Le fondateur du Forum économique mondial (WEF), Klaus Schwab, affirme qu’un dispositif d’écoute clandestin a été découvert dans son bureau privé à Genève lors d’un contrôle de sécurité de routine. L’ancien président de l’organisation a déposé une plainte pénale contre X auprès des autorités suisses. Cette affaire intervient alors que l’homme de 88 ans reste au cœur de plusieurs controverses depuis son départ du WEF en 2025.
Le fondateur du Forum économique mondial (World Economic Forum, WEF), Klaus Schwab, affirme avoir été victime d’une opération de surveillance après la découverte d’un dispositif d’écoute dissimulé dans son bureau situé à son domicile genevois. Selon les informations rapportées par Bloomberg, média membre du Forum économique mondial, cette découverte a conduit l’ancien dirigeant à déposer une plainte pénale contre X auprès du parquet de Genève afin que les circonstances de cette installation soient éclaircies.
D’après un communiqué transmis par son porte-parole, le dispositif aurait été découvert lors d’une inspection de sécurité effectuée dans sa résidence privée, située à proximité des locaux du Forum économique mondial. Les premières constatations laisseraient penser que l’appareil aurait été installé au cours des trois dernières années. À ce stade, aucune hypothèse n’est privilégiée concernant l’identité des responsables ou les motivations de cette installation.
Le communiqué insiste sur le caractère sensible de cette affaire compte tenu de la notoriété internationale de Klaus Schwab et du contexte entourant sa situation personnelle et professionnelle. L’enquête devra notamment déterminer l’origine du dispositif et les personnes impliquées dans cette éventuelle opération d’espionnage.
Une nouvelle affaire après un départ mouvementé du WEF
Cette révélation intervient plus d’un an après le départ de Klaus Schwab de la présidence du Forum économique mondial. En avril 2025, il avait quitté ses fonctions dans un climat particulièrement tendu après l’ouverture d’une enquête interne faisant suite à une lettre anonyme l’accusant, avec son épouse Hilde Schwab, d’avoir utilisé des ressources de l’organisation à des fins personnelles.
Parmi les accusations figuraient notamment des dépenses considérées comme injustifiées, incluant des voyages, des vols en première classe, des massages dans des hôtels ainsi que diverses dépenses personnelles financées par le Forum. L’enquête évoquait également des accusations portant sur son comportement envers certaines collaboratrices.
Le cabinet d’avocats suisse Homburger, chargé d’un audit indépendant, avait finalement indiqué n’avoir trouvé aucune preuve de faute matérielle. Klaus Schwab a toujours rejeté l’ensemble des accusations, qu’il considère comme diffamatoires et artificiellement construites. Il a d’ailleurs engagé plusieurs procédures judiciaires contre les auteurs anonymes des dénonciations.
Toutefois, le Wall Street Journal avait par la suite affirmé avoir consulté des documents internes faisant état de conclusions plus nuancées concernant la gouvernance, la gestion des données et certaines dépenses, laissant apparaître des divergences entre les conclusions présentées publiquement par le WEF et certains éléments issus de l’enquête.
Une figure toujours influente malgré son départ
Créé en 1971 par Klaus Schwab, le Forum économique mondial est devenu l’un des principaux rendez-vous internationaux réunissant dirigeants politiques, chefs d’entreprise, responsables d’organisations internationales et représentants de la société civile. L’institution est notamment connue pour son sommet annuel organisé à Davos, en Suisse.
Depuis le départ de son fondateur, la direction opérationnelle est assurée par Børge Brende, ancien ministre des Affaires étrangères de Norvège, tandis que Peter Brabeck-Letmathe assure la présidence par intérim dans l’attente de la désignation d’un successeur.
Selon plusieurs médias américains, Klaus Schwab aurait récemment adressé des courriers au conseil d’administration du WEF afin de contester certaines décisions prises à son encontre. Il aurait notamment demandé le rétablissement de sa protection personnelle, la prise en charge d’une partie de ses frais de justice ainsi que l’autorisation d’effectuer des voyages d’adieu dans plusieurs antennes internationales de l’organisation.
Un contexte européen marqué par les affaires de surveillance
La découverte de ce dispositif d’écoute intervient dans un contexte où plusieurs affaires d’espionnage et de surveillance électronique ont récemment touché des responsables politiques, des dirigeants et des institutions européennes. Des logiciels espions comme Pegasus ou Predator ont notamment été au cœur de plusieurs enquêtes au sein de l’Union européenne, illustrant les préoccupations croissantes autour des technologies de surveillance.
Dans le cas de Klaus Schwab, aucune preuve ne permet pour l’instant d’établir un lien avec ces précédentes affaires. Les autorités genevoises sont désormais chargées d’identifier les auteurs de cette éventuelle opération d’espionnage et de déterminer les circonstances exactes de l’installation du dispositif d’écoute.
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