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Logo de Meta. Photo : Flickr - @Alpha Photo.

Australie : Meta dénonce une loi « grossièrement injuste » sur la rémunération des médias par les géants de la tech

En Australie, un projet de loi visant à obliger les plateformes numériques à rémunérer les médias d’information locaux suscite une vive réaction de Meta. Le groupe américain, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, dénonce une mesure « mal conçue » et « discriminatoire », dans un contexte de tensions croissantes entre Big Tech et presse traditionnelle sur le partage des revenus publicitaires.

Présenté fin avril par le gouvernement australien, le projet de loi prévoit d’inciter des entreprises comme Meta, Google ou TikTok à conclure des accords financiers avec les médias locaux. Selon les informations rapportées par BFMTV, l’objectif est de compenser le fait que les plateformes captent une part importante des revenus publicitaires liés à l’information en ligne.

En cas d’échec des négociations commerciales, les géants du numérique pourraient être contraints de verser une compensation équivalente à 2,25 % de leur chiffre d’affaires réalisé en Australie. Les fonds seraient ensuite redistribués au secteur des médias d’information, fragilisé par la transition numérique.

Meta dénonce une mesure « injuste et incohérente »

Dans un communiqué, Meta a vivement critiqué le projet de loi, le qualifiant de « grossièrement injuste » et de « mal conçu ». Le groupe estime que cette législation « ne permettra pas de garantir un secteur de l’information diversifié et durable ».

La société mère de Facebook et Instagram affirme également que la mesure serait « discriminatoire » et « économiquement incohérente », dans la mesure où elle ciblerait certaines grandes plateformes étrangères sans imposer les mêmes obligations à d’autres acteurs du numérique.

Meta rappelle par ailleurs son opposition ferme à cette réforme, qu’elle considère comme une forme d’« impôt » ciblant les grandes entreprises technologiques.

Un conflit récurrent entre plateformes et médias traditionnels

Ce nouveau bras de fer s’inscrit dans une longue série de tensions entre les géants de la tech et les éditeurs de presse. Dans de nombreux pays, les médias traditionnels peinent à maintenir leur modèle économique face à la domination des réseaux sociaux et des plateformes numériques dans la distribution de l’information et la captation de la publicité en ligne.

Selon une étude de l’Université de Canberra citée dans les éléments du projet, plus de la moitié des Australiens utilisent désormais les réseaux sociaux pour s’informer, un basculement majeur qui accentue la pression sur les médias historiques.

Une stratégie australienne déjà testée par le passé

L’Australie avait déjà tenté en 2024 d’imposer un cadre similaire. À l’époque, Meta avait réagi en supprimant l’onglet « actualités » pour les utilisateurs australiens. Le groupe a également mis fin à plusieurs accords de rémunération des contenus avec des éditeurs aux États-Unis, en Europe et ailleurs.

Parallèlement, le gouvernement australien continue de durcir sa politique de régulation du numérique, ayant notamment interdit l’accès de certains réseaux sociaux aux moins de 16 ans afin de mieux protéger les mineurs en ligne.

Sources :
BFMTV
Le Figaro
Radio-Canada

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