Neuralink, la société de neurotechnologie fondée par Elon Musk, a annoncé une nouvelle avancée technique : son robot chirurgical de nouvelle génération peut désormais implanter les fils-électrodes de son interface cerveau-machine sans retirer la dure-mère, la membrane protectrice du cerveau. Cette évolution, présentée le 7 mai 2026, doit permettre de multiplier les implantations tout en réduisant les risques d’infection et les temps de récupération.
Neuralink a annoncé le 7 mai 2026 que son nouveau robot chirurgical est désormais capable d’insérer les fils-électrodes de son implant à travers la dure-mère, la membrane dense qui entoure le cerveau, sans avoir besoin de la retirer. Selon l’entreprise, une première implantation transdurale a eu lieu en mai 2026. Ce changement réduit la taille des incisions nécessaires, diminue le risque d’infection et permet une convalescence de quelques jours, contre plusieurs semaines pour une neurochirurgie classique.
Huit caméras pour compenser les mouvements du cerveau
Le nouveau robot s’appuie sur huit caméras de tomographie par cohérence optique qui cartographient les tissus cérébraux en trois dimensions et actualisent en continu leur positionnement pendant l’intervention. Cette technologie compense les micromouvements du cerveau provoqués par les battements cardiaques et la respiration, un enjeu majeur pour la précision de l’insertion. Les fils-électrodes utilisés mesurent entre 4 et 6 micromètres d’épaisseur, soit environ cent fois plus fins qu’un cheveu, et sont insérés en 1,5 seconde chacun par le robot. Des neurochirurgiens restent présents tout au long de l’intervention et sont formés pour intervenir en cas de problème mécanique ou physiologique.
Du cortex moteur à des cibles plus profondes du cerveau
Jusqu’ici, l’implant N1 de Neuralink, posé chez plus d’une vingtaine de patients aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et aux Emirats arabes unis dans le cadre de l’étude clinique PRIME, ciblait principalement le cortex moteur, une zone relativement accessible et bien cartographiée. La nouvelle précision du robot ouvre la voie à des cibles plus profondes et plus sensibles, comme le noyau sous-thalamique pour traiter les tremblements de la maladie de Parkinson, l’hippocampe pour l’épilepsie réfractaire, ou le cortex cingulaire subgénual pour les dépressions résistantes aux traitements. Neuralink présente son objectif à long terme comme la construction d’une « interface neuronale généralisée », conçue comme une plateforme et non comme un dispositif limité à une seule pathologie.
Une stratégie de production à grande échelle
Cette avancée technique s’inscrit dans une stratégie de production à grande échelle. Elon Musk avait annoncé le 1er janvier 2026 vouloir faire basculer Neuralink vers une procédure chirurgicale « quasi entièrement automatisée » à haut volume. L’entreprise a investi plus de 16 millions de dollars dans des installations de fabrication à Austin, au Texas, avec une extension supplémentaire de 8,2 millions de dollars en cours. Selon Neuralink, les précédentes générations de robots chirurgicaux, qui coûtaient entre 10 et 20 millions de dollars, peuvent désormais être produites pour environ 500 000 dollars. L’objectif affiché pour 2026 est de faire passer le nombre de patients implantés de quelques dizaines à plusieurs centaines.
Des zones d’ombre qui subsistent
Cette accélération soulève toutefois des interrogations qui dépassent la seule précision chirurgicale. Une étude publiée en juillet 2025 par le Centre d’éthique numérique de l’université Yale, membre du Forum économique mondial, dans la revue Neuroethics, a mis en évidence un vide réglementaire concernant la cybersécurité des interfaces cerveau-machine, dont le matériel est strictement encadré mais dont le logiciel reste peu régulé.
Par ailleurs, certains chercheurs soulignent que le corps humain traite tout implant comme un corps étranger, générant une réponse immunitaire qui finit par encapsuler les électrodes dans du tissu cicatriciel, un phénomène qui dégrade progressivement la qualité du signal. Aucun implant neuronal commercialisé n’a encore démontré une fiabilité du signal sur une décennie d’utilisation continue, même si Neuralink prograsse à grands pas.
Si le nouveau robot chirurgical lève un obstacle technique majeur à l’industrialisation des implants cérébraux, il ne répond pas encore aux questions de fiabilité à long terme ni aux zones d’ombre réglementaires soulevées par les chercheurs. Les essais cliniques de phase 3 doivent débuter en 2026, avec une demande d’autorisation de mise sur le marché visée pour 2027 et une commercialisation espérée en 2028 pour les patients paralysés.