Le maire d’Alès, Christophe Rivenq, a été la cible de menaces de mort d’une gravité exceptionnelle après la découverte d’une lettre contenant deux balles de calibre 9 mm à son domicile. Signé au nom de la « DZ Mafia », le courrier intervient dans un contexte de tensions croissantes autour du trafic de stupéfiants dans la sous-préfecture du Gard. Une enquête judiciaire a été ouverte alors que les autorités promettent de renforcer la lutte contre le crime organisé.
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’escalade des intimidations liées au narcotrafic. Jeudi 16 juillet 2026, le maire d’Alès, Christophe Rivenq, a découvert à son domicile un courrier particulièrement inquiétant. L’enveloppe, retrouvée dans la boîte aux lettres de la famille par son épouse en fin de journée, contenait deux cartouches de calibre 9 mm ainsi qu’une signature attribuée à la « DZ Mafia », organisation criminelle née à Marseille et aujourd’hui considérée comme l’un des principaux acteurs du trafic de stupéfiants dans le sud de la France. Des inscriptions menaçantes ont également été taguées sur le mur de clôture de la propriété de l’élu.
Les faits ont immédiatement déclenché l’ouverture d’une enquête pour menaces de mort et intimidation, confiée au commissariat d’Alès ainsi qu’aux services spécialisés dans la lutte contre la criminalité organisée dans le Gard. Le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, a confirmé l’engagement rapide des investigations afin d’identifier les auteurs de ces actes.
Pour Christophe Rivenq, élu maire d’Alès en mars 2025 après la démission de Max Roustan, il s’agit d’un niveau de menace inédit. L’édile a indiqué n’avoir « jamais reçu des menaces de ce niveau », tout en affirmant sa volonté de poursuivre son action contre les réseaux de trafic de stupéfiants. Malgré la gravité des faits, le maire assure qu’il ne cédera pas à l’intimidation et entend poursuivre les politiques engagées contre le narcobanditisme.
Une implantation récente de la DZ Mafia à Alès
Cette affaire ne survient pas dans un contexte isolé. Depuis l’été 2025, les services de l’État observent l’arrivée progressive de la DZ Mafia sur le territoire alésien. Initialement implantée dans les quartiers nord de Marseille, cette organisation criminelle est soupçonnée de chercher à étendre son influence dans plusieurs villes d’Occitanie et du sud-est de la France afin de prendre le contrôle de nouveaux points de vente de stupéfiants.
À Alès, cette implantation se serait accompagnée d’une recrudescence des violences. Les autorités évoquent une multiplication des règlements de comptes et des affrontements liés au trafic de drogue. Début juin 2026, un jeune homme de 18 ans a notamment été tué par balles dans le quartier des Près-Saint-Jean, un secteur régulièrement cité parmi les zones sensibles de la ville. Ce drame avait déjà illustré la montée des tensions autour du contrôle des réseaux de revente.
La DZ Mafia est aujourd’hui régulièrement citée dans plusieurs dossiers de criminalité organisée impliquant assassinats, extorsions, enlèvements et trafic de stupéfiants. Les enquêteurs estiment que le groupe fonctionne selon une organisation particulièrement structurée, avec plusieurs dirigeants, certains détenus et d’autres toujours en fuite à l’étranger.
Une réponse immédiate de l’État
À la suite des menaces visant le maire d’Alès, le préfet du Gard, Jérôme Bonet, a condamné fermement ces actes et apporté son soutien à l’élu ainsi qu’à sa famille. Dans un communiqué diffusé le vendredi 17 juillet 2026, le représentant de l’État a annoncé un renforcement des effectifs de police mobilisés sur le territoire alésien. L’objectif est double : identifier les auteurs des menaces et poursuivre les opérations destinées à démanteler les réseaux criminels présents dans la ville.
Cette réaction intervient alors que les pouvoirs publics multiplient depuis plusieurs mois les opérations contre le narcobanditisme. La lutte contre les organisations criminelles constitue désormais une priorité affichée par les autorités judiciaires et les forces de sécurité intérieure, notamment dans les villes moyennes où ces réseaux cherchent à étendre leur influence.
Une intimidation qui dépasse le cadre local
Les menaces adressées à Christophe Rivenq témoignent d’une évolution préoccupante des méthodes employées par certaines organisations criminelles. L’envoi de munitions accompagné d’une revendication explicite constitue un message destiné autant à l’élu qu’aux institutions publiques chargées de lutter contre les trafics.
Ces procédés rappellent les stratégies d’intimidation déjà observées à Marseille, où plusieurs magistrats, responsables pénitentiaires ou agents de l’État ont été visés par des menaces attribuées à des réseaux du narcobanditisme. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si le courrier reçu à Alès s’inscrit dans une logique de représailles directement liée aux opérations conduites contre les trafiquants ou s’il relève d’une tentative plus large de déstabilisation des autorités locales.
Au-delà du cas personnel du maire, cette affaire illustre l’évolution de la criminalité organisée en France. Longtemps concentrés dans les grandes métropoles, certains réseaux cherchent désormais à s’implanter dans des villes de taille intermédiaire afin de diversifier leurs activités et sécuriser de nouveaux territoires de revente. Cette stratégie accroît la pression sur les collectivités locales et sur les élus, parfois directement exposés lorsqu’ils soutiennent les actions de lutte contre le trafic de stupéfiants.
L’enquête ouverte devra désormais établir l’origine exacte des menaces, identifier leurs auteurs et déterminer si celles-ci proviennent effectivement de membres de la DZ Mafia ou d’individus utilisant le nom de cette organisation pour renforcer leur capacité d’intimidation. À ce stade, aucune interpellation n’a été annoncée.
Sources
- La Dépêche du Midi : « Une lettre avec deux balles signée “DZ Mafia” : l’inquiétant courrier reçu par le maire d’Alès à son domicile » (17 juillet 2026). Article source
- AFP (informations reprises par plusieurs médias le 17 juillet 2026).
- Contexte complémentaire : DZ Mafia (synthèse historique fondée sur des informations publiques).