Jean-Luc Mélenchon a poursuivi sa campagne autour de la présidentielle de 2027 en mettant en avant son projet d’« écorégions », une réforme territoriale fondée sur la gestion de l’eau et des bassins versants. Lors d’un déplacement politique en Bretagne, le dirigeant de La France insoumise a présenté cette proposition comme un pilier de sa planification écologique, avec l’ambition de transformer la manière dont les territoires répondent aux défis climatiques. Cette idée, déjà évoquée lors de son meeting de lancement de campagne à Saint-Denis le 7 juin 2026, vise à replacer les enjeux environnementaux au cœur de l’organisation administrative française.
La Bretagne comme décor pour défendre une nouvelle étape de son projet écologique. Jean-Luc Mélenchon a consacré son intervention à la question des « écorégions », une proposition que La France insoumise souhaite placer au centre de son programme pour l’élection présidentielle de 2027. Dans un contexte marqué par les épisodes climatiques extrêmes et par une bataille politique autour de l’écologie à gauche, le chef de file insoumis entend remettre la question de l’eau et de l’aménagement du territoire au premier plan.
Le concept d’« écorégions » n’est pas une idée apparue soudainement. Jean-Luc Mélenchon l’avait déjà évoqué le 7 juin 2026 lors de son meeting de lancement de campagne à Saint-Denis. Il proposait alors de restructurer les régions françaises autour des grands bassins versants, c’est-à-dire des territoires définis par la circulation naturelle de l’eau, depuis les zones de pluie jusqu’aux fleuves et à la mer. Selon lui, ces nouveaux ensembles administratifs auraient vocation à devenir « la première ligne » de la planification écologique.
Lors de cette nouvelle séquence politique, le responsable insoumis a précisé son ambition : faire de l’eau un élément structurant de la décision publique. Son constat repose sur l’idée que les frontières administratives actuelles ne correspondent pas toujours aux réalités écologiques. Les treize régions métropolitaines issues de la réforme territoriale entrée en vigueur le 1er janvier 2016 auraient été pensées principalement autour d’une logique économique et de compétitivité, selon l’analyse portée par LFI. Le mouvement estime qu’elles ne permettent pas suffisamment de coordonner les réponses face au changement climatique.
Le projet prévoit donc de repenser la carte territoriale française autour de grands ensembles hydrographiques. La Bretagne occupe une place particulière dans cette réflexion, puisque la région possède une forte identité géographique et culturelle, mais aussi une relation étroite avec les enjeux liés à l’eau, aux littoraux et à la préservation des milieux naturels. Dans la vision défendue par Jean-Luc Mélenchon, les futures écorégions ne seraient pas uniquement des espaces administratifs : elles deviendraient des outils politiques dédiés à la transition écologique.
Cette proposition intervient également dans un moment stratégique pour La France insoumise. Alors que la question écologique constitue un terrain de concurrence important à gauche, Jean-Luc Mélenchon cherche à réaffirmer la place de son mouvement sur ce sujet et à ouvrir un dialogue avec une partie des écologistes. Le projet d’écorégions apparaît ainsi comme une tentative de proposer une architecture institutionnelle différente, en associant transformation écologique et réorganisation de l’État.
Le projet reste toutefois en construction. Les contours précis de ces futures entités territoriales, leurs compétences exactes ou encore leur articulation avec les collectivités existantes demeurent des sujets ouverts. Une première réflexion évoquée par LFI envisage une organisation autour de bassins hydrographiques, tout en prenant en compte les réalités culturelles et historiques des territoires. La formation politique reconnaît elle-même que la carte définitive n’est pas arrêtée.
Au-delà de la proposition institutionnelle, Jean-Luc Mélenchon cherche à imposer un récit politique : celui d’une République qui adapterait son organisation aux contraintes du XXIe siècle. En plaçant l’eau au centre de son discours, il inscrit son projet dans une vision où la crise climatique devient un facteur majeur de transformation démocratique et territoriale. La campagne présidentielle de 2027 devrait donc continuer à faire de la transition écologique l’un des principaux terrains de confrontation entre les différentes forces politiques.
Jean-Luc Mélenchon – Discours du meeting de Saint-Denis sur les écorégions – 7 juin 2026