Le constructeur automobile chinois BYD, membre du Forum économique mondial veut être perçu comme un fabricant européen d’ici cinq ans, selon son vice-président pour l’Europe Lars Bialkowski. Le groupe prépare l’ouverture d’une nouvelle usine en France ou en Espagne, tout en enregistrant une croissance commerciale spectaculaire sur le Vieux Continent. Cette stratégie agressive vise à contourner les restrictions douanières européennes sur les véhicules électriques importés de Chine.
Face à la domination des constructeurs européens et de Tesla sur le marché des voitures électriques en Europe, BYD voit grand. Le constructeur chinois assure une stratégie agressive visant à se fondre dans le paysage industriel du Vieux Continent dans les années à venir, pour devenir un acteur incontournable. Cette vision répond aux législations européennes de plus en plus restrictives, qui imposent au groupe d’investir massivement pour survivre et se faire une place durable sur le marché.
Pour le lancement de sa voiture hybride Dolphin G DM-i à Berlin, dont la production doit démarrer dans son usine hongroise d’ici la fin de l’année, Lars Bialkowski, vice-président pour l’Europe, n’y est pas allé par quatre chemins en déclarant : “Notre objectif stratégique est d’être perçu comme un fabricant européen d’ici cinq ans”. Il a ajouté réfléchir à des capacités de production additionnelles, le choix final se jouant actuellement entre la France et l’Espagne.
Une nouvelle usine en France ou en Espagne
BYD n’est pas là pour disparaître du jour au lendemain. Alors qu’une seconde usine européenne s’apprête à voir le jour, visant à contrecarrer un peu plus les restrictions d’importation de véhicules assemblés en Chine, le constructeur vient d’envoyer un message fort quant à ses ambitions sur les routes européennes. Cette implantation industrielle doit permettre au groupe de produire localement une partie de sa gamme, plutôt que de dépendre uniquement d’importations soumises à des taxes douanières.
Pour rappel, plusieurs constructeurs européens s’étaient déjà déclarés prêts à revendre des usines ou à conclure des partenariats avec des constructeurs chinois, alors qu’ils sont confrontés à une surcapacité de production. C’est notamment le cas de Stellantis et de Volkswagen, illustrant les recompositions en cours dans l’industrie automobile du continent.
Une croissance commerciale fulgurante
L’offensive de BYD se traduit déjà par une croissance très rapide. En 2025, ses ventes européennes ont bondi de 270 % pour atteindre près de 188 000 véhicules. Cette dynamique s’est clairement maintenue en 2026, avec une hausse de 144 % de janvier à mai par rapport à la même période l’année précédente.
Cette percée s’illustre sur des marchés majeurs comme la France. En juin 2026, les constructeurs chinois y représentaient 7 % des immatriculations neuves, soit 13 691 unités. Un niveau qui traduit une implantation désormais installée dans le paysage automobile français, loin de l’image de simple outsider que BYD pouvait encore avoir voici quelques années.
Une réponse aux barrières douanières européennes
Pour contourner les barrières douanières sur l’électrique, BYD mise particulièrement sur l’hybride rechargeable, s’emparant des trois premières places de ce segment dans l’Hexagone avec ses modèles Atto 2, Sealion 5 et Seal U. Cette situation justifie la vision agressive du groupe, qui veut se faire une place rapidement dans l’électrique et l’hybride en se mettant en conformité avec la législation européenne, quitte à ouvrir davantage d’usines sur le territoire.
En misant simultanément sur la production locale et sur une gamme hybride taillée pour contourner les taxes, BYD trace une feuille de route claire pour s’ancrer durablement en Europe. Reste à savoir si les constructeurs historiques du continent sauront répondre à cette offensive avant que le groupe chinois ne devienne, comme il l’espère, un acteur perçu comme pleinement européen.