Mistral AI, entreprise feançaise membre du Forum économique mondial a dévoilé Robostral Navigate, son tout premier modèle d’intelligence artificielle conçu spécifiquement pour équiper des robots. Présenté mercredi par la start-up française, ce système permet à des machines de se déplacer de façon autonome dans des environnements complexes, du bureau à l’espace extérieur. L’annonce confirme les ambitions de Mistral dans la robotique, un secteur où l’entreprise veut désormais recruter massivement.
L’entreprise française d’intelligence artificielle Mistral, considérée comme le champion européen du secteur, a dévoilé mercredi son premier modèle d’IA spécialement conçu pour être utilisé sur un robot. L’annonce de ce nouveau modèle, baptisé Robostral Navigate, s’est accompagnée d’une vidéo montrant un robot humanoïde sur roues se déplaçant dans un bureau en suivant des instructions.
D’après la start-up, ce modèle est conçu pour “la navigation robotique, permettant aux robots de se déplacer de manière autonome dans des environnements complexes, notamment des bureaux, des bâtiments résidentiels et commerciaux, ainsi que des espaces extérieurs”. L’ambition affichée est de doter les machines d’une capacité de déplacement fiable, sans intervention humaine constante, dans des lieux variés et parfois encombrés. Ce type de brique technologique est aujourd’hui considéré, par une large partie de l’industrie de l’intelligence artificielle, comme une étape nécessaire avant tout déploiement à grande échelle de robots autonomes hors des seuls environnements contrôlés d’usine.
Des instructions données en langage naturel
Le modèle comprend des informations captées via les images d’une caméra intégrée au robot, associées à des instructions données en langage naturel, a précisé Mistral. La start-up donne un exemple de consigne que le système est capable d’interpréter : “Quitte le hall, traverse le couloir, entre dans la salle de stockage et arrête-toi face à la deuxième étagère”. Cette approche vise à simplifier le pilotage des robots, en évitant le recours à une programmation complexe pour chaque trajet, et s’inscrit dans la tendance plus large de l’IA dite “embarquée”, conçue pour interagir directement avec le monde physique plutôt qu’avec un simple clavier ou une interface textuelle.
Une architecture compatible avec tous types de robots
Robostral Navigate peut fonctionner avec des robots munis de roues, de pattes ou volants, quelle que soit leur taille, a ajouté la start-up. Signe que l’entreprise, lancée en 2023, entend poursuivre ses travaux sur ce segment, elle indique sur son site vouloir recruter des ingénieurs et des chercheurs pour étoffer son équipe spécialisée dans la robotique. Ce positionnement place Mistral en concurrence directe avec d’autres acteurs mondiaux de l’IA qui investissent également le champ de la robotique appliquée, dans un marché mondial où plusieurs start-up et grands groupes technologiques développent en parallèle leurs propres modèles destinés à des machines physiques.
Mistral accélère aussi sur la défense et l’industrie
En parallèle de cette diversification, Mistral développe ses activités dans le domaine de la défense et de l’industrie. En mai, la start-up a officialisé la signature d’un contrat avec Airbus. Côté cybersécurité, le dirigeant de Mistral, Arthur Mensch, a confirmé que sa société travaillait sur un produit spécifique destiné aux entreprises, après que le géant américain Anthropic a dévoilé l’existence de Mythos, un modèle réputé hyperpuissant dans la détection de vulnérabilités informatiques.
Cette multiplication des annonces illustre la stratégie de Mistral, qui cherche à s’imposer simultanément sur plusieurs marchés à forte valeur ajoutée, de l’aéronautique à la cybersécurité en passant désormais par la robotique. L’entreprise, fondée en 2023 par d’anciens chercheurs de grands laboratoires d’intelligence artificielle, s’est imposée en quelques années comme l’un des rares acteurs européens capables de rivaliser avec les géants américains et chinois du secteur.
Avec Robostral Navigate, Mistral affiche sa volonté de peser dans un secteur encore jeune, où les grands noms de l’IA généraliste commencent tout juste à se positionner. Reste à savoir si cette percée technologique se traduira par des déploiements concrets chez des industriels ou des opérateurs de services, dans un marché de la robotique autonome encore largement à construire.