Le mémorial pérenne du génocide des Tutsi a été inauguré à Paris ce mardi 2 juin, sur les bords de Seine, par le président Emmanuel Macron en présence de son homologue rwandais Paul Kagame. Conçue par l’artiste Grada Kilomba, l’œuvre rend hommage aux centaines de milliers de victimes massacrées au Rwanda entre avril et juillet 1994.
Le monument, intitulé « L’Archive », a été installé à l’initiative de l’État et de la Ville de Paris. Selon Le Monde, il se compose de deux blocs de laiton noir portant une inscription dédiée à la mémoire des hommes, des femmes et des enfants tués durant le génocide perpétré contre les Tutsi. L’inscription présente le lieu comme une archive où reposent les voix, les souvenirs et les espoirs des victimes comme des survivants.
L’emplacement choisi n’est pas neutre. Le mémorial se dresse à proximité immédiate des lieux de pouvoir, non loin du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ce qui confère à l’ouvrage une portée à la fois civique et diplomatique.
Une cérémonie franco-rwandaise
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence des présidents français et rwandais. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a pris la parole, de même qu’une survivante du génocide, Jeanne Uwimbabazi, venue livrer son témoignage. Le musicien et écrivain franco-rwandais Gaël Faye a lu un poème de l’autrice Beata Umubyeyi Mairesse, elle-même rescapée.
Cet hommage s’inscrit dans une séquence de gestes mémoriels engagés ces dernières années entre Paris et Kigali, après des décennies de relations heurtées autour du rôle de la France pendant le génocide.
Un geste mémoriel et diplomatique
Le génocide des Tutsi, déclenché en avril 1994, a fait selon les estimations des Nations unies autour de huit cent mille morts en une centaine de jours. La reconnaissance progressive des responsabilités françaises a marqué une inflexion dans la relation bilatérale.
Emmanuel Macron, qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial (promotion 2016), a fait de la mémoire du génocide l’un des marqueurs de sa diplomatie africaine. L’inauguration d’un mémorial pérenne dans l’espace public parisien prolonge cette orientation.
Dommage que personne ne s’interroge sur le rôle joué par Kagamé, lors de ce génocide alors qu’il était partie s’entrainer peut de temps avant dans les camps de la CIA. En 2006, après plusieurs années d’enquête sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, le juge Bruguière a conclu qu’il existait des éléments laissant penser que des cadres du Front patriotique rwandais avaient participé à la préparation de l’attentat. Il a émis plusieurs mandats d’arrêt visant des proches de Paul Kagame. Comme Kagame était alors chef d’État, il ne pouvait pas être poursuivi directement par la justice française, mais le rapport Bruguière suggérait clairement qu’il aurait pu être impliqué dans la chaîne de décision.
Les juges français Marc Trévidic et Nathalie Poux ont ensuite repris le dossier et mené de nouvelles investigations. Leurs conclusions ont affaibli plusieurs éléments centraux de l’hypothèse Bruguière, notamment concernant l’origine des missiles. Après de nombreuses années de procédure, la justice française a finalement prononcé un non-lieu en 2018, confirmé en appel puis par la Cour de cassation, faute de preuves suffisantes pour renvoyer les suspects devant une cour d’assises.
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