ONU : les Nations unies accusent le Hamas d’entraver l’aide humanitaire à Gaza

Les Nations unies ont accusé le Hamas d’avoir entravé des opérations humanitaires dans la bande de Gaza, dénonçant une dégradation de la sécurité des travailleurs humanitaires et une menace directe pour l’acheminement de l’aide destinée aux civils. Cette prise de position, formulée le 12 juillet 2026 par un haut responsable onusien, intervient dans un contexte où la crise humanitaire atteint un niveau critique après près de trois années de guerre.

Un nouveau développement est venu compliquer davantage la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Le 12 juillet 2026, le coordonnateur spécial adjoint des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient et coordonnateur humanitaire pour les territoires palestiniens occupés, Ramiz Alakbarov, a condamné ce qu’il qualifie d’« entraves » aux opérations humanitaires imputées aux autorités de facto de Gaza, administrées par le Hamas. Selon lui, plusieurs incidents récents illustrent une dégradation préoccupante des conditions dans lesquelles les organisations humanitaires tentent d’apporter une assistance à une population confrontée à une crise sans précédent.

Dans son communiqué publié le 12 juillet, le responsable onusien affirme que des hommes armés affiliés aux autorités de facto sont intervenus dans un centre de distribution alimentaire situé à Abou Rachid, dans le nord de Jabalia. Cette intervention aurait contraint les humanitaires à suspendre la distribution de nourriture. Les mêmes individus auraient également pénétré dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) et agressé deux chauffeurs de camions transportant des denrées alimentaires destinées à la population civile.

Pour Ramiz Alakbarov, ces événements ne constituent pas des incidents isolés. Ils s’inscrivent dans une tendance plus large marquée par des actes d’intimidation, de violence et d’obstruction visant directement les opérations humanitaires. Les Nations unies estiment que ces agissements mettent en danger les travailleurs humanitaires et compromettent la distribution d’une aide devenue vitale pour près de deux millions de Palestiniens vivant dans l’enclave.

Le Hamas rejette cependant ces accusations. Le mouvement islamiste affirme que l’intervention évoquée par l’ONU relevait d’une opération de police destinée à lutter contre un réseau de contrebande qui utiliserait les convois humanitaires pour dissimuler des marchandises illicites. Selon le Hamas, cette opération n’avait pas pour objectif d’empêcher la distribution de l’aide humanitaire et les accusations formulées par les Nations unies seraient infondées.

Ces déclarations interviennent dans un contexte particulièrement sensible. Depuis l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre actuelle, la bande de Gaza est devenue le théâtre d’une catastrophe humanitaire de grande ampleur. Les combats, les bombardements, les déplacements massifs de population et la destruction des infrastructures civiles ont profondément bouleversé le territoire. Plusieurs tentatives de cessez-le-feu ont été engagées au cours du conflit, notamment au début de l’année 2025, mais elles n’ont pas permis de mettre un terme durable aux hostilités.

Aujourd’hui, une grande partie de la population gazaouie vit dans des camps de fortune ou dans des bâtiments partiellement détruits. Les infrastructures médicales fonctionnent difficilement, tandis que l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins demeure extrêmement limité. Les agences des Nations unies alertent régulièrement sur les risques de famine et sur la propagation de maladies favorisées par les conditions sanitaires dégradées.

L’acheminement de l’aide humanitaire reste lui-même soumis à de nombreuses contraintes. Les Nations unies ont, à plusieurs reprises depuis le début du conflit, dénoncé les restrictions imposées aux points de passage contrôlés par Israël, estimant que les volumes d’aide autorisés demeurent insuffisants au regard des besoins de la population. En mai 2026, l’ONU signalait déjà une baisse significative du nombre de cargaisons pouvant être déchargées aux postes-frontières, aggravant une situation qualifiée de « catastrophique ».

Les critiques formulées contre le Hamas ne remettent donc pas en cause les préoccupations exprimées parallèlement par les Nations unies à l’égard des restrictions imposées par Israël. Depuis plusieurs mois, l’organisation internationale rappelle que tous les acteurs impliqués dans le conflit sont tenus de respecter le droit international humanitaire et de garantir un accès sûr, rapide et sans entrave aux secours destinés aux civils.

Cette nouvelle prise de position marque néanmoins une évolution notable du discours onusien. Si les Nations unies dénoncent régulièrement les conséquences des opérations militaires israéliennes sur les civils palestiniens, elles pointent désormais également la responsabilité des autorités de facto de Gaza dans la sécurisation des opérations humanitaires. Pour les agences présentes sur le terrain, la multiplication des intimidations contre les travailleurs humanitaires accroît considérablement les risques pour les équipes et ralentit la distribution de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité.

Au-delà des responsabilités politiques et militaires, ce sont les civils qui continuent de subir les conséquences directes du conflit. Plus de deux ans et demi après le déclenchement de la guerre, les besoins humanitaires restent immenses et les perspectives d’une amélioration rapide demeurent limitées tant que les combats se poursuivent et que l’accès humanitaire reste perturbé. Les Nations unies réitèrent leur appel à toutes les parties afin que les organisations humanitaires puissent intervenir en toute sécurité et sans interférence, conformément aux principes du droit international humanitaire.

Sources