États-unis : Trump garantit que Netanyahu ne sera pas arrêté malgré les déclarations du maire de New York

Donald Trump a affirmé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne serait « en aucun cas » arrêté lors d’une future visite aux États-Unis. Cette déclaration intervient après les propos du maire de New York, Zohran Mamdani, qui a indiqué étudier les possibilités juridiques permettant d’interpeller le dirigeant israélien en application du mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale. Cet épisode illustre les profondes tensions entre droit international, politique intérieure américaine et soutien historique de Washington à Israël.

Donald Trump a tenu à couper court à toute spéculation concernant une éventuelle arrestation de Benjamin Netanyahu sur le territoire américain. Dans un message publié le 20 juillet 2026 sur son réseau Truth Social, le président des États-Unis a déclaré que le Premier ministre israélien « ne sera arrêté d’aucune manière, sous aucune forme, pendant qu’il se trouvera aux États-Unis d’Amérique ». Cette prise de position intervient alors que le maire de New York, Zohran Mamdani, a récemment expliqué que les services juridiques de la ville examinaient les possibilités légales d’appliquer le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le dirigeant israélien.

Cette polémique trouve son origine dans un entretien accordé par Zohran Mamdani au New York Times. Le maire de New York y a réaffirmé sa conviction que Benjamin Netanyahu « appartient à La Haye », estimant que le Premier ministre israélien devrait répondre devant la justice internationale. Il a précisé que les juristes de la municipalité étudiaient actuellement les marges de manœuvre dont disposerait la ville si le chef du gouvernement israélien se rendait à New York, notamment à l’occasion de la prochaine Assemblée générale des Nations unies prévue en septembre 2026.

Le contexte remonte au 21 novembre 2024, lorsque la Cour pénale internationale a délivré un mandat d’arrêt visant Benjamin Netanyahu pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés à la guerre dans la bande de Gaza. Israël rejette catégoriquement ces accusations, conteste la compétence de la CPI et considère cette décision comme politiquement motivée. Les États-Unis, tout comme Israël, ne sont d’ailleurs pas parties au Statut de Rome qui fonde la juridiction de la Cour pénale internationale.

La question demeure néanmoins sensible sur le plan diplomatique. Chaque année, le Premier ministre israélien participe traditionnellement aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, où se réunissent les chefs d’État et de gouvernement du monde entier. Les déclarations de Zohran Mamdani ont donc immédiatement suscité une vive réaction du gouvernement israélien, qui a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de politiser davantage une décision déjà contestée de la justice internationale.

Donald Trump, fidèle allié de Benjamin Netanyahu depuis de nombreuses années, n’a pas directement cité le maire de New York dans son message, mais sa publication apparaît clairement comme une réponse aux déclarations de ce dernier. Le président américain a également salué le rôle du Premier ministre israélien face à l’Iran, estimant que ce dernier menait un combat contre un régime qu’il accuse d’être responsable de nombreuses violences dans la région.

Les propos de Donald Trump s’inscrivent dans une relation politique particulièrement étroite entre les deux dirigeants. Durant son premier mandat présidentiel, entre 2017 et 2021, Donald Trump avait déjà profondément modifié la politique américaine au Moyen-Orient. Il avait notamment reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017 avant d’y transférer l’ambassade américaine en mai 2018. Son administration avait également soutenu les accords d’Abraham de 2020, visant à normaliser les relations entre Israël et plusieurs pays arabes.

Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a poursuivi cette ligne diplomatique favorable au gouvernement israélien. Benjamin Netanyahu s’est d’ailleurs rendu à plusieurs reprises aux États-Unis pour échanger avec l’administration américaine sur la guerre à Gaza, les négociations concernant les otages détenus par le Hamas ainsi que les tensions régionales impliquant l’Iran.

Sur le plan juridique, la situation demeure toutefois complexe. Si la Cour pénale internationale dispose d’un mandat d’arrêt, celui-ci ne s’impose qu’aux États ayant ratifié le Statut de Rome. Les États-Unis n’en faisant pas partie, Washington ne reconnaît pas l’autorité de la CPI sur son territoire. Plusieurs spécialistes du droit international estiment ainsi qu’un maire américain disposerait de très peu de leviers pour faire appliquer un tel mandat sans intervention des autorités fédérales, lesquelles restent compétentes en matière de politique étrangère et de relations diplomatiques.

Les déclarations de Zohran Mamdani possèdent donc avant tout une portée politique. Élu sur une ligne progressiste très critique de la politique israélienne à Gaza, le maire de New York s’était déjà engagé durant sa campagne à respecter les décisions de la justice internationale si Benjamin Netanyahu venait à visiter la ville. Cette position contraste fortement avec celle de Donald Trump, qui continue d’afficher un soutien sans faille au Premier ministre israélien malgré les procédures engagées devant la CPI.

À quelques semaines de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, cette confrontation illustre les tensions persistantes entre les institutions internationales, certaines autorités locales américaines et la politique étrangère de la Maison-Blanche. En affirmant publiquement que Benjamin Netanyahu ne sera « en aucun cas » arrêté aux États-Unis, Donald Trump cherche autant à rassurer son allié israélien qu’à réaffirmer la primauté du pouvoir fédéral sur les initiatives locales concernant les affaires diplomatiques.

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