L’administration du contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump poursuit sa réforme du système électoral américain. Avec le « SAVE America Act », le président des États-Unis souhaite renforcer les contrôles d’identité des électeurs, limiter le vote par correspondance et centraliser davantage la supervision des scrutins. Un projet qui suscite de vives inquiétudes chez les défenseurs des droits civiques et une partie de la classe politique.
Donald Trump fait de la réforme électorale l’un des axes majeurs de son second mandat à la Maison Blanche. Convaincu que l’élection présidentielle de 2020 lui a été « volée », malgré l’absence de preuves de fraude généralisée établies par les tribunaux ou les autorités électorales, le président américain entend modifier en profondeur les conditions d’organisation des scrutins fédéraux.
Son projet de loi, baptisé « SAVE America Act » (« Safeguard American Voter Eligibility »), vise officiellement à renforcer la sécurité des élections en garantissant que seuls les citoyens américains puissent voter. Le texte prévoit notamment l’obligation de présenter une preuve de citoyenneté lors de l’inscription sur les listes électorales ainsi qu’un document d’identité au moment du vote.
Donald Trump souhaite également limiter fortement le recours au vote par correspondance, qui ne serait plus autorisé que dans des situations précises, comme une maladie, un handicap, un déploiement militaire ou un déplacement exceptionnel. Selon le président américain, ces mesures permettraient de mettre fin aux fraudes électorales qu’il continue de dénoncer depuis sa défaite face à Joe Biden en 2020.
En pratique, l’organisation des élections relève principalement des États américains. Certains exigent déjà une pièce d’identité pour voter, tandis que d’autres se contentent d’une déclaration sur l’honneur attestant de la citoyenneté des électeurs. Les États-Unis ne disposant pas d’une carte nationale d’identité, de nombreux citoyens utilisent un passeport, un permis de conduire ou un certificat de naissance pour justifier leur identité.
C’est précisément ce point qui alimente les critiques. Plusieurs organisations de défense des droits civiques estiment que ces nouvelles exigences risqueraient de compliquer l’accès au vote pour les populations les plus modestes, les minorités ethniques et les électeurs vivant dans des zones défavorisées. Obtenir certains documents administratifs peut représenter un coût financier ou des démarches parfois longues, susceptibles de décourager une partie des électeurs.
Le vote par correspondance constitue également un sujet de confrontation. Très répandu lors des dernières élections, il a été utilisé par près d’un électeur sur trois en 2024. Dans certains États, comme l’Oregon, il est même devenu la principale modalité de vote. Donald Trump continue pourtant de dénoncer ce dispositif, qu’il juge insuffisamment sécurisé, bien qu’il y ait lui-même eu recours lors d’élections locales en Floride.
Au-delà de cette réforme, l’administration Trump cherche à renforcer son contrôle sur les listes électorales. Le département de la Justice demande aux États de transmettre les fichiers des électeurs afin de vérifier leur éligibilité et d’identifier d’éventuelles irrégularités. Certains gouverneurs ont accepté de coopérer, tandis que d’autres ont refusé, entraînant plusieurs procédures judiciaires engagées par le gouvernement fédéral.
Pourtant, les spécialistes du droit électoral rappellent que les cas de fraude impliquant des non-citoyens restent extrêmement rares aux États-Unis. Plusieurs études universitaires montrent que ces situations représentent une infime proportion des centaines de millions de votes enregistrés depuis plusieurs décennies.
Si le « SAVE America Act » a déjà été adopté par la Chambre des représentants, son examen au Sénat se fait attendre. Malgré la majorité républicaine, plusieurs sénateurs hésitent à soutenir certaines dispositions, notamment les restrictions concernant le vote par correspondance, jugé favorable aux électeurs des zones rurales, traditionnellement acquises au Parti républicain.
En parallèle, Donald Trump continue de multiplier les initiatives sur le terrain institutionnel. Il a tenté d’utiliser des décrets pour influencer l’organisation des élections et a remplacé plusieurs responsables de la Commission d’assistance aux élections, une agence fédérale indépendante chargée d’accompagner les États dans la gestion des scrutins.
Cette réforme intervient à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre 2026, dans un contexte déjà marqué par le redécoupage de nombreuses circonscriptions électorales dans plusieurs États républicains. Ces modifications, combinées aux débats sur les conditions de vote, alimentent les inquiétudes de plusieurs États démocrates, qui ont annoncé leur intention de contester devant les tribunaux toute intervention fédérale jugée contraire à leurs compétences.
Les prochains mois devraient donc être décisifs pour l’avenir du « SAVE America Act », mais aussi pour l’équilibre institutionnel entre le pouvoir fédéral et les États dans l’organisation des élections américaines.
Sources :
- Le Monde : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/16/aux-etats-unis-donald-trump-tente-de-prendre-le-controle-de-l-organisation-des-elections_6723738_3210.html
- Brennan Center for Justice (contexte sur les réformes électorales américaines).
- American Civil Liberties Union (ACLU) (analyses sur les conséquences des réformes électorales).