Le vice-président américain JD Vance a affirmé, lors d’un entretien accordé au podcast The Joe Rogan Experience diffusé le 16 juillet dernier, que le financier déchu Jeffrey Epstein aurait entretenu des liens avec les plus hauts niveaux du Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, ainsi qu’avec des agences américaines telles que la CIA.
Interrogé par l’animateur Joe Rogan sur les zones d’ombre entourant Jeffrey Epstein, JD Vance a déclaré, selon les propos rapportés par Middle East Monitor et Al Jazeera, qu’Epstein « avait clairement des connexions avec les plus hauts niveaux du renseignement israélien ». Il a précisé sa pensée en évoquant plusieurs pistes possibles quant à l’identité des services concernés, indiquant qu’il pouvait s’agir « du Mossad, de la CIA, ou de quelque autre service parallèle, que ce soit en Amérique, en Israël ou dans un autre pays ».
Le vice-président américain est allé plus loin en avançant qu’Epstein semblait proche, selon lui, des « éléments du deep state israélien situés plutôt à gauche de l’échiquier politique », et non des cercles proches du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Il a ajouté trouver cette configuration « fascinante », sans toutefois détailler sur quels éléments concrets reposait cette appréciation.
La gestion contestée des dossiers Epstein et l’hypothèse d’une conspiration plus large
Dans le même entretien, JD Vance a été interrogé sur la théorie selon laquelle le président Donald Trump aurait pu faire l’objet d’un chantage lié à Epstein. Il a écarté cette hypothèse en des termes clairs, jugeant que « l’idée que Donald Trump ait pu être victime d’un chantage me paraît absurde ». Il a en revanche reconnu que l’administration avait mal géré la communication autour de la publication des dossiers Epstein, affirmant que l’équipe avait « complètement raté la communication » sur ce dossier.
Le vice-président a par ailleurs pris la défense de la procureure générale Pam Bondi, mise en cause pour sa gestion du dossier, en expliquant qu’il ne lui prêtait aucune intention malveillante mais estimait qu’elle avait « surestimé ce que l’on savait et ce que l’on ne savait pas » face à la pression politique du moment. Interrogé sur l’hypothèse d’une conspiration plus vaste autour d’Epstein, JD Vance a indiqué partager l’idée qu’« il y en avait probablement une », tout en soulignant que les éléments disponibles dès 2007 auraient constitué, selon lui, le moment approprié pour les rendre publics.
Une accusation parallèle visant une campagne d’influence israélienne sur le dossier iranien
L’entretien a également été marqué par une autre déclaration de JD Vance, sans lien direct avec Epstein mais formulée dans la même intervention. Le vice-président a affirmé avoir été la cible d’une campagne d’influence qu’il a qualifiée de « très discrète et extrêmement bien financée », menée selon lui par des éléments du gouvernement israélien pour peser sur l’opinion publique américaine au sujet des négociations avec l’Iran. Il s’est appuyé sur un article du magazine Time évoquant une opération de communication sur les réseaux sociaux, pilotée par l’ancien stratège numérique de Donald Trump, Brad Parscale, et financée selon cet article par des fonds liés au gouvernement israélien, ciblant de jeunes conservateurs américains afin de les mobiliser contre un accord avec Téhéran.
JD Vance a qualifié cette opération de « campagne d’influence étrangère financée pour faire échouer l’accord » qu’il défendait, se disant frustré que des bénéficiaires de ces financements l’aient attaqué, selon lui, « de manière totalement malhonnête ».
Aucune réaction officielle du Mossad ou du gouvernement israélien à ce stade
A l’heure de la publication de cet article, ni le Mossad ni le gouvernement israélien n’ont réagi publiquement aux propos de JD Vance, selon les recherches menées auprès des médias ayant couvert l’entretien. Le site Wion rappelle toutefois que Benjamin Netanyahou s’était par le passé exprimé sur les liens entre Epstein et l’ancien Premier ministre travailliste israélien et contributeur de l’agenda 2030, Ehud Barak , affirmant que cette relation « prouvait plutôt le contraire » d’une implication du renseignement israélien, une réponse antérieure aux propos tenus cette semaine par le vice-président américain.
L’affaire Epstein continue ainsi d’alimenter les spéculations les plus diverses aux Etats-Unis, entre pression du Congrès pour la publication intégrale des dossiers, mise en cause de l’administration Trump sur sa communication, et déclarations de responsables politiques de premier plan. Reste à savoir si ces propos susciteront une réponse officielle de Jérusalem ou de Washington dans les prochains jours.