Au Népal, un marathon hors normes s’est tenu sur les pentes de l’Everest, à plus de 5 000 mètres d’altitude, réunissant des centaines de coureurs dans un environnement extrême. Cette course spectaculaire intervient dans un contexte de fréquentation record du plus haut sommet du monde, où les enjeux sportifs, touristiques et sécuritaires se multiplient. Entre performance humaine et saturation de la montagne, le “toit du monde” n’a jamais été aussi convoité.
Sur les hauteurs glacées de l’Himalaya, l’Everest continue d’attirer toujours plus d’adeptes d’exploits extrêmes. Selon des données rapportées par Franceinfo, un marathon unique s’est déroulé sur les pentes du massif népalais le 29 mai, à plus de 5 000 mètres d’altitude, avec un départ au camp de base situé à 5 364 mètres. L’épreuve réunit environ 250 participants dans des conditions extrêmes, où l’oxygène se raréfie et où les températures peuvent descendre jusqu’à -10°C.
Ce marathon de l’Everest impose également une préparation particulière, puisque les coureurs doivent effectuer jusqu’à dix jours d’ascension à pied pour atteindre la ligne de départ. Le Français Gontran Isnard s’est notamment illustré lors de cette édition, après plusieurs mois d’entraînement. Il décrit une expérience autant physique que mentale : « Je crois que je voulais me prouver que je suis capable de réaliser un tel défi », confie-t-il, avant de terminer la course en 6h27, à la 12e place du classement international.
Créée il y a plus de vingt ans, cette course se déroule chaque année à la même date, le 29 mai, en hommage à la première ascension de l’Everest par Edmund Hillary et Tenzing Norgay en 1953. Elle s’inscrit désormais dans une dynamique plus large de multiplication des événements sportifs en haute altitude, transformant progressivement le massif en terrain de performance extrême.
Une montagne sous pression record sur la période de mai à juin
Au-delà de ce marathon, la saison de l’Everest connaît une fréquentation sans précédent sur la période de mai à début juin, considérée comme la principale fenêtre d’ascension. Selon France 24, plus de 1 000 alpinistes ont atteint le sommet durant cette saison de printemps 2026, un niveau jamais enregistré auparavant.
Les autorités népalaises confirment que ce pic d’affluence s’est notamment concentré autour du 20 mai et du 25 au 30 mai, avec plusieurs records battus, dont celui du nombre d’ascensions en une seule journée, estimé à 275 le 21 mai. Cette période correspond traditionnellement aux meilleures conditions météorologiques pour tenter l’ascension, avant la mousson, ce qui entraîne une concentration massive d’alpinistes sur les mêmes itinéraires.
Himal Gautam, responsable du département népalais du tourisme, précise ainsi que « plus d’un millier de grimpeurs ont atteint le sommet cette saison », un chiffre encore susceptible d’être réévalué. Cette saturation progressive de la montagne alimente les inquiétudes liées à la sécurité, notamment dans la “zone de la mort” au-dessus de 8 000 mètres, où les files d’attente sont désormais fréquentes.
Dans ce contexte, les événements sportifs comme le marathon du 29 mai s’ajoutent à une pression déjà forte exercée sur le massif, qui devient à la fois un lieu d’exploit individuel et un espace de fréquentation de masse.
Des événements sportifs et touristiques en pleine expansion
Au-delà du marathon népalais, l’Everest devient progressivement un espace d’événements sportifs et technologiques toujours plus diversifiés. Courses de trail, expéditions rapides et défis d’ascension accélérée se multiplient, encouragés par l’amélioration des équipements et des logistiques d’accompagnement.
Certains alpinistes établissent désormais des records de vitesse ou de répétition d’ascensions, comme le Népalais Kami Rita Sherpa, qui détient le record de 32 ascensions du sommet. Ces performances illustrent une nouvelle ère où l’Everest n’est plus seulement un objectif d’alpinisme traditionnel, mais aussi un terrain d’expérimentation sportive et médiatique.
Les dégâts du tourisme sur l’Everest
Cette fréquentation record s’accompagne toutefois de conséquences environnementales de plus en plus visibles. L’accumulation de déchets laissés par les expéditions, notamment les bouteilles d’oxygène, les tentes abandonnées et les équipements usagés, est devenue un problème récurrent sur les itinéraires d’ascension. Malgré les opérations de nettoyage organisées par les autorités népalaises, une partie des déchets reste piégée dans les zones d’altitude, où les conditions extrêmes compliquent leur récupération.
À cela s’ajoute une pression écologique sur les camps de base, où la concentration de plusieurs centaines de personnes en période de haute saison entraîne une forte consommation de ressources et une gestion complexe des déchets humains et matériels. La surfréquentation de la période mai-juin accentue ces tensions, transformant certaines zones en espaces saturés.
Enfin, les spécialistes de l’alpinisme alertent également sur les risques liés à la “normalisation” de l’Everest, où l’augmentation du nombre de permis délivrés et la multiplication des expéditions commerciales contribuent à une transformation progressive du site en destination de tourisme de masse, au détriment de son équilibre naturel et de la sécurité des alpinistes.
Sources :
Franceinfo
France 24
