L’arrivée de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France semble désormais se préciser après le départ annoncé de Didier Deschamps. Avant d’officialiser cette succession très attendue, la Fédération française de football doit toutefois résoudre une question juridique liée à la rémunération du futur sélectionneur.
La fin de l’aventure de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France marque un tournant majeur pour le football français. Après quatorze années passées sur le banc des Bleus, le sélectionneur s’apprête à quitter ses fonctions à l’issue de la Coupe du monde 2026, clôturant une période riche en succès, avec notamment un titre mondial en 2018, une victoire en Ligue des nations et plusieurs finales internationales.
Le parcours des Bleus s’est arrêté en demi-finale du Mondial face à l’Espagne. Battue 2-0 par une Roja plus réaliste et techniquement supérieure, la sélection française n’a pas réussi à décrocher une troisième finale mondiale consécutive. Les Tricolores disputeront un dernier match pour la troisième place, qui constituera également la dernière rencontre de Didier Deschamps en tant que sélectionneur.
Depuis plusieurs mois, un nom s’impose comme le successeur naturel de l’ancien capitaine des Bleus : Zinédine Zidane. Libre depuis son départ du Real Madrid en 2021, l’ancien meneur de jeu de l’équipe de France n’a jamais caché son ambition de prendre un jour les commandes de la sélection nationale.
Fort de son impressionnant palmarès sur le banc madrilène, avec notamment trois Ligues des champions remportées consécutivement, Zidane apparaît comme le favori pour ouvrir un nouveau cycle. La Fédération française de football travaille depuis longtemps sur cette éventualité et les échanges avec son entourage ne sont pas récents.
Cependant, si le choix sportif semble pratiquement arrêté, un obstacle administratif pourrait retarder l’officialisation de cette nomination.
Une nouvelle loi complique le dossier
Selon les informations de L’Équipe, la principale difficulté concerne les conditions financières du futur contrat de Zinédine Zidane.
Une nouvelle loi relative à la gouvernance du sport professionnel prévoit désormais un plafond de rémunération fixé à 450 000 euros brut par an pour certains dirigeants et salariés des fédérations sportives. Ce plafond peut toutefois être dépassé à condition qu’une dérogation soit accordée par le ministère des Sports.
Cette évolution réglementaire soulève une question importante. Didier Deschamps bénéficiait d’une rémunération largement supérieure à cette limite, et il paraît peu probable que Zinédine Zidane accepte un contrat très éloigné des standards appliqués à son prédécesseur.
La FFF pourrait donc être contrainte de solliciter une autorisation spécifique afin de proposer un salaire conforme au prestige de l’ancien Ballon d’Or.
Le ministère des Sports pourrait jouer un rôle indirect
Cette situation place également le ministère des Sports dans une position particulière.
La ministre Marina Ferrari a récemment indiqué considérer Zinédine Zidane comme un profil adapté pour diriger l’équipe de France, tout en rappelant que le gouvernement n’avait pas vocation à intervenir dans le choix du sélectionneur.
Néanmoins, si une dérogation devait être accordée concernant sa rémunération, l’exécutif participerait indirectement à la finalisation du dossier. Une perspective qui interroge certains observateurs.
Comme le souligne Ouest-France, une implication politique, même limitée au volet administratif, pourrait susciter des interrogations sur le principe d’indépendance des fédérations sportives, régulièrement défendu par la FIFA et l’UEFA.
La FFF doit trouver le bon équilibre
Plusieurs scénarios existent pour la Fédération française de football.
Une signature du contrat avant l’entrée en vigueur définitive de la nouvelle réglementation permettrait théoriquement d’échapper à certaines contraintes. Toutefois, une telle option risquerait d’alimenter les critiques et d’être perçue comme une manière de contourner le nouveau dispositif légal.
L’autre possibilité consiste à obtenir rapidement une dérogation officielle afin de sécuriser un contrat compatible avec le statut de Zinédine Zidane.
Au-delà de l’aspect financier, l’arrivée du champion du monde 1998 représente un enjeu majeur pour la FFF. Son image, son palmarès et sa popularité constituent des atouts considérables pour l’équipe de France, tant sur le plan sportif que commercial.
À l’heure où une nouvelle page de l’histoire des Bleus s’apprête à s’ouvrir, la Fédération doit désormais résoudre cette question réglementaire avant de pouvoir officialiser celui qui apparaît, depuis de longs mois, comme le successeur le plus attendu de Didier Deschamps.