La réserve liquide du fonds souverain russe a fondu de 64 milliards de dollars depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, et les stocks d’or ont chuté de 65%. Selon BFM Business, la flambée du pétrole offre un répit à Moscou, mais l’économie de guerre absorbe l’essentiel des recettes. Le Kremlin chercherait désormais à mobiliser l’épargne des ménages pour rester à flot.
Selon BFM Business, le Fonds national de richesse, principal fonds souverain russe, est alimenté par les recettes des exportations d’hydrocarbures. Au moment de l’invasion de l’Ukraine, en février 2022, il représentait environ 175 milliards de dollars, dont 112 milliards pour sa partie liquide, mobilisable rapidement par l’État.
Début juin 2026, cette réserve liquide n’atteindrait plus que 48 milliards de dollars, soit une baisse de 64 milliards. Le média attribue cette érosion en grande partie aux sanctions occidentales. Privée du marché européen, la Russie a réorienté ses ventes vers la Chine et l’Inde, mais au prix de fortes remises commerciales qui n’ont pas compensé la perte de revenus.
Le répit trompeur du pétrole
La récente hausse des prix du pétrole, liée aux tensions au Moyen-Orient et aux risques pesant sur le détroit d’Ormuz, pourrait sembler favorable aux finances russes. Le budget fédéral est construit sur un baril autour de 59 dollars, et les recettes au-delà de ce seuil sont en principe reversées au fonds souverain.
Avec un baril évoluant entre 90 et 100 dollars, le surplus pourrait atteindre, selon plusieurs estimations citées par BFM Business, entre 50 et 70 milliards de dollars. Mais ces recettes serviraient avant tout à combler le déficit budgétaire creusé par plus de trois années de guerre, sans permettre de réellement reconstituer les réserves.
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L’or, l’impôt et l’épargne des Russes
Pour financer ses besoins, le Kremlin a commencé à vendre une partie de ses réserves d’or. Le fonds en détenait près de 400 tonnes avant la guerre, contre environ 140 tonnes aujourd’hui, soit une baisse de 65%. En 2024, le gouvernement a également renforcé la progressivité de l’impôt sur le revenu pour solliciter davantage les ménages aisés et les entreprises.
Les autorités observeraient désormais l’épargne accumulée par les ménages, placée sur des comptes rémunérés à des taux élevés pour se protéger de l’inflation. Une éventuelle ponction de cette épargne ne serait pas sans risque politique, à l’approche des élections législatives prévues à l’automne 2026.
Derrière la vitrine du Forum économique de Saint-Pétersbourg, présenté par Moscou comme le Davos de l’Eurasie, l’économie russe continue de profiter de sa rente énergétique. Mais cette manne suffit de moins en moins à masquer les fragilités d’un pays largement tourné vers l’effort de guerre.