Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête préliminaire pour « tortures » et « crimes de guerre » après l’interpellation de militants français ayant participé à la flottille humanitaire en direction de Gaza. La procédure fait suite à un signalement du ministère des Affaires étrangères concernant les conditions de détention de ressortissants français arrêtés par les autorités israéliennes.
La justice française s’empare désormais du dossier de la flottille pour Gaza. Vendredi 5 juin, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire portant sur des faits susceptibles de relever de la qualification de tortures et de crimes de guerre à la suite de l’arrestation de plusieurs militants français par Israël lors d’une opération menée en Méditerranée orientale.
Cette décision intervient après un signalement transmis le 28 mai par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale. Selon le PNAT, l’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH).
L’affaire trouve son origine dans l’interception, au mois de mai, d’une importante flottille humanitaire partie de Turquie avec pour objectif affiché de contourner le blocus imposé à la bande de Gaza. Composée d’une cinquantaine de navires transportant des militants internationaux, l’opération visait à attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne, ravagée par près de deux années de conflit.
Les autorités israéliennes avaient alors procédé à l’arrestation de 430 militants présents à bord des différents bateaux. Parmi eux figuraient 37 ressortissants français. Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, chargée de leur assistance juridique, ces militants ont été conduits de force en Israël avant d’être détenus dans la prison de Ktziot, située dans le sud du pays.
La polémique a pris une ampleur particulière après la diffusion d’une vidéo montrant plusieurs militants agenouillés, les mains attachées dans le dos, peu après leur interception en mer. Les images avaient été publiées par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne. Leur diffusion avait suscité de nombreuses réactions critiques, y compris au sein du gouvernement israélien.
Face à ces éléments, le ministre français des Affaires étrangères, Jean–Noël Barrot avait annoncé dès le 29 mai avoir saisi la justice afin d’examiner les allégations de mauvais traitements infligés aux ressortissants français concernés.
L’enquête ouverte par le PNAT devra désormais déterminer si les faits dénoncés peuvent effectivement être qualifiés de tortures au regard de la Convention des Nations unies contre la torture du 10 décembre 1984 et s’ils relèvent également du droit international humanitaire applicable aux crimes de guerre.
Les 430 militants arrêtés lors de l’opération ont finalement été expulsés d’Israël le 21 mai. Toutefois, les circonstances exactes de leur arrestation, de leur transfert et de leur détention continuent de faire l’objet de contestations et d’accusations croisées entre les différentes parties impliquées.
Cette procédure judiciaire française intervient dans un contexte international particulièrement tendu autour du conflit israélo-palestinien, alors que les questions liées au respect du droit humanitaire et au traitement des civils demeurent au cœur des débats diplomatiques et juridiques.
Sources :
Le Monde – 5 juin 2026 – lien
AFP – Informations reprises par Le Monde le 5 juin 2026.
