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Espionnage chinois : les services occidentaux alertent sur un recrutement clandestin via LinkedIn et les sites d’emploi

L’alliance de renseignement des Five Eyes accuse les services chinois de mener une campagne de recrutement en ligne visant des militaires, fonctionnaires, universitaires et journalistes occidentaux. Derrière de fausses offres d’emploi publiées sur LinkedIn ou d’autres plateformes professionnelles, Pékin chercherait à obtenir des informations sensibles pouvant renforcer ses capacités militaires, diplomatiques et économiques.

Le 4 juin 2026, l’alliance de renseignement des Five Eyes a publié une mise en garde commune concernant les méthodes utilisées par les services de renseignement chinois pour approcher des ressortissants occidentaux ayant accès à des informations stratégiques.

Selon ce document, des agents liés à Pékin se feraient passer pour des recruteurs, des consultants, des membres de groupes de réflexion ou encore des représentants de cabinets d’analyse afin d’entrer en contact avec des cibles potentielles sur des plateformes professionnelles comme LinkedIn.

L’objectif serait de recruter discrètement des personnes travaillant dans des secteurs sensibles et de les amener progressivement à transmettre des informations confidentielles.

Les Five Eyes regroupent l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, cinq pays qui coopèrent étroitement en matière de renseignement depuis la Seconde Guerre mondiale.

Fonctionnaires, militaires et universitaires dans le viseur

Les agences occidentales expliquent que les personnes ciblées occupent souvent des fonctions liées à la défense, à la diplomatie ou à la recherche stratégique.

Les recruteurs proposent généralement des postes d’analystes spécialisés en politique étrangère, en sécurité internationale ou en défense. Les militaires déployés dans la région indo-pacifique figureraient parmi les cibles prioritaires, tout comme les universitaires, les chercheurs et certains journalistes travaillant sur les questions géopolitiques.

Selon le communiqué, Pékin cherche à obtenir « des renseignements militaires, politiques et économiques confidentiels susceptibles de conférer à la Chine un avantage stratégique et tactique ».

Les services occidentaux soulignent que même des informations considérées comme non classifiées peuvent présenter une grande valeur lorsqu’elles sont croisées avec d’autres données collectées ailleurs.

Un processus de recrutement progressif

Les Five Eyes détaillent également le mode opératoire utilisé.

Dans un premier temps, les candidats reçoivent une proposition professionnelle apparemment légitime. Ils sont ensuite invités à réaliser un test ou une mission rémunérée, consistant souvent à rédiger un rapport sur un sujet géopolitique, par exemple les relations bilatérales entre la Chine et un pays occidental.

Une fois la relation établie, les interlocuteurs expliquent que leur « client » souhaite obtenir des informations plus précises ou plus sensibles. Les échanges sont alors déplacés vers des messageries chiffrées afin d’échapper aux contrôles des plateformes professionnelles.

Les rémunérations proposées varieraient de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars par rapport transmis.

Selon les agences occidentales, nombre de recrues ne réaliseraient pas immédiatement qu’elles participent à une opération de renseignement. « Les recrues n’ont souvent pas directement accès à des informations classifiées », précise l’alliance, mais les données recueillies peuvent être assemblées pour constituer une vision détaillée des politiques gouvernementales, des capacités militaires ou des orientations diplomatiques d’un pays.

Des tensions persistantes entre Pékin et les pays occidentaux

Cette alerte intervient dans un contexte de méfiance croissante entre la Chine et plusieurs démocraties occidentales.

Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste arrivé au pouvoir en 2024 tente officiellement de stabiliser ses relations avec Pékin. Pourtant, Londres continue de considérer la Chine comme une menace pour sa sécurité nationale.

En novembre 2025, le service de contre-espionnage britannique, le MI5, avait déjà averti plusieurs parlementaires de tentatives d’infiltration et d’espionnage attribuées à la Chine.

Cette nouvelle mise en garde des Five Eyes témoigne de l’inquiétude grandissante des services occidentaux face à des méthodes de renseignement jugées de plus en plus sophistiquées. Plutôt que de recourir uniquement aux opérations clandestines traditionnelles, les agences chinoises sont désormais accusées d’exploiter les outils du recrutement moderne et les réseaux professionnels mondiaux pour accéder à des informations stratégiques.

Sources :
Le Figaro
Sud Ouest

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