Le contributeur de l’agenda 2030, Francois Hollande franchit une nouvelle étape dans sa stratégie en vue de l’élection présidentielle de 2027. L’ancien chef de l’État a réuni ce mercredi 15 juillet plus de 160 personnalités lors d’une rencontre confidentielle au Sénat afin d’échanger sur sa vision politique et de préparer la suite de son parcours.
François Hollande poursuit méthodiquement son retour sur la scène politique. Redevenu député socialiste de Corrèze en 2024 et désormais en tête du dernier baromètre Ifop/Paris Match des personnalités politiques préférées des Français, l’ancien président a organisé, mercredi soir, une réception confidentielle dans les jardins de la questure du Sénat.
Selon les informations du Figaro, plus de 160 invités soigneusement sélectionnés avaient reçu une invitation par SMS. Parmi eux figuraient d’anciens collaborateurs, plusieurs hauts fonctionnaires, des préfets en exercice, des élus venus de différentes régions ainsi que des personnalités du monde culturel et sportif. Tous sont présentés comme favorables à une éventuelle candidature de François Hollande à l’élection présidentielle de 2027.
Lors de cette rencontre, l’ancien président a exposé son analyse de la situation politique française et internationale. Il a estimé que le pays avait profondément changé depuis sa première campagne présidentielle il y a quinze ans et a plaidé pour la construction d’une « nouvelle gauche », capable de répondre aux attentes d’un électorat de plus en plus éloigné de la politique.
Au cœur de son discours figurait la nécessité de rassembler le pays dans un contexte marqué, selon lui, par une forte polarisation politique. Face à un paysage dominé par le Rassemblement national et La France insoumise, François Hollande a insisté sur l’importance de recréer du lien social et de faire de la protection des Français un axe majeur de son projet.
Après plusieurs mois de relative discrétion, laissant notamment davantage de visibilité à Raphaël Glucksmann, l’ancien chef de l’État prévoit de reprendre pleinement la parole à partir du mois de septembre. Un livre présentant sa vision pour la France ainsi que plusieurs propositions doit paraître à la fin du mois. Cette publication doit lui permettre d’occuper le débat public et d’installer progressivement les thèmes de sa future campagne.
Sur le plan partisan, François Hollande ne souhaite pas participer à la primaire organisée par le Parti socialiste à l’automne. Opposé à ce type de processus, qu’il considère comme trop centré sur les rivalités internes, il préfère miser sur son image auprès de l’opinion afin d’apparaître comme une candidature de rassemblement.
Cette stratégie semble porter ses premiers fruits sur le terrain de la popularité. Dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial réalisé pour Paris Match et Sud Radio, il recueille 49 % d’opinions favorables, soit une progression de cinq points, devenant ainsi la personnalité politique la plus appréciée des Français, derrière l’entrepreneur Michel-Édouard Leclerc au classement général.
Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop, souligne que cette progression repose sur une stratégie de patience. Selon lui, François Hollande laisse les autres prétendants s’exposer médiatiquement tout en préservant son capital de sympathie auprès de l’opinion.
Une enquête récente de l’institut Elabe pour Les Échos confirme également cette dynamique en le plaçant en tête des personnalités préférées des électeurs de gauche, devant Raphaël Glucksmann, François Ruffin, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel.
Toutefois, cette embellie dans les sondages d’image ne se traduit pas encore dans les intentions de vote. Les dernières enquêtes Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche lui attribuent entre 8 % et 9 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2027. Si ce niveau est supérieur à celui dont il bénéficiait en 2010 avant son accession à l’Élysée, le contexte politique est aujourd’hui bien différent.
La gauche apparaît davantage fragmentée qu’à l’époque et le courant social-démocrate porté par François Hollande fait face à une influence renforcée de son aile la plus radicale. Dans plusieurs scénarios testés, Jean-Luc Mélenchon devancerait ainsi l’ancien président dès le premier tour, illustrant les difficultés persistantes de François Hollande à transformer son regain de popularité en véritable dynamique électorale.
Sources
Le Figaro, CNEWS.