Une nouvelle attaque attribuée à des colons israéliens a visé le village palestinien d’Al-Tuwani, dans la région de Masafer Yatta, au sud de la Cisjordanie occupée, dans la nuit du 18 au 19 juillet 2026. Une mosquée, deux habitations et une laiterie ont été incendiées, tandis que plusieurs biens ont été vandalisés. Cet épisode s’inscrit dans une recrudescence des violences contre les communautés palestiniennes observée depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023.
Une nouvelle attaque nocturne a frappé le village palestinien d’Al-Tuwani, situé dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Hébron, en Cisjordanie occupée. Dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 juillet 2026, plusieurs dizaines de colons israéliens, dont certains étaient masqués selon des témoignages locaux, ont incendié la mosquée Al-Taqwa ainsi que deux maisons et une laiterie, provoquant d’importants dégâts matériels.
Selon Mohammed Rabie, chef du conseil du village, les assaillants ont également inscrit des graffitis en hébreu sur les murs de la mosquée avant de prendre la fuite lorsque les habitants sont sortis de leurs domiciles. Un journaliste de l’AFP, présent sur les lieux après les faits, a constaté que l’entrée du bâtiment religieux était noircie par les flammes et que plusieurs inscriptions avaient été taguées sur ses murs.
D’après les autorités palestiniennes et plusieurs médias présents sur place, les habitations visées appartiennent à Kamal Moussa Rabai et Mahmoud Salman Rabai. Les incendiaires auraient utilisé des substances inflammables afin d’embraser les bâtiments. Un véhicule a également été vandalisé au cours de l’attaque. Aucun décès n’a été signalé, mais les dégâts sont jugés considérables.
Un secteur régulièrement ciblé
Al-Tuwani se trouve au cœur de Masafer Yatta, une zone rurale particulièrement sensible située dans les collines au sud d’Hébron. Depuis plusieurs années, les habitants palestiniens dénoncent une multiplication des violences de colons israéliens, mais également les démolitions et les pressions visant plusieurs villages de cette région.
Masafer Yatta fait l’objet d’un long contentieux juridique. En 2022, la Cour suprême israélienne avait autorisé l’expulsion de plusieurs communautés palestiniennes afin de permettre l’utilisation de cette zone comme terrain d’entraînement militaire. Cette décision avait suscité de nombreuses critiques de la part des Nations unies, de l’Union européenne et de plusieurs organisations de défense des droits humains, qui estiment que ces déplacements forcés contreviennent au droit international.
Une intensification des violences depuis octobre 2023
L’attaque d’Al-Tuwani intervient dans un contexte d’augmentation marquée des violences en Cisjordanie occupée depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023. Depuis cette date, les attaques de colons contre des villages palestiniens se sont multipliées. Des incendies de maisons, de véhicules, de terres agricoles et de lieux de culte sont régulièrement signalés, tandis que plusieurs organisations internationales dénoncent un climat d’impunité.
Quelques semaines auparavant, dans la nuit du 16 au 17 juin 2026, deux autres mosquées situées au nord de Ramallah, notamment dans le village de Jiljilya, avaient déjà été incendiées lors d’attaques attribuées à des colons. Des slogans tels que « Vengeance » ou encore « La nuit des mosquées » avaient été retrouvés sur les murs calcinés des bâtiments religieux, renforçant les inquiétudes autour de la répétition de ce type d’actions. D’autres incidents similaires avaient également été signalés dans les localités de Burqa et Deir Dibwan, où des véhicules, des habitations et des terres agricoles avaient été incendiés quelques jours plus tôt.
À la suite de l’attaque d’Al-Tuwani, plusieurs responsables palestiniens ont dénoncé une nouvelle escalade des violences. Rouhi Fattouh, président du Conseil national palestinien, a appelé la communauté internationale à intervenir afin de protéger les civils palestiniens et leurs lieux de culte. Selon lui, l’incendie de la mosquée et des habitations illustre une stratégie visant à fragiliser la présence palestinienne dans certaines zones de Cisjordanie.
Les autorités palestiniennes accusent également les forces israéliennes de ne pas empêcher ces attaques, voire, dans certains cas, de protéger les assaillants durant leurs incursions. L’armée israélienne n’avait pas immédiatement communiqué de réaction officielle concernant les événements survenus à Al-Tuwani au moment de la publication des premières informations.
Les Nations unies, tout comme plusieurs ONG internationales, alertent depuis de nombreux mois sur l’augmentation des violences commises par des colons israéliens en Cisjordanie. Plusieurs rapports estiment que ces attaques participent à un déplacement progressif de certaines communautés palestiniennes, notamment dans les secteurs ruraux les plus exposés.
L’incendie de la mosquée d’Al-Tuwani vient ainsi s’ajouter à une série d’attaques visant des lieux de culte musulmans en Cisjordanie depuis le début de l’année 2026. Au-delà des destructions matérielles, ces événements alimentent les tensions déjà extrêmement fortes dans un territoire où les violences se sont intensifiées à un niveau rarement atteint depuis plusieurs décennies.
Sources :
AFP (informations reprises notamment par plusieurs médias internationaux)
WAFA – Attaque de colons à Masafer Yatta : deux maisons et une mosquée ravagées par les flammes.
Euronews – Incendie d’une mosquée à Jiljilya (17 juin 2026).
L’Orient-Le Jour (AFP) – « Des colons israéliens mettent le feu à deux mosquées » (17 juin 2026).
Le Monde – Articles de contexte sur l’intensification des violences de colons en Cisjordanie depuis octobre 2023.