Ciel de canicule avant orage en France, juin 2026

Canicule de juin : près de 3 000 morts en Île-de-France selon Santé publique France

La canicule de la fin juin 2026 a provoqué une surmortalité exceptionnelle en Île-de-France, avec près de 3 000 décès supplémentaires selon les nouvelles estimations de Santé publique France. La mortalité régionale a plus que doublé par rapport à la normale durant cet épisode, plus intense que celui de 2003. Les personnes de plus de 65 ans ont payé le plus lourd tribut.

« Une très forte surmortalité a été observée en Île-de-France [entre le 22 et le 28 juin] dans un contexte de vague de chaleur », a résumé Santé publique France dans un bilan régional publié vendredi 17 juillet sur son site. L’agence sanitaire évoque une variation de 122 %, soit 1 565 décès d’écart entre le nombre de décès attendu et celui observé. Ces chiffres constituent, à ce jour, l’estimation la plus précise du bilan sanitaire de la canicule de juin en région parisienne, l’une des plus affectées par cet épisode encore plus intense que celui, jusqu’alors inégalé, de 2003.

Des estimations revues à la hausse grâce à des données plus complètes

Santé publique France avait, au début du mois de juillet, dressé un premier tableau de la surmortalité liée à cette canicule. L’agence évoquait alors une hausse de plus de 2 000 morts sur l’ensemble de la France, soit environ 30 % au niveau national, mais de plus de 62 % en Île-de-France. Ces premiers chiffres restaient toutefois très incomplets, ne se basant que sur les certificats électroniques de décès. Les nouvelles estimations, publiées vendredi, intègrent également les certificats de décès en version papier, et portent sur le nombre de morts supplémentaires par rapport à la mortalité attendue en temps normal. Avec ces nouveaux éléments, la hausse n’est donc plus d’environ deux tiers, mais correspond à un niveau plus que doublé par rapport à la normale.

Les personnes âgées, principales victimes de la chaleur

Selon Santé publique France, les personnes de plus de 65 ans représentent 82,4 % des décès survenus pendant cet épisode de canicule. L’agence sanitaire ajoute que ces nouvelles estimations pourraient encore être en deçà de la réalité, certains effets de la chaleur mettant plusieurs jours à se faire sentir sur la mortalité.

Une accalmie de courte durée avant une nouvelle vague de chaleur

La semaine suivant l’épisode caniculaire de fin juin, marquée par un bref répit avant une nouvelle canicule aujourd’hui en train de prendre fin, n’a pas vu de retour à la normale : la mortalité excédentaire y restait encore supérieure à 200 décès en Île-de-France, selon Santé publique France. Les décès liés à la chaleur ne se limitent en effet pas aux seuls effets immédiats comme la déshydratation ou l’hyperthermie, certains effets différés continuant de peser sur la mortalité plusieurs jours après le pic de chaleur.

Ces nouveaux chiffres relancent le débat sur la capacité des infrastructures et des services de santé à absorber des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents et intenses, dans un contexte de réchauffement climatique.


Source : Le Monde avec AFP — https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/17/canicule-de-juin-pres-de-3-000-morts-en-ile-de-france-le-double-de-la-normale-selon-sante-publique-france_6724203_3244.html