La préfecture des Landes a décidé de ne pas autoriser l’un des projets de centrale photovoltaïque envisagés sur la commune d’Arengosse. Une décision qui intervient après plusieurs années d’instruction administrative et d’évaluations environnementales. Au cœur du dossier : la protection des milieux naturels et des espèces présentes dans cette partie du massif forestier landais, alors que la transition énergétique se heurte de plus en plus souvent aux enjeux de préservation de la biodiversité.
La transition énergétique ne se résume pas à une simple multiplication des panneaux solaires. Dans les Landes, département particulièrement concerné par le développement des énergies renouvelables, la préservation des espaces naturels demeure un critère déterminant dans l’instruction des projets. C’est dans ce contexte que la préfecture des Landes a choisi de rejeter un projet de centrale photovoltaïque porté sur la commune d’Arengosse, au terme d’un long processus d’analyse environnementale.
Située au cœur du massif forestier landais, Arengosse est depuis plusieurs années au centre de plusieurs projets de production d’électricité solaire. Les sociétés porteuses des dossiers ambitionnaient d’implanter des centrales photovoltaïques au sol sur des terrains forestiers du secteur. Les premières démarches administratives remontent à 2024, avec l’ouverture de procédures d’autorisation environnementale et plusieurs arrêtés préfectoraux relatifs à l’examen des demandes.
Toutefois, dès l’instruction du dossier, les enjeux écologiques sont apparus comme un point de vigilance majeur. La Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) de Nouvelle-Aquitaine a été saisie afin d’évaluer les incidences potentielles du projet sur les écosystèmes locaux. Son avis, rendu en 2025 dans le cadre de la procédure d’autorisation environnementale, soulignait l’importance des impacts potentiels sur les habitats naturels et les espèces présentes dans la zone concernée.
Le dossier a également été examiné par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), instance consultative spécialisée dans la préservation des espèces et des habitats. Dans son avis relatif au projet « Arengosse Énergies », le CNPN a notamment relevé que deux projets photovoltaïques distincts étaient portés par le même développeur sur la commune. L’organisme estimait qu’ils devaient être analysés comme un ensemble cohérent compte tenu de leur proximité géographique et de leurs effets cumulés sur l’environnement.
La question de la biodiversité s’est progressivement imposée comme l’élément central du débat. Les terrains visés appartiennent à un environnement forestier qui accueille une faune et une flore caractéristiques des Landes. Dans ce type de dossier, l’administration doit vérifier que les atteintes aux habitats naturels restent compatibles avec les objectifs de protection environnementale fixés par le Code de l’environnement. Lorsque les impacts apparaissent trop importants ou insuffisamment compensés, les autorités disposent de la possibilité de refuser l’autorisation.
La décision préfectorale s’inscrit également dans une évolution plus large de la réglementation française. Ces dernières années, les services de l’État ont renforcé leur vigilance concernant les projets d’énergies renouvelables implantés dans des espaces naturels sensibles. Plusieurs décisions administratives et judiciaires récentes ont rappelé que les objectifs de développement du solaire ou de l’éolien ne peuvent se faire au détriment d’espèces protégées ou d’habitats remarquables.
Dans les Landes, ce sujet est particulièrement sensible. Le département accueille déjà de nombreuses installations photovoltaïques et plusieurs projets ont obtenu des autorisations ces dernières années. D’autres, en revanche, ont été refusés lorsque les enjeux environnementaux étaient jugés trop importants. Un précédent notable avait ainsi été enregistré en 2023 avec le rejet d’un projet de parc photovoltaïque sur la commune de Morcenx-la-Nouvelle.
L’affaire d’Arengosse illustre ainsi une problématique devenue récurrente dans le débat public : comment accélérer la production d’énergie renouvelable tout en préservant les écosystèmes ? Les défenseurs des projets solaires rappellent la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de renforcer l’indépendance énergétique du pays. Les associations environnementales, elles, insistent sur le fait que la lutte contre le changement climatique ne doit pas conduire à la dégradation irréversible de certains milieux naturels. Cette tension entre deux impératifs écologiques se retrouve désormais dans de nombreux territoires français.
Pour Arengosse, la décision préfectorale marque une étape importante dans un dossier suivi depuis plusieurs années. Elle confirme que la biodiversité demeure un critère déterminant dans l’évaluation des projets d’aménagement, y compris lorsqu’ils participent à la transition énergétique. Alors que les ambitions nationales en matière de production d’électricité renouvelable continuent de croître, le cas landais pourrait servir de référence pour d’autres projets confrontés aux mêmes arbitrages entre développement énergétique et protection du vivant.
Sources :
[Préfecture des Landes] – Arrêtés préfectoraux relatifs aux projets photovoltaïques d’Arengosse – https://www.landes.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Eau.-Environnement.-Risques-Naturels-et-Technologiques/Eau-et-Peche/Arretes-et-recepisses-d-autorisation-au-titre-de-la-loi-sur-l-eau/Arretes-prefectoraux
[Mission régionale d’autorité environnementale Nouvelle-Aquitaine] – Avis sur le projet « Arengosse Énergies » (10 juin 2025) – https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr
[Conseil national de la protection de la nature] – Avis sur le projet ARENGOSSE Energies PV – https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr
[Préfecture des Landes] – Arrêté de refus d’un projet photovoltaïque à Morcenx-la-Nouvelle (7 juin 2023) – https://www.landes.gouv.fr
