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Mort d'un manifestant contre un centre de quarantaine américain lié a Ebola, au Kenya. Photo : Capture d'écran de France 24.

Kenya : mort d’un manifestant lors de violences contre un centre de quarantaine lié à Ebola

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Au Kenya, des manifestations contre la construction d’un centre de quarantaine destiné à accueillir des Américains exposés à Ebola ont dégénéré à Nanyuki. Un homme est mort et plusieurs autres personnes ont été blessées lors d’affrontements violents avec les forces de l’ordre. Le projet, soutenu par les États-Unis, suscite une forte controverse dans un pays encore indemne de la maladie.

Le mardi 9 juin 2026, dans la ville de Nanyuki, au centre du Kenya, des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le quartier informel de Likii ainsi que dans le centre-ville. L’objectif était de protester contre un projet de centre de quarantaine installé sur la base aérienne de Laikipia, située à proximité de la ville touristique, au pied du mont Kenya.

Selon plusieurs sources concordantes reprises notamment par Courrier International et TV5MONDE, la manifestation a dégénéré en affrontements violents avec la police kényane.

Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les groupes de manifestants, tandis que des pierres ont été lancées contre les policiers. Des tirs ont également été entendus dans certaines zones de la ville, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.

Mort d’un manifestant contre un centre de quarantaine américain lié a Ebola, au Kenya. Photo : Capture d’écran de France 24.

Un mort confirmé et plusieurs blessés dans des conditions contestées

Au moins un homme est mort lors de ces affrontements. Hussein Khalid, directeur de l’ONG de défense des droits humains Vocal Africa, a déclaré à l’AFP que « sa mort est confirmée » et a imputé ce décès à l’intervention de la police kényane. L’ONG attendait encore la confirmation officielle de l’identité de la victime et la prise en charge de sa famille.

La Croix-Rouge kényane a également indiqué qu’au moins une autre personne avait été blessée à Nanyuki, notamment à la suite de l’usage de gaz lacrymogènes. D’autres sources évoquent des blessés supplémentaires, sans bilan définitif consolidé.

Les autorités n’ont pas immédiatement publié de bilan officiel détaillé sur les victimes, ce qui alimente les tensions et les accusations d’usage excessif de la force par la police kényane, régulièrement critiquée dans ce type d’opérations.

Le centre de Laikipia : un projet sensible sous supervision américaine

Le centre contesté est en construction sur la base aérienne de Laikipia, près de Nanyuki, dans le centre du pays. Il doit comprendre environ 50 lits d’isolement et être géré par du personnel américain.

Le projet est destiné à accueillir des ressortissants américains exposés à l’épidémie de virus Ebola, actuellement en circulation depuis le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo (RDC), selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

D’après les bilans de l’OMS mentionnés dans les articles sources, la RDC a enregistré environ 550 cas confirmés et plus de 100 décès liés à l’épidémie. L’Ouganda voisin a également signalé plusieurs cas, dont des décès.

Ce dispositif de quarantaine est soutenu financièrement par Washington, qui a annoncé une aide de 13,5 millions de dollars pour la préparation sanitaire du Kenya face aux risques d’Ebola. Le gouvernement américain reste toutefois silencieux publiquement sur les violences survenues à Nanyuki.

Une colère locale alimentée par la peur sanitaire et la méfiance politique

La contestation repose principalement sur une inquiétude sanitaire : le Kenya n’a jamais enregistré de cas d’Ebola et ne partage pas de frontière directe avec la RDC. De nombreux habitants de Nanyuki craignent donc l’importation du virus sur leur territoire.

Lors des manifestations, certains protestataires ont dénoncé un projet perçu comme imposé de l’extérieur. Une habitante, citée par les médias, a ainsi déclaré : « J’aimerais connaître les raisons pour lesquelles ils (les Américains, NDLR) ont pensé que notre pays était une décharge ».

D’autres manifestants ont exprimé leur opposition en affirmant : « Nous n’avons pas cette maladie dans ce pays… ils amènent un virus dans notre pays », tandis qu’un défenseur des droits humains a lancé : « Nous disons aux Américains qu’ils peuvent prendre leur Ebola et le ramener dans leur pays ».

Certains habitants accusent également les États-Unis de refuser de soigner leurs propres citoyens sur leur territoire en cas de contamination, préférant organiser des structures de prise en charge à l’étranger.

Une ville déjà marquée par des violences récentes

Les tensions ne datent pas de cette seule journée. Le 1er juin 2026, des manifestations similaires devant la base de Laikipia avaient déjà dégénéré. Selon des défenseurs des droits humains, deux manifestants avaient alors été tués par balle, un point qui accentue les critiques contre la gestion sécuritaire du dossier.

La situation judiciaire du projet est également tendue : la justice kényane avait récemment ordonné la suspension du centre au nom de « l’intérêt commun ». Malgré cela, le gouvernement du président William Ruto a affirmé sa volonté de poursuivre le projet, invoquant des engagements diplomatiques et sanitaires avec les États-Unis.

Un contexte sanitaire régional sous haute surveillance

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Est reste un sujet de préoccupation majeur. L’OMS suit une propagation active en RDC et en Ouganda, avec plusieurs centaines de cas confirmés et des dizaines de décès.

Dans ce contexte, le centre de quarantaine de Laikipia apparaît comme un dispositif de gestion des risques internationaux, mais il se transforme localement en point de tension politique, sociale et sécuritaire.

Sources :
Courrier International
TV5MONDE

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