Une polémique pour propos racistes vise José Luis Chilavert, légende du football paraguayen, à la veille du huitième de finale entre la France et le Paraguay au Mondial 2026. L’ancien gardien de but a qualifié l’équipe de France de sélection africaine sur le réseau X, une expression jugée discriminatoire par plusieurs médias sud-américains. Les faits ont ravivé un débat récurrent sur les origines des joueurs tricolores.
Le vendredi 3 juillet 2026, José Luis Chilavert, 60 ans, ancien gardien international paraguayen, a publié un message sur son compte X à la veille du huitième de finale entre la France et le Paraguay. Il réagissait à des propos de l’ancien international français Christophe Dugarry, consultant pour RMC Sport, qui avait jugé le Paraguay incapable de proposer un jeu offensif face aux Bleus. Chilavert lui a répondu en évoquant le souvenir de la Coupe du monde 1998, où le Paraguay avait déjà affronté la France, avant d’ajouter que son pays ferait cette fois face à une sélection d’Afrique.
Cette formule a été immédiatement reprise et commentée sur les réseaux sociaux. Les médias sportifs argentins TyC Sports et Olé ont qualifié ces propos de racistes, une analyse également partagée par plusieurs observateurs français. Le terme employé par Chilavert est perçu comme une manière de nier la nationalité française de plusieurs joueurs de l’équipe de France en la réduisant à leur couleur de peau ou à leurs origines.
Une équipe de France très majoritairement née en métropole
Les données officielles de la Fédération française de football permettent de contextualiser ces propos. Dans l’effectif des vingt-trois joueurs sélectionnés pour cette Coupe du monde 2026, un seul est né sur le continent africain : le gardien remplaçant Brice Samba, né à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Les autres joueurs nés hors de France métropolitaine sont Mike Maignan, né à Cayenne en Guyane française, département d’outre-mer, Michael Olise, né à Londres, et Marcus Thuram, né à Parme, en Italie. Tous les autres joueurs de la sélection, y compris ceux issus de la diversité comme Kylian Mbappé ou Ousmane Dembélé, sont nés en France métropolitaine.
Ce type de commentaire n’est pas isolé dans l’histoire récente du football sud-américain. Il s’inscrit dans une rivalité ancienne entre supporters argentins et français, ravivée depuis la finale de la Coupe du monde 2022, et qui avait déjà donné lieu à des polémiques sur les origines des joueurs tricolores lors des célébrations de la victoire argentine à Buenos Aires.
Un contexte personnel marqué par des sorties répétées
Cette déclaration n’est pas la première controverse impliquant José Luis Chilavert. Considéré comme l’un des meilleurs gardiens de but de l’histoire du football, capitaine du Paraguay lors de l’élimination par la France en 1998 sur un but en or de Laurent Blanc, l’ancien portier a multiplié les prises de position polémiques ces dernières années, notamment lors de sa campagne présidentielle au Paraguay en 2021, marquée par des positions hostiles aux droits des personnes LGBT+. Il s’était également exprimé de façon controversée lors de l’affaire opposant Vinicius Junior à un joueur argentin accusé de propos racistes à son encontre.
Les instances sportives françaises et paraguayennes n’avaient pas communiqué officiellement sur cette nouvelle polémique avant le coup d’envoi du match. Sur le terrain, la rencontre entre la France, favorite après trois victoires en phase de groupes, et le Paraguay, qualifié de justesse, s’est jouée samedi soir, dans un climat marqué par cette controverse extra-sportive.