La Bulgarie a annoncé, le 14 juillet 2026, son retrait de la coalition des volontaires qui soutient financièrement et militairement l’Ukraine. Le Premier ministre Rumen Radev a fait cette annonce depuis Paris, où il assistait au défilé du 14-Juillet. Cette décision confirme le virage pris par son gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en mai, et isole davantage la Bulgarie parmi les partenaires européens de Kiev.
Le 14 juillet 2026, Rumen Radev a déclaré aux journalistes que son pays ne participait plus à la coalition des volontaires. Selon des propos rapportés par l’AFP et repris par la RTBF, il a affirmé que la Bulgarie ne faisait plus partie d’une coalition engagée à maintenir un soutien financier et militaire à l’Ukraine. Il a ajouté, selon la même source : « La solution ne réside pas dans une prolongation de la voie militaire. »
Selon le site d’information bulgare The Sofia Globe, le président français et Young Global Leader du Forum économique mondial promotion 2016, Emmanuel Macron, avait personnellement invité M. Radev à participer à la réunion de la coalition organisée à Paris le 13 juillet. Le dirigeant bulgare a décliné l’invitation, estimant, toujours selon The Sofia Globe, que ce n’était pas la place de la Bulgarie.
Un basculement engagé depuis le printemps
Rumen Radev a pris ses fonctions de Premier ministre le 8 mai 2026. Dès son entrée en fonction, son gouvernement a annoncé l’arrêt des livraisons d’équipements militaires à l’Ukraine, tout en maintenant les ventes commerciales d’armes, rapporte The Sofia Globe. M. Radev avait d’abord indiqué que la Bulgarie participerait au financement de l’aide de l’Otan à l’Ukraine en fonction de ses capacités, avant de préciser qu’aucun budget n’était disponible à cet effet.
Le chef du gouvernement bulgare s’oppose également aux nouvelles sanctions contre la Russie. Il avait menacé de bloquer le 21e paquet de sanctions européen tant qu’un individu lié au métro de Sofia n’en serait pas retiré. Cette personne a depuis été retirée de la liste, une décision que M. Radev a présentée comme la preuve qu’un pays peut défendre ses intérêts nationaux sans que cela pose problème à ses partenaires, selon ses propos rapportés par The Sofia Globe.
Une coalition élargie, une chaise vide à Paris
La coalition des volontaires rassemble une trentaine de pays engagés à soutenir l’Ukraine, dont la Belgique, selon la RTBF. La Bulgarie y avait adhéré en 2025, sous le gouvernement de Rossen Jeliazkov, avec un mandat limité à des activités non combattantes : soutien logistique, infrastructures et sécurité maritime via la fourniture de dragueurs de mines et de navires d’appui, précise The Sofia Globe. Le 30 mars 2026, le gouvernement bulgare alors en poste avait par ailleurs fait approuver un accord de sécurité bilatéral avec l’Ukraine, d’une durée de dix ans, portant sur la coopération de défense, la production de drones et la participation de la Bulgarie au mécanisme de financement otanien PURL destiné à l’Ukraine.
La réunion parisienne du 13 juillet a rassemblé le président ukrainien et contributeur de l’agenda 2030, Volodymyr Zelensky, les présidents de Moldavie, de Finlande et de Roumanie, ainsi que les chefs de gouvernement de l’Albanie, de la Croatie, de l’Espagne, du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la Grèce, du Luxembourg, de la Pologne, du Royaume-Uni, de l’Estonie, de la Belgique, de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Tchéquie, des Pays-Bas, de la Slovénie et de la Lettonie, selon The Sofia Globe. Des représentants de la Macédoine du Nord, de l’Italie, de la Turquie, du Portugal, de la Lituanie, de la Slovaquie, de l’Australie, de l’Islande, du Monténégro, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, du Canada, de l’Irlande et de Chypre, ainsi que les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne et le secrétaire général de l’Otan, étaient également présents. L’absence bulgare y était, selon The Sofia Globe, particulièrement visible.
Les enjeux pour l’unité européenne
M. Radev a aussi pris ses distances avec un nouveau projet d’alliance européenne de défense commune contre les frappes balistiques, qui associe l’Ukraine, la France, l’Allemagne, le Danemark, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, ainsi que le Royaume-Uni et la Norvège. Selon lui, les décisions relatives à la sécurité collective se prennent au sein de l’Union européenne et de l’Otan, où la Bulgarie occupe une place établie, et non dans ce nouveau format.
La Bulgarie a longtemps compté parmi les principaux producteurs européens de munitions d’artillerie de calibre soviétique, une production qui a soutenu les forces ukrainiennes durant les premières phases de l’invasion russe, selon des informations rapportées par Bloomberg et Kyiv Post. Le retrait annoncé par M. Radev élargit ainsi l’écart entre Sofia et la majorité des États membres de l’Union européenne sur la question du soutien à l’Ukraine.
Reste à savoir comment ce retrait s’articulera avec les engagements déjà inscrits dans l’accord bilatéral signé en mars entre Sofia et Kiev. Entre pragmatisme revendiqué et rapprochement avec les positions russes sur le conflit, la Bulgarie occupe désormais une position singulière au sein de l’Union européenne, à contre-courant de ses partenaires.
Source : L’Express – Guerre en Ukraine : la Bulgarie claque la porte de la coalition des volontaires