Donald Trump étudierait la possibilité de racheter les îles Chagos à Maurice, un archipel au cœur de l’océan Indien et surtout stratégique pour la base militaire américano-britannique de Diego Garcia. Derrière cette hypothèse controversée, encore non confirmée officiellement, se joue un bras de fer diplomatique impliquant le Royaume-Uni, les États-Unis et l’île Maurice. Entre enjeux militaires, tensions juridiques et mémoire coloniale, le dossier reste explosif.
L’archipel des îles Chagos est depuis plusieurs décennies au cœur d’un contentieux international opposant le Royaume-Uni, l’île Maurice et les États-Unis. L’administration de Donald Trump envisagerait désormais une option inédite : l’acquisition de ce territoire.
Cet archipel abrite notamment l’atoll de Diego Garcia, qui constitue l’une des bases militaires les plus stratégiques des États-Unis et du Royaume-Uni dans la région indo-pacifique. Située au cœur de l’océan Indien, elle est régulièrement utilisée pour des opérations militaires américaines, notamment au Moyen-Orient et en Asie.
Une base militaire au cœur des tensions géopolitiques
La base de Diego Garcia est considérée comme un point névralgique de la puissance militaire américaine depuis plusieurs décennies. Elle a notamment servi de plateforme logistique lors des guerres du Golfe, des opérations en Afghanistan et de l’invasion de l’Irak en 2003.
Le territoire est actuellement sous souveraineté britannique, mais son avenir est au centre d’un accord complexe entre Londres et Port-Louis. Un projet de rétrocession à l’île Maurice avait été signé en mai 2025, prévoyant le transfert de souveraineté tout en maintenant un bail militaire de 99 ans pour les États-Unis et le Royaume-Uni, contre environ 101 millions de livres par an.
Cependant, ce processus a été suspendu après le retrait du soutien américain, dans un contexte de désaccord politique et stratégique. Donald Trump avait déjà qualifié cet accord de « grande stupidité », selon plusieurs sources.
Un projet controversé entre droit international et stratégie militaire
D’après les informations rapportées par différents médias internationaux, aucune proposition officielle de rachat n’a pour l’instant été confirmée par Washington ou par l’île Maurice. Le gouvernement mauricien affirme n’avoir reçu aucun contact formel concernant une vente ou une acquisition des Chagos.
Sur le plan juridique, plusieurs experts rappellent qu’un territoire ne peut être « acheté » comme un bien commercial classique. La souveraineté relève du droit international et se négocie uniquement entre États, dans un cadre diplomatique strict.
Par ailleurs, la Cour internationale de Justice a estimé en 2019 que la décolonisation de Maurice n’avait pas été menée à son terme, renforçant la position de Port-Louis sur la légitimité de ses revendications territoriales.
Une dimension humaine souvent oubliée
Au-delà des enjeux militaires, le dossier des Chagos reste marqué par l’histoire des populations déplacées. Environ 2000 Chagossiens ont été expulsés à la fin des années 1960 et au début des années 1970 pour permettre l’installation de la base de Diego Garcia.
Ce passé continue d’alimenter les tensions politiques et les revendications de retour des populations déplacées, tandis que les décisions géopolitiques récentes semblent prolonger leur éloignement de l’archipel.
Sources :
CNews
Libération
Le Figaro
