Deux héritières indiennes, Vasundhara et Ridi Oswal, installées dans une propriété de Gingins, dans le canton de Vaud, accusent la Suisse de racisme après une altercation avec un voisin âgé au sujet d’une souffleuse à feuilles. L’échange, filmé et diffusé sur Instagram, a été vu plus de 120 000 fois et largement repris par la presse suisse, dont Blick, 20 minutes et 24 heures. Aucune réaction officielle des autorités vaudoises n’a pour l’heure été communiquée.
Selon Blick, l’incident s’est produit un jeudi après-midi à Gingins, petite commune du district de Nyon, dans le canton de Vaud. Un voisin âgé se serait présenté au portail de la propriété occupée par les deux sœurs pour se plaindre du bruit d’une souffleuse à feuilles utilisée par le personnel d’entretien. Il aurait alors lancé, selon la vidéo diffusée par les intéressées : « On n’est pas en Inde ici, on respecte les gens ici ! » Vasundhara et Ridi Oswal lui auraient répondu qu’il était 16 heures un jour de semaine et qu’aucune réglementation n’interdisait l’usage d’un tel équipement à cette heure, rapporte 20 minutes.
Des accusations de racisme relayées sur les réseaux sociaux
Les deux sœurs ont choisi de rendre publique la scène en la publiant sur Instagram, où la vidéo a rapidement dépassé les 120 000 vues. Ridi Oswal y affirme que le canton de Vaud est « le plus raciste » de Suisse et que, selon elle, « c’est toujours la partie française qui est la pire » en matière de xénophobie. Les deux femmes estiment, selon leurs propres mots relayés par Blick, que « l’on pourrait attendre d’un pays développé qu’il ait des gens développés, mais c’est le contraire ». Ces déclarations restent, à ce stade, des accusations formulées par les intéressées elles-mêmes, qu’aucune enquête ni instance officielle n’est venue confirmer ou infirmer. Les réactions sous la vidéo sont partagées, note 20 minutes : certains internautes disent avoir vécu des situations similaires en Suisse romande, tandis que d’autres jugent qu’un simple dialogue aurait permis de désamorcer la situation sans qu’il soit nécessaire d’évoquer le racisme.
Qui sont Vasundhara et Ridi Oswal
Vasundhara et Ridi Oswal sont les filles de Pankaj et Radhika Oswal, à la tête du groupe indien Oswal Group Global, actif notamment dans les engrais et la pétrochimie. La famille réside en Suisse depuis plusieurs années et occupe une propriété à Gingins, commune résidentielle prisée à proximité du lac Léman, non loin de Nyon.
Ridi Oswal est une chanteuse, auteure-compositrice et compositrice suisse. Elle a cofondé, avec sa sœur Vasundhara, titulaire d’un diplôme en finance obtenu dans une université suisse, Stop the B, une campagne de lutte contre le harcèlement scolaire. Elle est également la plus jeune intervenante à avoir pris la parole lors du Forum mondial de l’UNESCO contre le harcèlement en 2021.
Une affaire qui interroge sur l’image de la Suisse à l’étranger
Au-delà du différend de voisinage, l’affaire a trouvé un écho important dans les médias indiens, où plusieurs titres ont relayé les propos des deux sœurs sur le traitement réservé aux étrangers fortunés installés en Suisse. Le canton de Vaud, qui accueille de nombreux résidents internationaux notamment grâce à son régime fiscal, se retrouve ainsi associé à une polémique sur la xénophobie, sans qu’aucune autorité cantonale ou communale ne se soit pour l’instant exprimée publiquement sur le sujet, selon les informations disponibles à ce jour.
Reste à savoir si cette altercation, née d’un différend banal sur le bruit d’un outil de jardinage, débouchera sur une suite judiciaire ou médiatique en Suisse. Pour l’heure, l’affaire illustre surtout la rapidité avec laquelle une dispute de voisinage peut, une fois filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, prendre une dimension diplomatique et alimenter le débat sur la perception de la Suisse à l’international.