C’est un revers diplomatique inédit pour Berlin. L’Allemagne n’a pas réussi à être élue au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2027-2028, une première dans son histoire récente. Battue par le Portugal et l’Autriche lors du vote de l’Assemblée générale, elle ne recueille que 104 voix, loin derrière ses concurrents européens.
Selon les informations rapportées par Franceinfo, le scrutin s’est tenu mercredi 3 juin 2026 à New York, lors de l’Assemblée générale des Nations unies.
Trois pays étaient en lice pour deux sièges réservés au groupe Europe de l’Ouest. Le Portugal et l’Autriche ont été élus dès le premier tour, obtenant respectivement 134 et 131 voix, soit la majorité des deux tiers requise. L’Allemagne, pourtant habituée à siéger au Conseil de sécurité, n’a obtenu que 104 voix.
Le Conseil de sécurité de l’ONU est composé de 15 membres, dont cinq permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) et dix membres élus pour des mandats de deux ans renouvelés par moitié chaque année.
Une “défaite amère” pour Berlin
Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a qualifié le résultat de « véritable déception » et de « défaite amère » devant la presse, selon les déclarations rapportées par Le Figaro.
L’Allemagne, qui avait déjà siégé à six reprises au Conseil de sécurité et n’avait jusqu’ici jamais échoué à y entrer, voit donc sa candidature rejetée pour la première fois.
Le gouvernement allemand reconnaît une campagne diplomatique moins efficace que celle de ses concurrents, notamment celle de l’Autriche, engagée depuis plusieurs années. Certains analystes estiment également que la proximité des positions allemandes avec celles d’autres candidats européens aurait pu jouer en défaveur de Berlin.
Des équilibres diplomatiques révélateurs
Au-delà du cas allemand, ce scrutin illustre les dynamiques de représentation au sein des Nations unies. Le Zimbabwe a été élu avec 182 voix pour un siège africain, tout comme Trinité-et-Tobago avec 181 voix pour la région Amérique latine et Caraïbes. Le Kirghizstan a finalement obtenu le siège asiatique après un quatrième tour de vote.
Ces résultats traduisent la diversité des équilibres régionaux au sein de l’ONU, où la diplomatie de campagne et les alliances internationales jouent un rôle déterminant dans l’obtention des sièges non permanents.
Pour Berlin, ce revers ne remet pas en cause son influence globale, mais marque un signal politique fort dans un contexte international marqué par des tensions sur les dossiers ukrainien et moyen-oriental.
Sources :
Franceinfo
Le Figaro
