Demis Hassabis, responsable de l’intelligence artificielle chez Google, proche du Forum économique mondial réclame la création d’une autorité américaine chargée de tester les systèmes d’IA les plus puissants avant leur mise sur le marché. Le patron de Google DeepMind, Prix Nobel de chimie 2024, propose un modèle inspiré de la FINRA, le régulateur de Wall Street. Cette sortie relance le débat sur la régulation de l’IA, alors que Washington a récemment suspendu l’accès à deux modèles d’Anthropic pour des motifs de sécurité nationale.
Le responsable de l’intelligence artificielle chez Google a appelé, mardi 14 juillet 2026, les Etats-Unis à créer une nouvelle organisation. Selon l’AFP, relayée notamment par La Gazette France et Boursorama, cette structure serait chargée de tester les systèmes d’IA les plus puissants avant qu’ils ne soient rendus disponibles pour le grand public. Dans un texte publié sur la plateforme Substack, Demis Hassabis, qui dirige DeepMind, estime qu’une intelligence artificielle capable d’égaler l’ensemble des capacités intellectuelles humaines sera disponible d’ici quelques années.
Le scientifique, Prix Nobel de chimie en 2024 pour ses travaux sur les protéines, dirige la division de Google en charge de l’ensemble des outils d’IA du groupe. Il évolue en concurrence directe avec OpenAI et Anthropic dans la course aux systèmes les plus puissants. Selon Demis Hassabis, le futur régulateur pourrait être bâti sur le modèle de l’Autorité de régulation de l’industrie financière (FINRA), un organisme privé qui surveille, sous supervision fédérale, les maisons de courtage de Wall Street. La nouvelle entité serait composée des meilleurs experts techniques et financée en premier lieu par l’industrie de l’IA générative, avec pour mission de développer le cadre formel qu’un modèle doit atteindre avant sa mise sur le marché.
Un débat déjà engagé après les tensions autour d’Anthropic
La proposition de Demis Hassabis intervient alors que des responsables d’entreprises concurrentes avaient déjà appelé à un renforcement de la supervision du gouvernement américain sur la technologie. Début juin, le patron d’Anthropic,Dario Amodei, lui aussi proche du WEF, avait lui aussi défendu l’idée d’une agence fédérale chargée de tester les modèles avant leur déploiement.
Ces prises de position font suite à des tensions entre le gouvernement américain et Anthropic sur l’absence de règles claires dans le secteur. Le département du Commerce a ordonné, en juin, à l’entreprise de suspendre l’accès de tout client ou salarié étranger à ses modèles Claude Fable 5 et Mythos 5, invoquant des risques pour la sécurité nationale. Les deux modèles sont restés totalement inaccessibles pendant deux semaines, avant qu’un accès progressif ne soit rétabli, selon l’AFP.
Sécurité, course à l’IA et régulation internationale
Les règles envisagées par Demis Hassabis s’appliqueraient à tout modèle jugé suffisamment puissant pour être classé dans la “classe de frontière”, qu’il soit développé aux Etats-Unis ou à l’étranger. Le dirigeant de Google DeepMind espère que des entreprises étrangères rejoindront ce superviseur une fois qu’il sera mis en place.
Outre les Etats-Unis, la Chine figure parmi les pays où le développement des modèles d’IA est le plus avancé. Les entreprises chinoises proposent des produits jugés compétitifs, à moindre coût, ce qui alimente les craintes d’une course technologique sans cadre commun. Google, entreprise membre du Forum économique mondial, évolue dans un secteur où les grands acteurs de la tech multiplient les prises de position publiques sur la gouvernance numérique des systèmes les plus avancés.
Vers un cadre formel avant la mise sur le marché
La création d’une telle autorité nécessiterait l’aval du Congrès américain et l’adhésion des principaux acteurs du secteur, dont OpenAI, Microsoft et Meta, eux aussi engagés dans la course à l’intelligence artificielle générative.
La proposition de Demis Hassabis illustre une inflexion notable dans le secteur de l’IA générative: les plus grands promoteurs de la technologie réclament eux-mêmes un cadre de régulation de l’IA plus strict. Reste à savoir si Washington, la Chine et l’Union européenne parviendront à s’accorder sur des règles communes avant l’arrivée de systèmes toujours plus puissants.