Le député UDR Charles Alloncle affirme que le milliardaire Xavier Niel serait à l’origine de la surveillance dont il estime avoir été victime avant la publication de photographies le montrant avec sa collaboratrice parlementaire. S’appuyant sur une enquête de Mediapart, l’élu dénonce une atteinte à sa vie privée et une tentative d’intimidation politique.
Une nouvelle étape est franchie dans le conflit opposant le député UDR Charles Alloncle au fondateur de Free, Xavier Niel. Dans une déclaration particulièrement offensive publiée sur ses réseaux sociaux, le parlementaire affirme que la surveillance dont il dit avoir fait l’objet à Paris ainsi que la diffusion de photographies privées publiées par Paris Match auraient été organisées et financées par le milliardaire.

L’affaire trouve son origine dans la publication, le 21 mai dernier, de clichés montrant Charles Alloncle en compagnie de sa collaboratrice parlementaire lors d’un moment de détente dans la capitale. Ces images avaient rapidement suscité une polémique, certains médias présentant à tort la jeune femme comme la compagne du député.
Pour Charles Alloncle, les révélations d’une enquête publiée par Mediapart apporteraient désormais un éclairage nouveau sur les circonstances ayant conduit à la diffusion de ces photographies. Selon les informations rapportées par le média d’investigation, Xavier Niel aurait investi plusieurs millions d’euros dans Bestimage, l’agence spécialisée dans les photographies de célébrités dirigée par Michèle Marchand, personnalité influente de la presse people française.
Toujours selon cette enquête, les clichés du député auraient circulé auprès de Xavier Niel avant leur publication dans Paris Match. Des éléments que Charles Alloncle interprète comme la preuve d’une opération destinée à l’atteindre personnellement.
Un contexte de tensions politiques
Ces accusations surviennent dans un climat déjà particulièrement tendu entre les deux hommes. Quelques semaines auparavant, Xavier Niel avait été auditionné devant la commission d’enquête parlementaire consacrée à l’audiovisuel public. Au cours de cette audition, les échanges avec Charles Alloncle avaient donné lieu à plusieurs passes d’armes.
Le chef d’entreprise avait alors reproché au député de transformer les travaux de la commission en spectacle médiatique. De son côté, l’élu considère que les critiques dont il fait l’objet sont directement liées à son activité parlementaire et aux investigations menées sur certains contrats passés entre des acteurs privés et le service public.
Une affaire examinée par l’Assemblée nationale
La publication des photographies avait également conduit la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à saisir le déontologue de l’institution. L’objectif était de vérifier l’existence éventuelle d’un conflit d’intérêts entre le député et sa collaboratrice parlementaire.
Après examen du dossier, aucun manquement aux règles en vigueur n’a été retenu contre Charles Alloncle ni contre sa collaboratrice. Cette décision a permis de clore le volet déontologique de l’affaire, sans pour autant mettre fin à la controverse médiatique.
Déterminé à poursuivre son action politique, le député affirme ne pas vouloir céder aux pressions qu’il estime subir. Il considère cette affaire comme une tentative d’intimidation visant à entraver l’exercice de son mandat et assure qu’il continuera ses travaux parlementaires malgré la polémique.
Sources :
Mediapart – Enquête évoquée dans l’article – lien non communiqué dans les éléments fournis – lien
Valeurs Actuelles– publié le 8 juin 2026, signé Alexandre Bertolini – lien