, certains responsables politiques plaidant pour une réaction plus forte face à la situation dans les territoires palestiniens.
Un signal politique au-delà de l’impact économique
Sur le plan économique, les produits issus des colonies représentent une part limitée des échanges commerciaux entre Israël et les Pays-Bas. L’impact direct de l’interdiction devrait donc rester mesuré en volume commercial. Toutefois, la portée symbolique et diplomatique de cette décision est considérable : elle place les Pays-Bas parmi les États européens prêts à utiliser des outils économiques pour marquer leur opposition à la politique de colonisation.
Le gouvernement néerlandais estime que ces restrictions répondent à une obligation de ne pas contribuer au maintien d’une situation considérée comme contraire au droit international. Dans son communiqué, l’exécutif affirme vouloir empêcher que le marché néerlandais participe indirectement au développement économique des colonies concernées.
Cette décision intervient alors que plusieurs pays européens examinent également leurs relations commerciales avec Israël. Au sein de l’Union européenne, les discussions restent sensibles, car la politique commerciale commune relève largement des institutions européennes. Certains États membres ont néanmoins choisi d’adopter des mesures nationales afin d’exprimer leur position politique.
À partir du 22 septembre 2026, les entreprises néerlandaises devront donc vérifier l’origine des produits importés et commercialisés sur leur territoire afin d’éviter toute marchandise provenant des colonies visées par le décret. Pour La Haye, cette mesure constitue un outil de pression économique limité mais un message diplomatique clair dans le débat international sur l’avenir des territoires palestiniens occupés.
Sources :
Gouvernement des Pays-Bas – annonce officielle de la mesure
Texte officiel du décret néerlandais (Staatsblad)
AFP / L’Orient-Le Jour – annonce de l’interdiction à partir du 22 septembre
The Times of Israël – contexte sur les importations issues des colonies