À quelques heures du premier match de l’équipe de France dans la Coupe du monde 2026 face au Sénégal, Ousmane Sonko a livré un pronostic sans ambiguïté. L’ancien Premier ministre sénégalais, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, estime que les Lions de la Teranga ont les moyens de s’imposer. Au-delà du terrain, il voit dans cette rencontre une illustration des liens complexes entre la France et l’Afrique.
Le match entre la France et le Sénégal, programmé le 16 juin 2026 à New York dans le cadre de la première journée du groupe I de la Coupe du monde, suscite déjà de nombreuses réactions des deux côtés de l’Atlantique. Parmi elles, celle d’Ousmane Sonko retient particulièrement l’attention. Invité de RFI quelques heures avant la rencontre, l’ancien chef du gouvernement sénégalais, désormais président de l’Assemblée nationale, a affiché sa confiance dans les chances de son pays.
Interrogé sur l’issue du match, Ousmane Sonko a déclaré espérer une victoire sénégalaise, estimant que les Lions de la Teranga pouvaient prendre le dessus sur les Bleus. Cette affiche revêt une dimension historique particulière puisqu’il s’agit seulement de la deuxième confrontation entre les deux sélections en Coupe du monde.
La première reste gravée dans la mémoire collective du football africain. Le 31 mai 2002, lors du match d’ouverture du Mondial organisé en Corée du Sud et au Japon, le Sénégal avait créé la sensation en battant la France 1-0. Les Bleus arrivaient pourtant dans la compétition avec le statut de champions du monde en titre. Cette victoire historique avait marqué l’entrée fracassante du Sénégal sur la scène mondiale.
Mais pour Ousmane Sonko, l’enjeu dépasse largement le cadre sportif. Au cours de son entretien, il a proposé une lecture politique et symbolique de cette confrontation. Selon lui, quel que soit le résultat final, « c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique ». Une formule qui fait directement référence à la forte présence de joueurs issus de l’immigration africaine ou descendants de familles africaines au sein de l’équipe de France.
Le responsable politique sénégalais estime que la composition de la sélection française illustre l’importance des ressources humaines africaines dans les sociétés occidentales. Pour lui, cette réalité doit conduire les Africains à prendre davantage conscience de leur potentiel. Il a notamment mis en avant les ressources naturelles du continent, sa démographie dynamique ainsi qu’une population majoritairement jeune.
Dans son analyse, Ousmane Sonko considère que ces atouts sont souvent sous-estimés dans les débats internationaux. Il affirme que l’Afrique dispose de leviers stratégiques majeurs qui devraient lui permettre de renforcer sa position dans les relations avec les puissances occidentales.
L’ancien Premier ministre a également élargi sa réflexion à la question migratoire. Selon lui, la rencontre entre la France et le Sénégal peut servir de point de départ à une discussion plus large sur les liens économiques, humains et politiques entre l’Afrique et l’Occident. Il estime que les débats sur l’immigration, régulièrement au cœur des tensions diplomatiques et politiques, ne peuvent être dissociés de la contribution des populations africaines au développement de nombreux pays européens.
Sur le plan sportif, la rencontre de New York représente un rendez-vous important pour les deux sélections. La France ambitionne de débuter son parcours mondial par une victoire, tandis que le Sénégal espère rééditer l’exploit de 2002 et confirmer sa place parmi les nations majeures du football africain.
Sources : JDD, RFI
