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Photo : @U.S. Department of State / Raw Pixels

Iran : Téhéran prépare une plainte contre la FIFA après les restrictions d’entrée imposées aux États-Unis

À quelques jours d’un match décisif de la Coupe du monde 2026, l’Iran a annoncé son intention de déposer une plainte officielle auprès de la FIFA. En cause : les restrictions d’entrée et de séjour imposées par les autorités américaines à la sélection nationale, contrainte de multiplier les déplacements depuis le Mexique. Une situation qui ravive les tensions géopolitiques entourant le Mondial organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

La Fédération iranienne de football (FFIRI) s’apprête à saisir officiellement la FIFA pour dénoncer ce qu’elle considère comme une rupture du principe d’égalité entre les nations engagées dans la Coupe du monde 2026. Selon plusieurs médias internationaux, les dirigeants iraniens estiment que les conditions imposées par les autorités américaines à leur délégation pénalisent lourdement la préparation sportive de l’équipe nationale.

L’affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible. La Coupe du monde 2026, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est la première édition à 48 équipes. Depuis plusieurs mois, les relations diplomatiques tendues entre Washington et Téhéran ont alimenté les interrogations concernant la participation iranienne à la compétition. Bien que les joueurs aient finalement obtenu les autorisations nécessaires pour disputer leurs rencontres, de nombreux problèmes administratifs et logistiques persistent.

Dès le mois de mai 2026, les responsables du football iranien avaient alerté la FIFA sur les difficultés liées à l’obtention de visas à entrées multiples pour les membres de la sélection. Face aux incertitudes, la fédération avait même obtenu le transfert de son camp de base de Tucson, en Arizona, vers la ville mexicaine de Tijuana, située à proximité de la frontière américaine. Cette solution devait permettre de contourner certains obstacles administratifs.

Cependant, les difficultés ne se sont pas arrêtées là. Selon les informations rapportées par Reuters et plusieurs autres médias, l’équipe iranienne n’est autorisée à entrer sur le territoire américain que dans un délai extrêmement restreint avant ses rencontres. Après son premier match de groupe face à la Nouvelle-Zélande, disputé le 15 juin à Los Angeles et conclu sur un score de 2-2, la délégation a dû quitter les États-Unis quelques heures seulement après le coup de sifflet final pour retourner à son camp d’entraînement au Mexique.

Cette contrainte a provoqué la colère du sélectionneur Amir Ghalenoei. Le technicien iranien a dénoncé une situation qu’il juge injuste par rapport aux autres équipes engagées dans le tournoi. Selon lui, l’Iran serait « l’équipe la plus pénalisée » de cette Coupe du monde en raison de règles qui compliquent considérablement la récupération physique des joueurs et l’organisation des entraînements. Le capitaine Mehdi Taremi a lui aussi exprimé son mécontentement, qualifiant la préparation de « désastreuse ».

La polémique s’est intensifiée à l’approche du deuxième match du groupe G. L’Iran doit affronter la Belgique le 21 juin à Los Angeles, mais les autorités américaines n’autoriseraient la sélection à rejoindre la ville qu’environ vingt-quatre heures avant le coup d’envoi. Pour la fédération iranienne, cette limitation contrevient directement aux principes d’équité sportive défendus par la FIFA.

Au-delà de l’équipe première, plusieurs membres de la délégation auraient également rencontré des difficultés pour obtenir leurs visas. Certains responsables administratifs et accompagnateurs n’auraient pas reçu les autorisations nécessaires pour entrer sur le territoire américain. Ces refus alimentent le sentiment d’un traitement différencié dénoncé depuis plusieurs semaines par Téhéran.

La question des supporters constitue un autre point de friction. Début juin, la Fédération iranienne avait déjà accusé les autorités américaines d’empêcher une partie de ses supporters d’accéder aux billets qui leur étaient réservés dans le cadre du contingent officiel attribué à chaque nation participante. Une controverse supplémentaire qui vient nourrir les critiques contre l’organisation du tournoi.

Le dossier s’inscrit également dans un contexte géopolitique plus large. Depuis plusieurs années, les citoyens iraniens figurent parmi les nationalités concernées par différentes mesures restrictives d’entrée aux États-Unis. Si des exemptions ont été prévues pour les sportifs participant à la Coupe du monde, leur application demeure complexe et source de tensions. Plusieurs organisations de défense des droits humains avaient d’ailleurs alerté avant le tournoi sur les risques de discrimination touchant certaines délégations et leurs supporters.

Pour l’instant, la FIFA n’a pas communiqué officiellement sur la plainte annoncée par la Fédération iranienne. L’instance mondiale du football se retrouve toutefois dans une position délicate. Depuis des mois, elle affirme vouloir garantir un accès équitable à toutes les sélections qualifiées, tout en rappelant que les décisions d’immigration relèvent de la souveraineté des États hôtes.

À quelques jours des rencontres décisives du premier tour, l’affaire pourrait prendre une ampleur considérable. Au-delà du simple cadre sportif, elle soulève une question centrale pour l’avenir des grandes compétitions internationales : comment garantir l’universalité du sport lorsque les réalités diplomatiques et sécuritaires viennent perturber l’égalité de traitement entre les participants ? Pour l’Iran, la réponse devra désormais être apportée par la FIFA.

Sources :

  • Reuters – Iran to lodge FIFA complaint over World Cup travel restrictions – 19 juin 2026 – Reuters
  • The Guardian – Iran to lodge complaint with FIFA over restrictions imposed on team at World Cup – 19 juin 2026 – The Guardian
  • Al Jazeera – Iran will have to leave US hours after every World Cup match – 17 juin 2026 – Al Jazeera
  • Associated Press – Iran soccer body claims fans’ tickets for World Cup games in the US have been revoked – juin 2026 – Associated Press
  • The Guardian – Iran say FIFA has approved World Cup base camp switch from US to Mexico – 23 mai 2026 – The Guardian (base camp)

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