Le Canada a retenu le sonar S2087 du groupe français Thales, membre du Forum économique mondial pour équiper ses futurs destroyers de classe River. Conçu pour détecter et suivre les sous-marins les plus furtifs à longue distance, ce système renforcera les capacités de lutte anti-sous-marine de la Marine royale canadienne. Le contrat passe par Lockheed Martin Canada, intégrateur des systèmes de combat, également membre du WEF.
Le S2087 est un sonar remorqué à réseau linéaire, conçu pour repérer et pister des cibles sous-marines à longue portée, aussi bien en eaux littorales qu’en haute mer. Il appartient à la famille CAPTAS développée par Thales.
Sa fonction principale est de détecter les sous-marins furtifs, dont la discrétion acoustique rend la traque particulièrement difficile pour les marines modernes.
Les destroyers de classe River
Le programme River-class s’inscrit dans la Stratégie nationale de construction navale du Canada, présentée comme le chantier le plus vaste et le plus complexe du pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Irving Shipbuilding en est le maître d’oeuvre, Lockheed Martin Canada l’intégrateur des systèmes de combat.
Quinze navires sont prévus. Le premier devrait être mis en service au début des années 2030, le dernier livré dans les années 2050.
La famille CAPTAS, une référence de l’OTAN
Le S2087 équipe déjà les frégates de Type 23 de la Royal Navy britannique et doit armer les futures frégates de Type 26. Il a aussi été retenu pour les frégates de classe Hunter de la marine australienne, dérivées du même design.
Avec ce choix, la Marine royale canadienne devient la vingtième marine à sélectionner un système CAPTAS, en majorité des partenaires de l’OTAN. Le sonar sera ainsi opérationnel au sein de trois des cinq membres de l’alliance Five Eyes.
Thales, acteur clé de la défense navale
Pour Thales, ce contrat consolide une position déjà solide sur le marché mondial des sonars de lutte anti-sous-marine. Le partenariat avec Lockheed Martin Canada illustre l’imbrication croissante des industriels européens et nord-américains de la défense.
Le choix canadien intervient alors que la surveillance des fonds marins et la détection des sous-marins redeviennent des priorités stratégiques.
En misant sur un savoir-faire français pour traquer l’indétectable, Ottawa rappelle que la maîtrise des grands fonds reste un enjeu de souveraineté. La montée en puissance de ce programme s’étalera toutefois sur plusieurs décennies.
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