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Conférence de presse conjointe du Président Emmanuel Macron et du Président Jakov Milatović. Photo : Capture d'écran de l'Elysée - Youtube.

Monténégro : Emmanuel Macron renforce son soutien à l’adhésion du pays à l’Union européenne

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En visite officielle au Monténégro, Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France à l’entrée du pays dans l’Union européenne. Le président français a salué les progrès réalisés par Podgorica et encouragé les autorités monténégrines à poursuivre les réformes nécessaires pour concrétiser leur objectif d’adhésion. Une séquence diplomatique qui intervient alors que l’Union cherche à relancer sa politique d’élargissement dans les Balkans occidentaux.

Le 5 juin 2026, à Cetinje, ancienne capitale royale du Monténégro, Emmanuel Macron a adressé un message particulièrement encourageant aux autorités monténégrines. Aux côtés du président Jakov Milatovic, le chef de l’État français a affirmé que Paris continuerait à accompagner le pays sur la voie de son intégration européenne.

« Nous serons à vos côtés dans les mois à venir pour que vous progressiez et atteigniez les ambitions que vous avez fixées », a déclaré Emmanuel Macron lors de cette visite historique, la première d’un président français dans ce pays des Balkans depuis son indépendance.

Le président français a également tenu à saluer les résultats obtenus ces dernières années. « Croyez en vous, ayez confiance en vous. Tout ce que vous avez accompli au cours de ces deux dernières années est vraiment remarquable, et bien plus que ce que beaucoup pensaient possible », a-t-il insisté devant son homologue monténégrin.

Revenant sur les difficultés inhérentes au processus d’adhésion, Emmanuel Macron a ajouté : « Lorsque l’on est engagé sur un chemin aussi difficile, on a toujours mille raisons de se dire : “c’est trop dur” (…) et l’on peut alors se dire : “nous ne pouvons rien faire”. »

Le Monténégro, qui célèbre en 2026 le vingtième anniversaire de la restauration de son indépendance après la dissolution de l’union étatique avec la Serbie, apparaît aujourd’hui comme le candidat le plus avancé parmi les États des Balkans occidentaux engagés dans les négociations avec Bruxelles.

Un objectif d’adhésion fixé à 2028

Les autorités monténégrines souhaitent conclure les négociations d’adhésion avant la fin de l’année 2026 afin de permettre une entrée dans l’Union européenne en 2028. Si ce calendrier est respecté, le pays deviendrait le 28e État membre de l’Union européenne, treize ans après l’adhésion de la Croatie en 2013.

Lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron, Jakov Milatovic a présenté ce calendrier comme « ambitieux, mais réaliste et réalisable ». Selon les déclarations rapportées par la radiotélévision publique RTCG, le président monténégrin a expliqué avoir exposé à son homologue français « un plan ambitieux pour que le Monténégro soit prêt à adhérer à l’Union européenne d’ici la fin de l’année 2026 ».

« Il me semble que Macron a regardé avec beaucoup de bienveillance notre plan ambitieux, mais réaliste et réalisable », a déclaré Jakov Milatovic.

Le président monténégrin a notamment insisté sur la nécessité de finaliser rapidement plusieurs nominations au sein du système judiciaire. « Cela permettrait de débloquer et d’accélérer l’ensemble du parcours européen du Monténégro », a-t-il expliqué.

Dans le même temps, Emmanuel Macron a rappelé l’importance de poursuivre les efforts en matière d’État de droit, de lutte contre la corruption, de lutte contre le crime organisé et d’amélioration du cadre médiatique. Selon la présidence monténégrine, le chef de l’État français a estimé que la réussite du Monténégro pourrait constituer « un bon exemple et un encouragement pour les autres États candidats ».

Paris et Berlin veulent donner un nouveau souffle à l’élargissement européen

Cette visite intervient à la veille d’un sommet réunissant l’Union européenne et les pays des Balkans occidentaux. À cette occasion, la France et l’Allemagne ont diffusé un document commun appelant à insuffler une « nouvelle dynamique » au processus d’élargissement vers l’Est.

Le texte défendu par Paris et Berlin conserve le principe des « mérites propres », selon lequel chaque pays candidat doit accomplir les réformes exigées avant toute adhésion. Toutefois, les deux capitales proposent également d’accorder davantage d’avantages aux États qui progressent dans leurs négociations.

Parmi les pistes évoquées figurent un « accès privilégié » au marché intérieur européen ainsi que l’attribution d’un « statut d’observateur » permettant aux pays candidats de participer à certaines réunions de l’Union avant leur adhésion effective.

Cette réflexion intervient alors que plusieurs pays de la région connaissent des retards importants. La Serbie fait face à des controverses autour de certaines réformes judiciaires. En Bosnie-Herzégovine, les tensions politiques ralentissent le processus européen. Au Kosovo, les blocages institutionnels ont empêché l’adoption de plusieurs réformes attendues par Bruxelles.

Dans ce contexte, le Monténégro apparaît comme le candidat le mieux placé pour devenir le prochain membre de l’Union européenne.

Des investissements français de plusieurs centaines de millions d’euros

Au-delà des enjeux européens, la visite d’Emmanuel Macron a également permis de mettre en avant le développement des relations bilatérales entre Paris et Podgorica.

Le président français s’est félicité de la « qualité de la relation » entre les deux pays ainsi que du « potentiel » de coopération existant dans plusieurs secteurs stratégiques.

« Le partenariat est en train de se renforcer », a-t-il déclaré en évoquant notamment la santé, les infrastructures routières, la transition énergétique, l’économie et la coopération en matière de défense.

La séquence a été marquée par la signature de plusieurs accords économiques. Parmi eux figure un contrat majeur confié au groupe Bouygues pour la construction d’un centre hospitalier universitaire à Podgorica.

Selon Emmanuel Macron, ce projet représente « plus de 300 millions d’euros » d’investissements. Il s’agit de l’un des plus importants contrats français actuellement engagés dans le pays.

Jakov Milatovic a également indiqué avoir échangé avec le président français sur plusieurs projets d’infrastructures ainsi que sur les moyens d’améliorer le niveau de vie de la population monténégrine grâce à une coopération économique renforcée.

Alors que l’Union européenne cherche à redéfinir sa stratégie d’élargissement face aux bouleversements géopolitiques actuels, le Monténégro espère désormais transformer son avance diplomatique en adhésion effective. Le soutien affiché par Emmanuel Macron et la France pourrait constituer un atout majeur dans cette dernière ligne droite vers Bruxelles.

Sources :
Le Figaro – 5 juin 2026
Le Monde – 4 juin 2026
RTCG – consulté le 5 juin 2026

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