TF1 accélère sa transformation numérique. Le groupe audiovisuel français entend désormais séduire les petites et moyennes entreprises en leur ouvrant l’accès à la publicité vidéo sur sa plateforme de streaming TF1+. Pour y parvenir, TF1 Pub a noué un partenariat stratégique avec Cityz Media afin de conquérir un marché aujourd’hui largement dominé par YouTube et Facebook.
Le groupe TF1 poursuit sa transformation numérique et affiche désormais une ambition claire : conquérir une part du marché de la publicité digitale locale, aujourd’hui largement contrôlé par les plateformes américaines. À travers sa régie TF1 Pub, le groupe souhaite attirer les petites et moyennes entreprises vers TF1+, sa plateforme gratuite de streaming vidéo, afin de diversifier ses revenus et renforcer sa présence dans l’univers publicitaire numérique.
Cette offensive intervient alors que les habitudes de consommation des médias évoluent rapidement. Les annonceurs locaux privilégient de plus en plus les campagnes ciblées sur internet, un secteur où des acteurs comme Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, ou YouTube, filiale de Google, captent une part considérable des investissements publicitaires.
Une alliance stratégique avec Cityz Media
Pour accélérer son développement, TF1 Pub a annoncé le 2 juin 2026 un partenariat avec Cityz Media, anciennement Clear Channel France, deuxième acteur français de la communication extérieure. Cette entreprise dispose d’un important réseau commercial implanté sur l’ensemble du territoire et accompagne déjà de nombreuses entreprises locales dans leurs campagnes d’affichage.
L’objectif est simple : permettre aux équipes commerciales de Cityz Media de proposer, en complément des panneaux publicitaires traditionnels, des campagnes vidéo diffusées sur TF1+. Les PME, commerçants, artisans, collectivités territoriales ou encore entreprises régionales pourront ainsi accéder à un environnement jusqu’ici réservé aux grandes marques nationales.
Dans les colonnes du Figaro, François Pellissier, directeur général adjoint du groupe TF1 en charge du business et du sport, résume cette ambition : « Notre but est d’aller prendre des parts à YouTube et à Meta. »
Selon lui, de nombreux acteurs économiques locaux n’imaginaient pas pouvoir diffuser leurs messages publicitaires dans des environnements aussi prestigieux que le Journal de 13 heures, Koh-Lanta ou encore les rencontres de l’équipe de France de football.
TF1 veut démocratiser la publicité vidéo premium
Cette stratégie s’inscrit dans un mouvement amorcé quelques semaines plus tôt. En avril 2026, TF1 Pub avait déjà lancé une solution simplifiée baptisée TF1 AdManager, destinée à rendre l’achat d’espaces publicitaires accessible aux petites structures.
Traditionnellement, la publicité télévisée nécessitait des budgets importants et une forte expertise technique. Avec cette nouvelle plateforme, une entreprise peut désormais créer, piloter et diffuser ses campagnes vidéo de manière beaucoup plus autonome.
Le groupe espère ainsi séduire un marché considérable. En France, les PME représentent plus de 99 % des entreprises et constituent un vivier de plusieurs millions d’annonceurs potentiels. Une partie importante de leurs investissements publicitaires est aujourd’hui dirigée vers Facebook, Instagram, Google ou YouTube en raison de leur simplicité d’utilisation et de leurs capacités de ciblage.
TF1 cherche donc à offrir une alternative française, en mettant en avant la qualité de ses contenus, la sécurité de son environnement publicitaire et la puissance de sa plateforme vidéo.
Un marché dominé par les géants américains
L’enjeu économique est majeur. Depuis plusieurs années, les plateformes numériques américaines captent l’essentiel de la croissance publicitaire mondiale. Meta et Google concentrent à eux seuls une part considérable des revenus du secteur grâce à leurs milliards d’utilisateurs et à leurs outils de ciblage extrêmement performants.
Face à cette domination, les groupes audiovisuels traditionnels tentent de réinventer leur modèle économique. TF1 mise notamment sur TF1+, lancée en janvier 2024, pour renforcer sa présence dans le streaming gratuit financé par la publicité.
La plateforme revendique aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers d’heures de programmes, incluant des émissions de divertissement, des séries, des films, des documentaires et des retransmissions sportives. Elle constitue l’un des piliers de la stratégie numérique du groupe face à la concurrence des plateformes internationales.
Cette évolution s’inscrit également dans un contexte où les revenus issus de la télévision linéaire traditionnelle progressent moins rapidement que ceux du numérique. Les chaînes cherchent donc à monétiser davantage leurs audiences en ligne et à attirer de nouveaux profils d’annonceurs.
En s’appuyant sur le maillage territorial de Cityz Media et sur la notoriété de ses programmes, TF1 espère désormais convaincre les entreprises locales qu’elles peuvent elles aussi accéder à une publicité vidéo de grande qualité, tout en rivalisant avec les solutions proposées par les géants du numérique.
Sources :
Le Figaro
Stratégies
E-marketing.fr
