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Photo : @PxHere

Copernicus : mai 2026 devient le deuxième mois de mai le plus chaud jamais enregistré dans le monde

L’Observatoire européen Copernicus tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur l’évolution du climat mondial. Selon les données publiées le 10 juin 2026 par le Copernicus Climate Change Service (C3S), le mois de mai 2026 est devenu le deuxième mois de mai le plus chaud jamais observé à l’échelle de la planète, juste derrière le record historique établi en mai 2024. Une nouvelle étape dans une tendance de réchauffement qui s’inscrit désormais dans la durée et qui s’accompagne d’événements météorologiques extrêmes toujours plus fréquents.

L’alerte est venue de l’un des systèmes de surveillance climatique les plus respectés au monde. Le 10 juin 2026, le Copernicus Climate Change Service (C3S), programme d’observation de la Terre financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), a publié son dernier bulletin climatique mensuel. Les conclusions confirment la poursuite d’une dynamique préoccupante : mai 2026 a été le deuxième mois de mai le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés mondiaux utilisés par Copernicus.

Selon les données de l’organisme européen, la température moyenne mondiale à la surface de la planète a atteint 15,81 °C en mai 2026. Cela représente une anomalie de +0,55 °C par rapport à la moyenne observée sur la période de référence 1991-2020. Seul le mois de mai 2024 avait fait encore plus chaud avec une moyenne de 15,91 °C, établissant alors un record historique.

Plus inquiétant encore, mai 2026 s’est situé à 1,42 °C au-dessus du niveau préindustriel estimé pour la période 1850-1900. Cette donnée est particulièrement surveillée par les climatologues car elle permet d’évaluer la proximité avec le seuil de réchauffement de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris adopté lors de la COP21 en 2015. Même si ce seuil est calculé sur plusieurs décennies et non sur un seul mois, la répétition de valeurs aussi élevées témoigne d’une accumulation durable de chaleur dans le système climatique mondial.

Créé en 1998 par l’Union européenne, le programme Copernicus est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux outils de surveillance environnementale de la planète. Grâce à un réseau de satellites Sentinel et à des milliers de stations d’observation terrestres, maritimes et atmosphériques, il fournit des données utilisées aussi bien par les chercheurs que par les gouvernements et les organisations internationales. Son service dédié au changement climatique, le C3S, publie chaque mois des analyses détaillées sur les températures, les précipitations, l’état des océans ou encore l’évolution des glaces polaires.

Les résultats dévoilés en juin 2026 confirment une tendance observée depuis plusieurs années. Déjà en mai 2024, Copernicus avait annoncé le mois de mai le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale. Cette année-là, la planète avait enchaîné douze mois consécutifs de records de chaleur mensuels, une situation sans précédent dans les archives climatiques modernes. Le mois de mai 2024 affichait alors une anomalie de +1,52 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Le phénomène observé en 2026 résulte principalement de l’addition de deux facteurs. D’un côté, le réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre continue d’élever progressivement la température moyenne mondiale. De l’autre, l’océan Pacifique équatorial montre des signes de transition vers un nouvel épisode El Niño, phénomène naturel qui tend à augmenter temporairement les températures mondiales et à modifier les régimes météorologiques sur l’ensemble du globe.

L’Europe a particulièrement ressenti cette hausse des températures. Le continent a connu son troisième printemps le plus chaud jamais observé, tandis que la seconde moitié du mois de mai a été marquée par une vague de chaleur exceptionnellement précoce et intense en Europe occidentale. Entre le 21 et le 30 mai, de nombreux records nationaux ou locaux ont été battus, notamment en France, au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal. Dans certaines régions, les températures moyennes journalières ont dépassé de plus de 10 °C les normales saisonnières.

Les scientifiques de Copernicus soulignent également que les océans continuent d’accumuler une quantité considérable d’énergie thermique. La température moyenne de surface des mers a atteint 20,90 °C en mai 2026, soit le deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré pour cette période de l’année. Là encore, seul mai 2024 reste devant avec 20,93 °C. Ces eaux exceptionnellement chaudes constituent un carburant supplémentaire pour les phénomènes météorologiques extrêmes, qu’il s’agisse de canicules, de sécheresses ou de précipitations intenses.

Cette accumulation de chaleur s’est accompagnée de contrastes météorologiques marqués à travers le monde. Alors qu’une grande partie de l’Europe occidentale faisait face à des conditions anormalement sèches, des inondations importantes ont touché plusieurs régions de Turquie, de Bulgarie ou encore de Moldavie. D’autres épisodes extrêmes ont également été observés en Chine et dans différentes zones du globe.

Pour les experts du climat, ces événements ne constituent plus des anomalies isolées. Ils illustrent une transformation progressive mais profonde du système climatique mondial. Plusieurs chercheurs évoquent désormais une « nouvelle normalité » caractérisée par des épisodes de chaleur plus fréquents, plus précoces et plus intenses. Une évolution qui concerne particulièrement l’Europe, identifiée comme le continent se réchauffant le plus rapidement au monde.

Les données publiées par Copernicus en juin 2026 rappellent ainsi que la tendance de fond demeure orientée à la hausse. Si mai 2026 n’a pas battu le record absolu de mai 2024, il confirme néanmoins que les températures mondiales restent proches de niveaux historiques. Un signal supplémentaire qui alimente les préoccupations des scientifiques à quelques mois de nouvelles discussions internationales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Sources :

[Copernicus Climate Change Service] – Bulletin climatique de mai 2026 (10 juin 2026) – Copernicus Climate Change Service

[Copernicus Climate Change Service] – Climate Bulletin Highlights (10 juin 2026) – Climate Bulletin Highlights

[Reuters] – May was the world’s second-hottest on record, EU scientists say (10 juin 2026) – Reuters Climate Report

[Copernicus Climate Change Service] – Surface Air Temperature May 2024 – May 2024 Temperature Record

[Euronews] – EU monitor warns of ‘new normal’ following record temperatures in May (10 juin 2026) – Euronews Climate Report

[Copernicus Climate Change Service] – What do we know about Europe’s early and intense heatwave in May 2026? (10 juin 2026) – Copernicus Heatwave Analysis

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