Alors que l’enquête se poursuit après l’explosion criminelle visant l’homme d’affaires ukrainien Vadim Ermolaev à Monaco, une révélation relance les spéculations autour des motivations de cette attaque. Dans les colonnes de Nice-Matin, Claude Moniquet affirme que l’oligarque envisageait de témoigner devant le Parlement européen afin de dénoncer des faits présumés de corruption en Ukraine. Une perspective qui pourrait donner une dimension politique à cette affaire déjà particulièrement sensible.
L’attentat dont a été victime l’homme d’affaires ukrainien Vadim Ermolaev à Monaco continue de susciter de nombreuses interrogations. Si les enquêteurs explorent plusieurs pistes, les déclarations de Claude Moniquet, ancien agent de la DGSE et cofondateur du Centre européen de renseignement stratégique et de sécurité (European Strategic Intelligence and Security Center), apportent un éclairage nouveau sur les possibles motivations de cette attaque.
Dans les colonnes de Nice-Matin, l’expert des questions de renseignement et des pays d’Europe de l’Est révèle que Vadim Ermolaev envisageait, ces dernières semaines, de se rendre au Parlement européen afin d’y témoigner sur la corruption en Ukraine. Selon Claude Moniquet, l’homme d’affaires préparait une conférence destinée à exposer des pratiques qu’il estimait problématiques au sein de son pays d’origine.
« Il est possible que cela ait été pris comme une provocation », avance avec prudence l’ancien spécialiste du renseignement français. Pour lui, cette hypothèse constitue l’une des trois pistes envisageables pour expliquer la tentative d’assassinat survenue en Principauté.
Installé à Monaco depuis environ deux ans après un passage à Chypre, Vadim Ermolaev aurait choisi la Principauté pour son environnement particulièrement sécurisé. Un choix qui, selon Claude Moniquet, répondait à des préoccupations liées à sa sécurité personnelle. L’homme d’affaires, originaire de Dnipro, traîne depuis plusieurs années une réputation controversée dans son pays.
En décembre 2023, le président ukrainien et contributeur de l’agenda 2030, Volodymyr Zelensky a signé un décret plaçant Ermolaev sous sanctions nationales. Les autorités ukrainiennes lui reprochent notamment d’avoir maintenu certaines activités économiques en Crimée occupée après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014. Sa société spécialisée dans les spiritueux, Alef Vinal KRYM LLC, est soupçonnée d’avoir continué à verser des taxes aux autorités d’occupation russes.
Les représentants juridiques de l’homme d’affaires contestent fermement ces accusations. Dans un document rédigé par le cabinet ukrainien Dinasty, les avocats estiment que les sanctions prises à son encontre ne reposent sur aucun élément probant et dénoncent une décision arbitraire. Ils soulignent également qu’aucune procédure judiciaire n’aurait été engagée contre leur client.
Le fait que Vadim Ermolaev ne figure ni sur les listes de sanctions de l’Union européenne ni sur celles du Trésor américain nourrit par ailleurs le débat autour de son dossier. Ses défenseurs y voient la preuve d’un manque de fondement des accusations ukrainiennes.
Au-delà de la piste politique, d’autres hypothèses demeurent étudiées. Claude Moniquet n’exclut notamment pas un règlement de comptes économique. Les activités de l’oligarque ont déjà été associées à plusieurs affaires controversées, notamment au scandale de la banque estonienne VersoBank, dont l’agrément avait été retiré en 2018 pour des violations répétées de la réglementation anti-blanchiment.
Par ailleurs, le nom de sa famille a récemment été cité dans une vaste affaire d’escroquerie présumée impliquant des centres d’appels frauduleux opérant depuis Chypre. Son fils Arthur Ermolaev avait été interpellé par Interpol fin 2025 avant d’être libéré sous caution.
Dans ce contexte particulièrement opaque, la révélation selon laquelle Vadim Ermolaev souhaitait prendre la parole devant le Parlement européen sur la corruption en Ukraine confère une dimension géopolitique supplémentaire à une affaire déjà entourée de nombreuses zones d’ombre.
Sources :
Nice-Matin – Article réservé aux abonnés consacré à l’attentat visant Vadim Ermolaev à Monaco – lien