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Gustavo Petro, président de Colombie. Photo : Flickr.

Colombie : Gustavo Petro accuse les États-Unis de « s’allier avec des narcotrafiquants » en pleine tension électorale

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À quelques semaines du second tour de la présidentielle en Colombie, Gustavo Petro a vivement critiqué les États-Unis, les accusant de soutenir des acteurs liés au narcotrafic. Ces déclarations interviennent après le soutien affiché par Donald Trump à un candidat de droite dure, dans un climat diplomatique déjà fortement dégradé entre Bogotá et Washington.

Le 4 juin 2026, le président colombien sortant Gustavo Petro a accusé les États-Unis de s’être « alliés » avec des « génocidaires » et des « narcotrafiquants », dans un entretien accordé à l’AFP depuis le siège de la présidence à Bogotá.

« Vos alliés en Colombie sont issus de la gouvernance narco-paramilitaire, ce sont des génocidaires et des narcotrafiquants », a-t-il déclaré, visant directement les soutiens américains dans le contexte de la campagne électorale.

Ces accusations interviennent alors que Donald Trump a annoncé, le 3 juin 2026, son soutien « total et complet » à Abelardo de la Espriella, candidat de la droite dure arrivé en tête du premier tour de la présidentielle colombienne prévu pour le 21 juin 2026.

Le président américain a justifié ce soutien en mettant en avant la lutte contre le crime organisé et l’immigration illégale, affirmant que son candidat « réussirait de façon exceptionnelle à faire croître l’économie, créer des emplois, promouvoir le commerce, stopper l’immigration illégale, réprimer le crime et la drogue ».

Un duel politique sous haute tension entre gauche et droite dure

Abelardo de la Espriella, avocat et homme d’affaires surnommé « El Tigre », est une figure montante de la droite colombienne. Novice en politique mais soutenu par plusieurs courants conservateurs, il revendique une ligne sécuritaire particulièrement dure, promettant une politique de répression sévère contre les organisations criminelles.

Selon ses déclarations rapportées par la presse internationale, il entend établir avec les États-Unis des relations « comme jamais auparavant », saluant le soutien de Donald Trump comme un appui décisif dans la campagne.

De son côté, Gustavo Petro a dénoncé ce qu’il considère comme une forme de légitimation politique de figures liées à des réseaux paramilitaires. Il a également affirmé regretter que certains gouvernements « contribuent à porter au pouvoir politique le crime en Colombie ».

Washington accusé d’ingérence et tensions diplomatiques accrues

Le 5 juin 2026, la polémique a pris une dimension diplomatique après les accusations d’« ingérence » formulées par Ivan Cepeda, candidat de gauche au second tour et proche de Gustavo Petro.

Ce dernier a évoqué un « risque grave pour la souveraineté et l’intégrité du peuple et de la nation colombiens », pointant l’influence américaine dans le processus électoral.

Les relations entre Bogotá et Washington se sont nettement détériorées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le président américain a déjà qualifié Gustavo Petro de « chef du narcotrafic », une accusation rejetée avec vigueur par le chef de l’État colombien.

Gustavo Petro, élu en 2022 comme premier président de gauche de l’histoire du pays, ne peut pas se représenter à l’issue de son mandat, conformément à la Constitution colombienne.

Une campagne électorale sous l’ombre du narcotrafic et des fractures politiques

Dans un pays toujours marqué par des décennies de conflit armé et de lutte contre les cartels, le narcotrafic reste un enjeu central du débat politique. Les accusations croisées entre gauche et droite reflètent des fractures profondes autour des stratégies de sécurité, de justice et de gouvernance.

La proximité affichée entre certains responsables politiques étrangers et les candidats colombiens accentue encore la polarisation du scrutin, à quelques jours d’un second tour décisif prévu le 21 juin 2026.

Sources :
Le Figaro – 5 juin 2026
France 24 – 5 juin 2026

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