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Le site de STMicroelectronics de Crolles, près de Grenoble. Photo : @Patafisik

Microélectronique : une randonnée militante dénonce l’accaparement de l’eau par l’industrie des puces en Isère

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Alors que les épisodes de chaleur et les tensions sur la ressource en eau se multiplient, le collectif STopMicro organise du 4 au 7 juin 2026 une marche entre Varces et Crolles. L’objectif : dénoncer la consommation d’eau de l’industrie microélectronique, les aides publiques accordées aux fabricants de semi-conducteurs et les conséquences environnementales de l’expansion du secteur dans la région grenobloise.

L’industrie des semi-conducteurs se retrouve une nouvelle fois au cœur du débat environnemental en Isère. Du 4 au 7 juin 2026, le collectif STopMicro organise une randonnée militante reliant Varces à Crolles afin d’alerter sur les impacts écologiques de la microélectronique et sur l’utilisation massive de ressources hydriques par les industriels du secteur.

Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par des épisodes de sécheresse récurrents et une hausse des températures observée à l’échelle mondiale. Selon les militants, la question de l’eau devient désormais centrale dans les choix d’aménagement et de développement industriel.

Une contestation relancée par les nouvelles aides publiques

Le mouvement intervient quelques jours après l’annonce par le contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron faite le 22 mai dernier, d’un plan de financement de 1,55 milliard d’euros destiné à soutenir la filière française des technologies quantiques et des semi-conducteurs lors du sommet Choose France. Parmi les bénéficiaires potentiels figurent notamment deux acteurs majeurs implantés dans la vallée du Grésivaudan : STMicroelectronics et Soitec qui compte parmi ses principaux actionnaires Bpifrance, Goldman Sachs et GIC.

Cette annonce survient alors que plusieurs débats entourent déjà les soutiens publics accordés au secteur. Ces derniers mois, différents rapports institutionnels ont mis en lumière les mécanismes de financement des grands projets industriels et interrogé les modalités d’encadrement des aides versées à certaines entreprises stratégiques.

Pour les opposants aux projets d’extension des sites industriels de Crolles et Bernin, ces investissements publics interviennent alors même que les enjeux environnementaux et hydriques prennent une ampleur croissante. Ils rappellent qu’en 2022, lors d’une précédente visite présidentielle à Crolles, un soutien financier de plusieurs milliards d’euros avait déjà été annoncé dans le cadre du développement des capacités de production de STMicroelectronics.

L’eau, ressource au cœur du conflit

Le principal point de friction demeure la consommation d’eau nécessaire à la fabrication des composants électroniques. La production de semi-conducteurs requiert en effet d’importants volumes d’eau ultra-pure pour le nettoyage des wafers et les différentes étapes de fabrication.

Selon le collectif STopMicro, les sites industriels de la région grenobloise mobilisent quotidiennement une quantité importante d’eau potable issue du réseau local. Les militants dénoncent également le rejet d’effluents industriels contenant diverses substances chimiques utilisées dans les procédés de fabrication.

Dans un territoire régulièrement confronté aux restrictions d’usage de l’eau lors des périodes estivales, cette situation alimente les inquiétudes d’une partie de la population et des associations environnementales. La question de la priorité accordée aux usages industriels face aux besoins domestiques et agricoles constitue désormais l’un des principaux axes de contestation.

Un débat plus large sur le numérique

Au-delà de la seule consommation d’eau, les organisateurs souhaitent également ouvrir un débat sur la place du numérique dans les politiques de transition écologique. Ils remettent en cause l’idée selon laquelle la multiplication des équipements connectés, le développement de l’intelligence artificielle ou encore les nouvelles technologies de calcul constitueraient des réponses suffisantes aux défis climatiques.

Pour le collectif, l’augmentation continue de la production électronique s’inscrit dans une logique de croissance technologique qui contribue elle-même à la pression exercée sur les ressources naturelles. Une critique qui s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question de l’empreinte environnementale du numérique, de l’extraction des matières premières jusqu’à la fabrication des équipements.

Quatre jours de marche entre captages d’eau et zones industrielles

La randonnée organisée du 4 au 7 juin suivra symboliquement le parcours de l’eau utilisée par l’industrie microélectronique. Le départ est prévu le 4 juin à Varces, à proximité des champs captants alimentant une partie de l’agglomération grenobloise. Une conférence de presse doit marquer le lancement de la mobilisation.

Le lendemain, les participants feront étape sur la Presqu’île scientifique de Grenoble, où sont concentrés plusieurs centres de recherche et d’innovation liés aux technologies numériques. Des animations et un pique-nique militant y sont annoncés.

La marche s’achèvera le 7 juin devant les sites industriels de Bernin et de Crolles, épicentre de la filière française des semi-conducteurs. Les organisateurs entendent ainsi mettre en lumière ce qu’ils considèrent comme un enjeu majeur des années à venir : le partage de l’eau dans un contexte de réchauffement climatique et de développement industriel intensif.

Sources :

Collectif STopMicro – Communiqué de presse du 3 juin 2026 – Site officiel du collectif STopMicro

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