À peine installé au pouvoir, le gouvernement conservateur slovène de Janez Janša a engagé un profond changement de cap diplomatique. Le 12 juin 2026, Ljubljana a annoncé la levée des restrictions visant plusieurs responsables israéliens ainsi que la fin de l’embargo sur les armes. Une décision qui marque une rupture nette avec la politique menée depuis 2024 par le précédent gouvernement de centre-gauche.
Le 12 juin 2026, le gouvernement slovène dirigé par Janez Janša a annoncé la levée de l’interdiction d’entrée sur le territoire visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ainsi que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir et le ministre des Finances Bezalel Smotrich.
Dans un communiqué officiel publié après la réunion du cabinet, l’exécutif a expliqué que cette décision devait permettre de « rétablir les conditions d’un dialogue politique normal avec Israël ».
Cette mesure intervient quelques jours seulement après la prise de fonctions du nouveau gouvernement conservateur. Élu à la suite des élections législatives de mars 2026 puis investi fin mai par le Parlement slovène, Janez Janša avait fait de l’amélioration des relations avec Israël l’une de ses priorités diplomatiques.
Les interdictions d’entrée avaient été instaurées en 2025 par le gouvernement de Robert Golob. Selon les autorités slovènes de l’époque, elles étaient notamment liées au mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale à l’encontre de Benjamin Netanyahu.
Fin de l’embargo sur les armes et reprise des échanges commerciaux
Le nouveau gouvernement a également décidé, le 12 juin 2026, de ne pas prolonger l’embargo sur les exportations et le transit d’armes et de matériel militaire vers Israël.
Selon le communiqué gouvernemental, cette mesure est jugée « inutile » au regard de la législation slovène existante en matière de défense ainsi que des critères européens régissant les exportations d’armement.
Dans le même temps, Ljubljana a supprimé l’interdiction d’importer des produits issus des colonies israéliennes de Cisjordanie. Cette décision efface plusieurs mesures adoptées par le gouvernement précédent dans le contexte de la guerre à Gaza.
Sous l’administration de Robert Golob, la Slovénie s’était imposée comme l’un des États membres les plus critiques à l’égard du gouvernement israélien. Le pays avait reconnu l’État palestinien en juin 2024 et multiplié les critiques contre les opérations militaires menées par Israël dans la bande de Gaza.
Le changement de cap slovène intervient alors qu’Israël a annoncé, le 5 juin 2026, l’ouverture prochaine de sa première ambassade en Slovénie. Les autorités israéliennes ont présenté cette initiative comme une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales entre les deux pays.
Une décision qui divise la Slovénie et interpelle l’Union européenne
La réorientation diplomatique du gouvernement Janša suscite déjà des tensions sur la scène politique intérieure.
Quelques jours après son entrée en fonction, l’exécutif a retiré le drapeau palestinien qui flottait symboliquement sur le bâtiment du gouvernement depuis la reconnaissance de l’État palestinien en 2024. En réaction, la présidente de la République, Nataša Pirc Musar, a fait hisser le drapeau palestinien sur le bâtiment de la présidence, illustrant les divisions persistantes entre les institutions du pays.
Au niveau européen, plusieurs observateurs considèrent que ce changement de politique pourrait compliquer davantage la recherche d’une position commune sur les relations avec Israël. Alors que certains États membres plaident pour un durcissement des mesures à l’encontre du gouvernement israélien, la Slovénie rejoint désormais le groupe des pays favorables à un dialogue renforcé avec Tel-Aviv.
Cette évolution confirme la volonté de Janez Janša de rompre avec l’héritage diplomatique de son prédécesseur Robert Golob et de repositionner la Slovénie au sein des équilibres politiques européens sur les questions proche-orientales.
Source :
Le Figaro
Le Parisien Matin
Vietnam.vn
Mediafax
