La Chambre des représentants américaine a approuvé, le mardi 9 juin 2026, un vaste projet de loi budgétaire consacré à la lutte contre l’immigration. Doté d’environ 70 milliards de dollars sur trois ans, le texte renforce massivement les moyens de l’ICE et de la police des frontières (CBP), dans le cadre de la politique migratoire de Donald Trump. Il doit désormais être transmis à la Maison-Blanche pour promulgation.
Le mardi 9 juin 2026, à Washington D.C., la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé un projet de loi budgétaire d’environ 70 milliards de dollars (environ 60,6 milliards d’euros), destiné à financer la politique migratoire fédérale sur les trois prochaines années. Le texte avait déjà été adopté par le Sénat la semaine précédente et doit désormais être transmis à la Maison-Blanche pour promulgation.
Selon les informations détaillées par Le Monde, cette enveloppe s’ajoute à près de 140 milliards de dollars déjà alloués en 2025 par le Congrès à la politique migratoire américaine.
ICE et CBP : les deux piliers du dispositif
Le financement est principalement destiné à deux agences fédérales. Environ 38 milliards de dollars sont attribués à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), chargée des arrestations et expulsions sur le territoire américain. Environ 26 milliards de dollars vont à la CBP (Customs and Border Protection), responsable du contrôle des frontières, notamment à la frontière avec le Mexique.
Un montant supplémentaire d’environ 5 milliards de dollars est prévu pour couvrir des coûts imprévus liés aux opérations d’expulsion et de surveillance.
Dans les faits, ce budget doit permettre de soutenir le programme massif d’expulsions voulu par le président Donald Trump, dont l’administration fait face à une pression politique forte pour accélérer le rythme des reconduites à la frontière.
Une ligne politique assumée mais contestée
À la Chambre, le président républicain Mike Johnson a défendu le texte en saluant une victoire politique durable. Dans un communiqué relayé par Le Figaro, il affirme que « les démocrates seront dans l’impossibilité de retirer le financement de l’ICE et de la CBP pour les prochaines années ».
L’opposition démocrate, elle, dénonce un basculement majeur. Son chef à la Chambre, Hakeem Jeffries, a qualifié le texte de « chèque en blanc de 70 milliards de dollars à l’ICE », estimant que ces fonds devraient être consacrés à des politiques sociales et économiques plutôt qu’à l’appareil répressif migratoire.
Ces critiques interviennent dans un contexte de tensions accrues autour des opérations de l’ICE, déjà contestées après des incidents violents survenus lors de manifestations à Minneapolis en janvier 2026, où plusieurs morts avaient été signalés selon les débats parlementaires.
Tensions institutionnelles et absence de réformes
Le texte adopté ne reprend pas plusieurs demandes de l’opposition démocrate. Les élus réclamaient notamment des réformes structurelles de l’ICE et de la CBP, dont l’instauration de caméras-piétons obligatoires pour les agents fédéraux et un encadrement renforcé des interventions sur le terrain.
Plusieurs propositions soutenues par l’administration Trump ont également été retirées au cours des négociations, notamment un fonds d’1,8 milliard de dollars présenté par l’opposition comme une « caisse noire » destinée à indemniser certaines personnes impliquées dans des procédures judiciaires sensibles liées aux événements du Capitole du 6 janvier 2021.
Le projet de construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche, estimé à environ un milliard de dollars, a lui aussi été abandonné face aux réticences de plusieurs élus républicains.
Une politique migratoire sous pression maximale
Dans le même temps, les autorités fédérales affichent des objectifs ambitieux. Tom Homan, figure centrale de la politique migratoire américaine, a promis une intensification des expulsions, notamment dans les grandes villes démocrates comme New York.
Ce budget massif confirme une orientation politique assumée : renforcer durablement les capacités de détention, de contrôle et d’expulsion des migrants sur l’ensemble du territoire américain, dans un contexte où l’objectif d’un million d’expulsions annuelles est régulièrement évoqué par les responsables de l’administration.
