La France a franchi un nouveau cap dans sa politique à l’égard de certains responsables israéliens. Le 9 juin 2026, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances et figure majeure de l’extrême droite nationaliste israélienne, était désormais interdit d’entrée sur le territoire français. Une décision qui s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes autour de la colonisation de la Cisjordanie et des violences commises par des colons israéliens.
Le gouvernement français a annoncé, mardi 9 juin 2026, une mesure diplomatique exceptionnelle visant Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a déclaré que le responsable israélien ne serait plus autorisé à entrer sur le territoire français. Cette décision s’inscrit dans une série de sanctions coordonnées avec plusieurs pays occidentaux à l’encontre de personnalités et de réseaux accusés de favoriser la colonisation et les violences contre les Palestiniens en Cisjordanie.
Selon les autorités françaises, Bezalel Smotrich est visé en raison de ses prises de position répétées en faveur de l’annexion de la Cisjordanie occupée et de son soutien à l’expansion des colonies israéliennes. Jean-Noël Barrot a également reproché au ministre israélien de promouvoir ouvertement des politiques jugées contraires aux perspectives d’une solution à deux États, régulièrement défendue par Paris et ses partenaires européens.
Cette interdiction de territoire intervient dans le cadre d’une initiative conjointe menée par la France, le Royaume-Uni, le Canada et la Norvège. Ces pays ont annoncé de nouvelles sanctions contre des individus et des organisations accusés de soutenir ou de financer des violences de colons israéliens en Cisjordanie. Outre Bezalel Smotrich, plusieurs dirigeants d’organisations de colons ainsi qu’une vingtaine de personnes considérées comme impliquées dans des actes violents sont également concernés par des mesures restrictives.
La décision française marque une évolution notable de la position de Paris. En juin 2025, lorsque le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège avaient sanctionné Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, la France s’était montrée plus prudente et n’avait pas adopté de mesures nationales similaires. À l’époque, le gouvernement français privilégiait encore les discussions diplomatiques et les mécanismes européens. Depuis lors, le contexte s’est considérablement tendu. Les violences de colons en Cisjordanie ont continué de susciter l’inquiétude de nombreuses capitales occidentales. Plusieurs gouvernements estiment que l’accélération de la colonisation et certains projets d’extension des implantations israéliennes compromettent davantage la possibilité de créer un État palestinien viable.
Figure incontournable de la droite religieuse nationaliste israélienne, Bezalel Smotrich occupe depuis plusieurs années une place centrale au sein des gouvernements dirigés par Benyamin Netanyahou. Chef du parti Sionisme religieux, il défend une ligne particulièrement dure sur la question palestinienne. Il s’est régulièrement prononcé en faveur de l’extension de la souveraineté israélienne sur l’ensemble ou une partie importante de la Cisjordanie. Ses déclarations ont à plusieurs reprises provoqué des réactions critiques de la part de gouvernements étrangers et d’organisations internationales.
Les relations entre Paris et certains membres du gouvernement israélien se sont dégradées ces derniers mois. Avant même l’annonce visant Bezalel Smotrich, la France avait déjà pris des mesures contre le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Jean-Noël Barrot avait alors justifié cette décision par le comportement du responsable israélien à l’égard de militants européens participant à une flottille en direction de Gaza.
La mesure annoncée contre Bezalel Smotrich revêt une portée essentiellement politique et diplomatique. Elle ne constitue pas une sanction économique directe, mais elle symbolise le durcissement de la position française à l’égard des responsables israéliens jugés impliqués dans des politiques favorisant la colonisation ou l’escalade des tensions dans les territoires palestiniens.
Du côté israélien, les réactions ont été immédiates. Les autorités ont dénoncé une décision qu’elles considèrent comme hostile à Israël et politiquement motivée. Le gouvernement israélien rejette régulièrement les accusations selon lesquelles la colonisation constituerait un obstacle à la paix et critique les sanctions prises par certains pays occidentaux contre des responsables ou des organisations liés au mouvement des colons.
Cette annonce intervient également à quelques jours d’importantes discussions diplomatiques organisées à Paris autour de la question israélo-palestinienne. La France cherche depuis plusieurs mois à relancer les efforts internationaux en faveur d’une solution politique durable et à maintenir la perspective de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Dans ce contexte, la sanction visant Bezalel Smotrich apparaît comme un signal adressé à la fois au gouvernement israélien et à la communauté internationale sur la volonté de Paris de durcir sa réponse face aux initiatives considérées comme contraires au droit international.
Sources :
[Le Monde] – 9 juin 2026 – La France interdit l’accès de son territoire au ministre d’extrême droite israélien Bezalel Smotrich – Le Monde
[Reuters] – 9 juin 2026 – UK, Canada, France and Norway announce coordinated sanctions over West Bank settler violence – Reuters
[Mediapart / AFP] – 9 juin 2026 – Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France – Mediapart
[Reuters] – 7 juin 2026 – More sanctions could be imposed on Israeli settlers in coming days, France says – Reuters (7 juin 2026)
[Le Monde] – 11 juin 2025 – Le Royaume-Uni sanctionne deux ministres d’extrême droite du gouvernement israélien – Le Monde (2025)
