Face aux difficultés économiques qui touchent la presse régionale, quatre députés de Lyon appellent le Premier ministre à intervenir. Ils alertent sur les restructurations en cours au Progrès et sur l’avenir incertain de BFM Lyon, estimant que le pluralisme de l’information locale est aujourd’hui menacé.
La situation des médias locaux suscite une nouvelle prise de position politique à Lyon. Dans un communiqué commun publié le 15 juillet, les députés Sandrine Runel (Parti socialiste), Boris Tavernier (Les Écologistes), Marie-Charlotte Garin (Les Écologistes) et Anaïs Belouassa-Cherifi (La France insoumise) demandent au Premier ministre de mettre en place des mesures de soutien en faveur de la presse de proximité.
Les quatre parlementaires estiment que les médias locaux traversent une crise économique majeure, susceptible d’affaiblir durablement l’accès des citoyens à une information indépendante et de proximité. Selon eux, cette situation appelle une réponse rapide de l’État afin de préserver un secteur qu’ils considèrent comme essentiel au fonctionnement démocratique.
Leur inquiétude repose notamment sur les récentes annonces concernant deux acteurs majeurs de l’information lyonnaise. Le groupe EBRA, propriétaire du quotidien Le Progrès, a dévoilé un plan de départs volontaires portant sur 400 salariés à l’échelle nationale. Dans le même temps, CMA Media poursuit la recherche d’un repreneur pour BFM Lyon, comme pour plusieurs autres chaînes locales du groupe. À défaut d’une reprise, la fermeture de la chaîne est envisagée d’ici la fin de l’année 2026.
Pour les élus, ces restructurations illustrent la fragilité croissante des médias régionaux, confrontés à la baisse des recettes publicitaires, à l’évolution des usages numériques et à la concurrence des grandes plateformes en ligne.
Dans leur communiqué, les députés mettent également en garde contre les conséquences démocratiques d’un affaiblissement de la presse locale. Ils redoutent que la disparition progressive des médias de proximité laisse davantage de place aux réseaux sociaux comme principale source d’information, avec les risques que cela comporte en matière de désinformation et de propagation des rumeurs.
Les parlementaires plaident ainsi pour un renforcement des dispositifs publics de soutien à la presse locale. Ils souhaitent également une évolution des règles encadrant la publicité locale afin de permettre aux médias régionaux de mieux faire face à la concurrence des plateformes numériques internationales, qui captent une part croissante des revenus publicitaires.
À travers cet appel, les élus lyonnais souhaitent replacer la question du financement des médias locaux au cœur du débat public, estimant que leur pérennité constitue un enjeu majeur pour le pluralisme de l’information et la vitalité démocratique des territoires.
Sources :
Lyon Capitale – Ces députés de Lyon interpellent le Premier ministre pour défendre les médias locaux – 15 juillet 2026.