Détroit d’Ormuz : Donald Trump relance le bras de fer avec l’Iran et fait bondir les prix du pétrole

Les tensions entre Washington et Téhéran connaissent une nouvelle escalade. Le contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump annonce le rétablissement d’un blocus naval visant l’Iran et souhaite imposer une redevance de 20 % sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz. Une décision qui a immédiatement provoqué une envolée des cours du pétrole et ravivé les inquiétudes sur l’économie mondiale.

Le marché pétrolier a vivement réagi aux nouvelles déclarations de Donald Trump. Le président américain a annoncé le rétablissement d’un blocus maritime contre l’Iran ainsi que son intention de faire payer une taxe équivalente à 20 % de la valeur des cargaisons empruntant le détroit d’Ormuz, l’un des passages stratégiques les plus importants au monde pour le transport d’hydrocarbures.

À la clôture des marchés lundi, le Brent, référence internationale du pétrole, s’échangeait à 83,30 dollars le baril, en hausse de près de 10 %. Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis le mois de juin, reflet des inquiétudes suscitées par la dégradation rapide de la situation géopolitique au Moyen-Orient.

Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé que les États-Unis deviendraient désormais le « gardien du détroit d’Ormuz ». Selon lui, Washington assurerait la sécurité de la navigation tout en exigeant une compensation financière destinée à couvrir les coûts militaires engagés. Le président américain a également confirmé que le blocus viserait exclusivement les navires iraniens ainsi que ceux commerçant avec les ports de la République islamique, les autres pays conservant, selon ses propos, un libre accès au passage maritime.

L’armée américaine a indiqué que cette mesure entrerait en vigueur à partir de mardi, avec des contrôles concernant les navires à destination ou en provenance des ports iraniens.

Cette annonce intervient alors qu’un fragile cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran semblait ouvrir la voie à une réouverture progressive du détroit. Les tensions ont toutefois rapidement repris. Les autorités iraniennes accusent certains navires d’emprunter des routes maritimes qu’elles jugent non autorisées, notamment le long des côtes omanaises, et ont multiplié les menaces contre les bâtiments concernés.

Même si les États-Unis parviennent à sécuriser un corridor maritime, de nombreux armateurs restent prudents. Les risques d’attaques, combinés à l’explosion des primes d’assurance, continuent de peser lourdement sur le transport maritime international.

Selon les estimations évoquées par plusieurs analystes, une redevance américaine de 20 % représenterait environ 16 dollars supplémentaires par baril de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, soit près de 32 millions de dollars pour un superpétrolier entièrement chargé.

Les conséquences se sont rapidement fait sentir sur les marchés financiers. La perspective d’un pétrole durablement plus cher alimente les craintes d’un retour de l’inflation. Les rendements des obligations américaines ont progressé tandis que les principaux indices boursiers de Wall Street ont terminé en baisse, pénalisés par les inquiétudes concernant les coûts de l’énergie et leurs répercussions sur l’économie.

Sur le plan diplomatique, Téhéran rejette fermement les annonces américaines. Le quartier général militaire iranien Khatam al-Anbiya affirme que l’Iran n’acceptera aucune ingérence étrangère dans la gestion du détroit d’Ormuz et promet de répondre à toute tentative de contrôle exercée en dehors des routes approuvées par les autorités iraniennes.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part déclaré que toute puissance garantissant effectivement la sécurité de la navigation pouvait prétendre à une compensation financière. Il a néanmoins estimé que le taux de 20 % avancé par Donald Trump était excessif, tout en rappelant que l’Iran considérait demeurer le véritable garant historique de la sécurité du détroit.

Cette position s’inscrit dans la continuité des déclarations iraniennes des derniers mois. Téhéran avait déjà évoqué l’instauration de droits de passage ou de frais d’assurance pour les navires utilisant cette voie maritime, invoquant des coûts liés à la sécurité et à la protection de l’environnement.

L’Organisation maritime internationale (OMI) a toutefois rappelé qu’aucune base juridique internationale ne permet actuellement d’imposer des péages obligatoires aux navires traversant un détroit utilisé pour la navigation internationale. L’organisation réaffirme son opposition à toute mesure de ce type.

La situation militaire demeure particulièrement tendue. Les États-Unis ont mené une nouvelle vague de frappes contre des installations militaires iraniennes, ciblant notamment des systèmes de défense aérienne, des sites de missiles et des infrastructures utilisées par les forces iraniennes. En retour, les Gardiens de la révolution affirment avoir lancé plusieurs opérations de représailles contre des positions américaines dans la région.

Sur le terrain, le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé. Les données de navigation montrent une baisse importante du nombre de navires empruntant cette route stratégique. Plusieurs bâtiments auraient même fait demi-tour avant d’atteindre le détroit, tandis que certains transiteraient désormais avec leurs systèmes de localisation GPS désactivés afin de limiter leur exposition.

Cette nouvelle montée des tensions intervient dans un contexte politique délicat pour Donald Trump. Confronté à une hausse des prix des carburants et à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre, le président américain cherche à reprendre l’initiative sur un dossier devenu central pour les marchés de l’énergie et pour la stabilité économique mondiale.

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