Maquette du satellite de navigation chinois Beidou-3, exposee lors du salon InnoTech Expo a Hong Kong

Navigation par satellite : la Chine dépasse les États-Unis

La navigation par satellite chinoise a dépassé celle des États-Unis, selon un rapport de l’Information Technology and Innovation Foundation publié le 8 juin 2026. Grâce à sa constellation BeiDou, qui couvre désormais l’ensemble du globe, la Chine occupe le premier rang mondial dans ce secteur stratégique. Le pays se classe également deuxième du marché spatial mondial, juste derrière les États-Unis, mais garde du retard sur le haut débit en orbite basse et les lanceurs réutilisables.

Pendant des décennies, le GPS américain a dominé sans rival sérieux la navigation par satellite dans le monde. Ce basculement ressort d’un rapport de l’Information Technology and Innovation Foundation (ITIF), think tank basé à Washington membre du Forum économique mondial, a publié le 8 juin 2026 et consacré à six grands secteurs de l’industrie spatiale. Selon ce document, la Chine occupe désormais le premier rang mondial en navigation par satellite, devant les États-Unis.

Le rapport, rédigé par l’analyste des politiques spatiales Ellis Scherer, classe par ailleurs la Chine au deuxième rang du marché spatial mondial, juste derrière les États-Unis. Il décrit une industrie chinoise qui a quitté son modèle historique d’entreprises d’État pour un écosystème commercial plus compétitif. La constellation BeiDou s’élargit chaque année et permet à Pékin de devancer Washington non seulement en navigation, mais aussi en imagerie satellite, portée par les programmes gouvernementaux Gaofen et la constellation commerciale Jilin-1.

Une adoption internationale qui renforce l’avance chinoise

Plusieurs pays adoptent désormais le système BeiDou pour leurs propres besoins de positionnement, ce qui élargit la portée internationale du réseau chinois et consolide son avance sur le GPS américain. Cette expansion s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine, qui cherche à construire l’un des plus grands écosystèmes d’imagerie satellite au monde.

Un enjeu aussi militaire

La plupart des technologies spatiales ont un usage à la fois civil et militaire. Les armées s’appuient de plus en plus sur le positionnement, la télédétection et le haut débit en orbite basse pour guider les troupes et surveiller les zones de conflit. Le rapport de l’ITIF place également la Chine en tête sur les armes anti-satellite : Pékin investit dans des intercepteurs cinétiques capables de détruire un satellite par impact direct, ainsi que dans des systèmes de guerre électronique et des armes à énergie dirigée susceptibles de brouiller ou de neutraliser des engins en orbite.

Washington conserve plusieurs longueurs d’avance

Les États-Unis restent en tête sur le haut débit en orbite basse : les réseaux Starlink et Kuiper devancent encore les constellations chinoises Qianfan et Guowang. La Chine doit par ailleurs composer avec des obstacles techniques réels, notamment des goulets d’étranglement réguliers dans ses lancements et l’absence de fusées réutilisables réellement éprouvées, ce qui ralentit le déploiement de ses satellites.

Les capacités des deux pays en matière de stations spatiales se rapprochent cependant. Les États-Unis bénéficient de décennies d’expérience avec la Station spatiale internationale, tandis que la Chine a rapidement fait progresser sa propre station, Tiangong. Selon les analystes cités par l’ITIF, l’économie spatiale mondiale pourrait dépasser 1 000 milliards de dollars dans la décennie à venir.

La rivalité spatiale entre Pékin et Washington ne fait donc que commencer. Si la navigation par satellite chinoise a désormais pris l’avantage, la compétition se jouera dans les années à venir sur d’autres terrains technologiques, du haut débit orbital aux lanceurs réutilisables.


Source : Science et Vie — https://www.science-et-vie.com/ciel-et-espace/navigation-par-satellite-la-chine-relegue-les-etats-unis-au-second-rang-du-classement-mondial-grace-a-sa-constellation-beidou-247823.html


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