Le prolongement de la ligne 1 du métro parisien vers Val-de-Fontenay a été validé début juillet 2026 par Île-de-France Mobilités. Le projet prévoit la destruction de plusieurs centaines d’arbres du bois de Vincennes, dont des chênes plantés au XIXe siècle, ravivant l’opposition des associations environnementales.
Le projet d’extension de la ligne 1 du métro parisien, entre le terminus actuel de Château de Vincennes et la station Val-de-Fontenay, vient d’être relancé, rapporte Le Figaro le 19 juillet 2026. Porté par Île-de-France Mobilités, il prévoit près de 5 kilomètres de tracé supplémentaire et trois nouvelles stations : Les Rigollots à Fontenay-sous-Bois, Grands Pêchers à Montreuil, et le terminus Val-de-Fontenay, selon les documents publiés par l’autorité organisatrice des transports franciliens. Le 7 juillet 2026, le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités, présidé par Valérie Pécresse, qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial, a validé la poursuite du projet, selon CNews. Ce même projet avait pourtant essuyé, en 2022, une série d’avis défavorables : la commission d’enquête publique s’était prononcée contre à l’unanimité selon neuf motifs, tandis que l’Autorité environnementale et le Secrétariat général pour l’investissement avaient également émis des réserves, entraînant le refus de la déclaration d’utilité publique.
Entre 243 et 337 arbres menacés selon les variantes étudiées
Selon les variantes aujourd’hui à l’étude, entre 243 et 337 arbres du bois de Vincennes pourraient disparaître pour permettre le passage des tunneliers, rapporte Le Figaro. En 2022, les associations opposées au projet évoquaient la destruction d’environ 110 chênes remarquables de plus de cent ans, sur près de deux hectares déboisés, ainsi que le déclassement de six hectares du bois ouvrant la voie à une possible urbanisation future, selon l’association Sites & Monuments. Le collectif Halte au prolongement de la ligne 1 évalue de son côté à 198 tonnes le surplus de CO2 émis dès la première année d’exploitation, et juge le bilan carbone du chantier négatif sur le long terme.
Désenclaver l’est parisien, l’argument d’Île-de-France Mobilités
Île-de-France Mobilités justifie le projet par la nécessité de mieux desservir les communes de Vincennes, Fontenay-sous-Bois et Montreuil, et de renforcer la robustesse du réseau de transport francilien, selon les documents publiés par l’autorité organisatrice. Les trois nouvelles stations offriraient des correspondances avec le RER A, le RER E, le futur Métro 15 Est, le tramway T1 et le réseau Bus Bords de Marne. Le coût du projet est évalué à 2,5 milliards d’euros par le collectif Halte au prolongement de la ligne 1, qui estime que le gain de temps moyen pour les usagers ne dépasserait pas quatre à huit minutes, loin devant une rentabilité socioéconomique jugée négative par ce même collectif.
Une mobilisation associative qui ne faiblit pas
Plusieurs collectifs, dont l’Association des Défenseurs du Bois de Vincennes, le Collectif Touche pas à mon bois et Halte au prolongement de la ligne 1, poursuivent leur opposition. Une pétition rassemblait plus de 67 000 signatures dès 2022, un chiffre porté à environ 70 000 selon les données publiées par Halte au prolongement de la ligne 1, contre 1 767 signatures favorables au projet. L’enquête publique de février 2022 avait recueilli 8 200 observations pour environ 900 participants. Une nouvelle phase de concertation publique doit s’ouvrir dans les prochains mois, selon les informations relayées par Citoyens.com en janvier 2026. « Si on pouvait éviter de détruire la forêt, ça serait mieux », relève une source citée par Le Figaro en ouverture de son reportage, illustrant l’attachement des riverains à ce site classé au cœur du bois de Vincennes.
Le sort définitif du prolongement de la ligne 1 dépendra désormais des prochaines étapes administratives, notamment la nouvelle enquête publique annoncée pour 2026. Entre désenclavement de l’est parisien et préservation d’un des poumons verts de la capitale, ce dossier illustre les arbitrages complexes entre mobilité et environnement en Île-de-France. Les prochains mois diront si les chênes centenaires du bois de Vincennes seront finalement épargnés.