L’Union européenne a donné son accord de principe à l’ouverture d’un premier volet de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie. Cette avancée, saluée comme une étape politique majeure, a été rendue possible par la levée du veto hongrois. Selon Le Journal du dimanche, les négociations formelles pourraient débuter dans les prochaines semaines.
Réunis à Bruxelles, les représentants des Vingt-Sept ont validé l’ouverture officielle d’un premier volet de négociations avec Kiev et Chisinau, mettant fin à plusieurs mois de blocage. Selon Le Journal du dimanche, le principal obstacle résidait dans le veto de la Hongrie, qui s’opposait à toute progression du dossier depuis l’obtention par l’Ukraine du statut de pays candidat en décembre 2023.
La situation a évolué après la victoire de Péter Magyar lors des élections législatives hongroises du 12 avril, ouvrant la voie à un changement de position de Budapest. Un responsable de la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne, cité par l’AFP, a évoqué une étape importante sur le chemin de l’intégration européenne.
Un chantier de longue haleine
L’adhésion de l’Ukraine demeure un processus complexe. Les discussions devront porter sur l’État de droit, les réformes institutionnelles et l’économie. La plupart des États membres, notamment l’Allemagne, plaident depuis plusieurs mois pour une accélération du calendrier, des échanges préparatoires informels ayant déjà été engagés avec les autorités ukrainiennes.
Le secteur agricole figure parmi les dossiers les plus sensibles. Grande puissance agroalimentaire, l’Ukraine suscite des inquiétudes dans plusieurs pays, dont la France, qui redoutent les conséquences de son intégration sur les marchés agricoles européens. Ce point cristallise une partie des réticences au sein de l’Union.
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Washington met en garde
L’évolution du dossier intervient dans un contexte de guerre toujours active entre la Russie et l’Ukraine. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’est inquiété d’un risque d’escalade si l’Ukraine venait à intégrer l’Union européenne.
Cette mise en garde est survenue après une attaque de drones ukrainiens ayant visé des sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg, en Russie. La perspective d’un élargissement de l’Union se double ainsi d’enjeux sécuritaires immédiats sur le continent.
En relançant le processus d’adhésion, l’Union européenne adresse un signal politique fort à Kiev et à Chisinau. Mais entre les réformes attendues, les tensions agricoles internes et le contexte de guerre, le chemin vers une Europe élargie s’annonce long et semé d’obstacles.